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Des acteurs du livre pour le développement durable

Protéger la planète oui, mais pas n'importe comment

Le mardi 26 mars 2013 à 12:15:26 - 0 commentaire

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Un tel débat exige d'éclaircir le sens de mots. C'est essentiellement ce qu'ont fait les intervenants lors de cette table ronde animée par Eduardo Castillo. L'idée était de voir comment on pouvait penser autrement le développement durable, ou en tout cas le penser de manière plus précise, sans tomber dans les préjugés et les malentendus. 

 

 

Aussi, Frank Burbage (des PUF) est revenu en détail sur les problèmes que pose l'utilisation irréfléchie de ce concept. Il hésite même à l'utiliser, dans la mesure où il est ambivalent et équivoque. Pour autant, il ne pense pas qu'il faille se débarrasser du terme. « Il n'y a pas de bonne manière de nommer les choses », il faut donc faire avec. 

 

À condition bien sûr de réfléchir et de ne pas tout prendre pour argent comptant. En commençant par le terme même de développement, sur lequel, selon M. Burbage, il faut se pencher pour ne pas faire fausse route. Il rappelle à cet égard que le développement n'est pas nécessairement positif, il peut en effet être destructeur, comme le disait Aimé Césaire. 

 

Ensuite, c'est Sabine Rabourdin, ingénieure et climatologue, qui a pris la parole, pour rappeler qu'il est possible de penser la nature et le développement durable sous l'angle de la spiritualité. Selon elle, il y a un véritable «  tabou » autour de cette approche. En guise d'illustration, elle a tenu à mettre en avant les peuples indigènes qui pensent la nature en fonction de la spiritualité. Autrement dit, ces peuples ont un rapport plus proche avec la nature, puisqu'ils ne séparent pas le monde de la pensée de celui de la nature. 

 

De ce constat, elle déduit qu'il faut faire l'effort de considérer la nature comme faisant partie de nous-mêmes. Ce qui devrait permettre une pensée plus adéquate du développement durable. 

 

Pour Alain Hubert, qui a participé à la construction d'une station scientifique autonome en Antarctique, c'est sous l'angle de l'énergie que la question doit être posée. Il a pris sa base scientifique en exemple, une base qui gère l'énergie de façon intelligente. Ce fonctionnement apparaît comme une sorte de métaphore de ce que l'on pourrait mettre en place à l'avenir. 

 

Car cette base fonctionne de manière tout à fait particulière. C'est un ordinateur qui gère la consommation d'énergie, et du coup, les scientifiques sur place doivent adapter leurs activités à l'énergie disponible. On ne peut donc pas faire ce que l'on veut quand on veut. Il faut changer ses habitudes. Cela tombe bien : « notre espèce est la seule qui est capable de changer son comportement » rappelle Alain Hubert. 

 

Par l'intermédiaire de Jean-Luc Ferrante (des éditions la Plage) a été évoquée la commission environnement du SNE. Cette commission a lancé des suggestions à l'ensemble de la profession. Mais, comme chacun sait, des suggestions ne sont que des suggestions. Les résultats ne suivent pas forcément. Or, s'il y a bien une chose que l'on pouvait retenir de cette conférence, c'est que, sans contrainte, les gens ont du mal à traduire leurs bonnes intentions en acte. 

 

Certains éditeurs ont certes signé une charte pour s'engager à utiliser du papier recyclé à hauteur de 80 %, mais beaucoup reste encore à faire. Le numérique pourrait-il offrir une solution bienvenue, même si la question n'était pas à l'ordre du jour. 

 

 

Pour approfondir

photo Thomann Xavier S.

   

Journaliste ActuaLitté. Littéraire et observateur (de la Porte Brancion). Cinéphile averti. Sans frais. A retrouver sur http://tribunelitteraire.wordpress.com

 

Mots clés :
Développement durable - Ecologie - SNE - PUF



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