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De l'encre à l'écran, ou un certain autre avenir du papier

La question de la disparition, c'est bon pour le Figaro Madame...

Par Damien Paccellieri,Le mercredi 01 juin 2011 à 10:01:35 - 1 commentaire

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Le livre numérique et les tablettes (Ipad et autres liseuses) ont projeté le livre dans le web 2.0 et bien plus encore. Ces nouvelles opportunités capables de renverser le marché empirique du livre papier mettent au défi les éditeurs, ceux-là nécessitant de redéfinir les contours de leur métier.

 

 


Question originelle : Le livre papier a-t-il encore l’avenir devant soi ? Réponse : L’avènement du numérique est l’occasion rêvée pour le prouver.

Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort


En effet, le livre papier a tout à gagner s’il se différencie de son petit frère numérique. Il lui faut pour cela développer encore davantage sa matérialité, sa préciosité, l’une des forces actuelles des ouvrages illustrés ou des beaux-livres comparés aux romans et essais qui, aux vues de leur qualité de fabrication, de leur mise en page standard, ne légitiment plus assez la nécessité du support papier.

Ce soin apporté au design, à la mise en page, à la qualité du papier et à la finition, seront des éléments prédominants pour les éditeurs de demain dont aujourd’hui certains cherchent trop à produire du standard afin de maximiser leur rentabilité.

Dans une des conférences TED, un designer expliqua que les journaux dont il avait refait la maquette et le design avaient gagné en moyenne entre 20 et 30 % de lecteurs ou abonnements supplémentaires. Le jeu en vaut donc la chandelle.

Multi-cartes

Avec la probable abondance d’ouvrages auto-publiés grâce au numérique, l’éditeur va perdre incontestablement de sa superbe. Certains même s’en passeront vouant le métier à muer encore davantage. Cette mutation, au-delà du changement dans les rapports entre les auteurs et les éditeurs, est d’abord une remise en question et une remise à plat du système.
 


L’éditeur doit désormais jouer sur plusieurs tableaux : le livre papier, le contenu numérique, voire d’autres, satellisant de nouvelles activités (en vendant par exemples des biens ou services en rapport avec les sujets des livres édités).
 

L’emploi dans le secteur des petites et moyennes maisons d’éditions sera également perturbé par la nécessité d’avoir des salariés aux multiples compétences (PAO + graphiste + création de site + gestion des forums ou réseaux sociaux… le tout dans un seul poste !) tant que le marché du numérique ne sera pas suffisamment stable pour assurer la pérennité économique des différents acteurs du métier du livre (c’est les effets pervers de que l’on pourrait appeler “la conscience de la gratuité”, une pensée devenant progressivement unique sur l’Internet… à part si vous aimez la publicité, ce qui n’a jamais été encore le cas des éditeurs).

 

Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées

Et sur ce terrain glissant, les petits éditeurs ont de belles cartes à jouer. Par faute d’économies, ils brillent de leur ingéniosité et savent s’adapter. Michel Onfray a raison de mettre en avant “le principe de Gulliver”, car face aux mastodontes les éditeurs les plus modestes peuvent s’associer dans leurs actions, en créant des évènements mutuels ou des coopératives pour leur communication, diffusion, distribution, comme c’est le cas par exemple avec la librairie éphémère chez l’éditeur l’Oeil d’Or.

A l’inverse, chez certains, le pétrole continue de flamber.
Un exemple tout frais en tête : nous avons vu de nombreuses institutions publiques facturés en milliers d’euros par des entreprises proposant des services de publication en ligne (permet de publier des magazines PDF avec une belle interface dynamique pour tourner les pages etc.)

Pourtant des solutions gratuites ou à faible coût existent, tels ISSUU ou CALAMEO, offrant exactement les mêmes services (liens de navigation dans le magazine, insertions audio, vidéo) et qui plus est avec tout un travail pré-mâché pour les réseaux sociaux.

Ou comment jeter l’argent par les fenêtres….

Peut être est-ce le manque d’observation ? C’est vrai, ces entreprises préfèrent se lancer dans des appels d’offres au lieu de prendre une heure de temps et de s’intéresser aux différents acteurs web du marché. Ou parce que leurs finances ronronnent ? De ce côté là, les petites maisons d’éditions, presse ou livre, sont à l’abris de faire de si mauvaises décisions !

Et maintenant tout le monde se lance dans le magazine pour tablette (iPad), aïe, aïe, aïe… Wired a dépensé des millions via Adobe ; pourtant la vente de ces magazines semblent déjà chuter, et d’ici quelques mois des acteurs open source feront leur entrée sur ce marché.
 

Perte de repères

Le meilleur pour la fin : que sera donc le livre de demain ?
Vu que les magazines pour tablettes ressemblent de plus en plus à des sites internet encapsulés, qu’est ce qui différenciera les éditeur du flux d’informations disponibles et excellemment présenté sur la toile ? Cela laisse à penser que l’éditeur ne le sera plus au sens où on l’entend aujourd’hui….

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
ecran - editeurs - encre - papier



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