Le monde de l'édition > Société > Actualité

Exception culturelle : le PDG de France Télévisions entré en résistance

Le plus dur, c'est de ne pas céder...

Le jeudi 13 juin 2013 à 09:36:44 - 0 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

En mai 2009, Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, publiait son autobiographie aux éditions Gallimard, Alias Caracalla. Deux ans plus tard, en mars 2011, sortait l'édition Folio, toujours aux éditions Gallimard. Et voilà que deux années passèrent encore, et que sur France 3, l'adaptation audiovisuelle du livre était diffusée. Un film en deux épisodes, qu'il fallait découvrir durant le dernier week-end de mai. Belle histoire...

 

 

 

 

Si la version grand format avait réalisé plus de 50.000 ventes, selon Edistat, le poche, pour sa part, en cumulait près de 26.000. Notons d'ailleurs que l'effet diffusion sur France 3 n'aura pas eu d'effet spécifique. D'abord, le grand format est indisponible, et le poche, au cours des deux dernières passées, ne s'est écoulé qu'à 2755 exemplaires, contre 3564 au cours des quatre dernières semaines. Difficile d'y lire un succès de la télévision sur les ventes de livres. 

 

France Télévisions fait de la résistance

 

Prix Renaudot 2009 de l'essai, ce titre a pourtant servi, en partie, de socle culturel dans la politique menée par un certain Rémy Pflimlin, qui la semaine passée, publiait une tribune dans Libération, France Télévisions : l'indépendance à un prix. Extrait :  

Dirigeants et collaborateurs de l'audiovisuel public attendent donc beaucoup de la dynamique engagée ce jour, dans l'intérêt de nos concitoyens, de notre création et de son économie, et de notre démocratie. Car il est patent que l'audiovisuel public joue un rôle de colonne vertébrale de l'exception culturelle.

France Télévisions verse près de 750 millions d'euros par an au profit de la création et des créateurs, directement ou par ses contributions aux sociétés de gestion collective des artistes et au CNC. Loin devant Canal +, dont le rôle dans le cinéma est pourtant éminent, et tous les autres diffuseurs réunis.

 

Mais voilà : il est toujours un Volatile pas loin pour vous empêcher de quémander en rond, des redevances plus importantes. Plus d'argent, un refrain que le PDG de FT avait d'ailleurs chanté de nouveau, mais plus explicitement, sur France Info. En prêchant pour une redevance modernisée, le patron souhaite tout simplement que l'on augmente ladite redevance, pour donner un souffle nouveau à ses chaînes. Et puis que l'on puisse de nouveau faire rentrer dans les caisses l'argent de la publicité, entre 20h et 21h. 

 

 


Pflimlin plaide pour une redevance "modernisée" par FranceInfo

 

 

Maintenir la culture, le service et son public

 

Pourtant, le Canard enchaîné croit savoir, ou du moins fait savoir, que les équipes de M. Pflimlin commenceraient à s'agacer de la manière dont les deniers rares sont actuellement dépensés. Sachant que l'on demande une économie de 150 millions € aux chaînes, que cela a coûté l'émission Des mots de minuit et Taratata - bien que seuls les hypocrites soient disposés à s'en plaindre réellement - l'idée d'économiser sur les productions que finance FT ferait sens. 

 

Le Canard évoque ainsi, ô quel hasard, la réalisation des deux films tirés de l'autobiographie de Daniel Cordier. Au sein de la chaîne France 3, la direction avait originellement plaidé pour un seul film, de 90 minutes, qui aurait alors coûté 2,5 millions - contre le double, évidemment, pour les deux films. Surtout que les deux films, selon nos confrères, n'auraient connu qu'une audience assez réduite. 

 

Selon nos confrères, c'est du côté de Siècle Procuctions qu'il faudrait aller chercher la raison de ces dépenses qui auraient été faites contre l'avis de la direction. En effet, Georges-Marc Benamou, patron de ladite société de production, fut, par le passé, conseiller audiovisuel de Nicolas Sarkozy. Et il se serait trouvé encore dans les couloirs de l'Élysée, au moment où le projet avait été lancé. 

 

Dans un entretien, la ministre de la Culture avait tenté ralentir la vague. Expliquant que pour ce qui était de l'arrêt des émissions, elle n'avait pas à intervenir dans la programmation, elle demandait instamment « de maintenir la place de la culture sur le service public ». 

 

Et d'ajouter : « Et puis il faut arrêter de tout mettre sur le dos de l'effort demandé par le gouvernement. La diminution des ressources publicitaires, de l'ordre de 85 millions par rapport à ce qui était prévu, c'est elle qui crée les difficultés financières de France Télévisions. » 

 

CQFD ? Peut-être pas. En revanche, pas demain que l'on célébrera l'Independance Day... 

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
France Télévisions - Rémy Pflimlin - Jean Moulin - Daniel Cordier



Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Facebook, une vraie fausse bonne idée pour les auteurs indépendants

Les auteurs — et en particulier les auteurs indépendants — ont du pain sur la planche. S'ils souhaitent être lus, ils...

Nous étions une histoire, Olivia Elkaim

J'ai dit sur My Boox tout le bien que j'ai pensé du roman d'Olivia Elkaim (Stock, février 2014, 256 pages,...

Ma Biblioboite

Une Bibliobox ? Kezaco ? La genèse de la bibliobox (LibraryBox) commence avec celle de la PirateBox. Une PirateBox, c'est...

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com