Le monde de l'édition > Société > Actualité

Harry Potter : les ebooks sans DRM - et sans éditeur ?

Chez Gallimard, on n'apprécie pas tellement l'idée d'une vente exclusive des livres numériques

Par Nicolas Gary,Le jeudi 23 juin 2011 à 17:49:03 - 9 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Effectivement, depuis plus d'un an que tout le monde attendait cela, l'annonce d'une commercialisation prochaine des livres Harry Potter en version numérique, c'est une sorte de souffle de bonheur pour les amateurs...

Plus besoin de traquer la version pirate, plus besoin de chercher les fichiers Kindle ou EPUB trafiqués : Harry Potter sera commercialisé en version numérique, dans des conditions qui font osciller entre ire et joie.

Y'a d'la joie...

Le bonheur, c'est de découvrir que les ouvrages seront commercialisés sans verrous numériques. Alors que Rowling était encore opposée à ce que l'on envisage de vendre ses livres autrement qu'en papier, c'est une bascule complète - et louable. (notre actualitté)


La présence de DRM aurait été prévisible, mais décider que finalement, les verrous sont bel et bien une restriction invasive et un obstacle à l'achat, c'est du pur bonheur. (voire Mike Cane, sur un joli coup d'oeil de sebbago, via Twitter)

Bon, il faut rappeler que les ebooks sur Kindle seront toujours limités au fait d'être lisibles uniquement dans l'environnement Kindle. Mais pour ce qui est des fichiers EPUB, l'absence de DRM démontre une volonté d'ouverture qui n'allait pas de soi. D'autant que, Rowling aurait tout à fait pu profiter de sa position de leader charismatique, autant que de best-selleuse pour imposer ce type de restriction.

En fait, un simple watermarking permettra de "lutter" contre le piratage. Au moment de l'achat, le nom et les informations sur le consommateur seront intégrés à l'ebook.

Y'a moins d'joie

C'est que, justement, l'ouverture par l'absence de DRM contraste tout de même très fort avec la décision de commercialiser les livres numériques en exclusivité sur le site Pottermore, tout du moins, ainsi que cela a été annoncé aujourd'hui. Le parallèle entre Radiohead et Rowling, que fait le magazine Wired, est particulièrement significatif. De même que les musiciens avaient décidé de quitter leur maison de disque, EMI, de même, Rowling conserve ses droits numériques, et fait le chemin toute seule.

Débarrassée de ses éditeurs anglais et américains, Bloomsbury et Scholastic, elle s'assure des revenus plus impressionnants encore, et tout comme Radiohead, qui avait alors vendu son album In Rainbows, la logique d'une vente exclusive sur un seul site permet de canaliser tout le trafic. Bien plus d'argent en perspective, pour une femme qui a priori n'en manquait déjà pas du tout.

Et finalement, non seulement Rowling éjecte ses éditeurs, mais elle passe également outre les habituels canaux de vente en ligne - et comment Amazon va-t-il accepter que l'on puisse acheter les livres numériques de la maman Potter, sans prendre sa commission ?

Tout cela sans même parler de l'ensemble des données personnelles dont le marketing puissant derrière elle va pouvoir bénéficier... On attend dans tous les cas le prix de vente des livres pour savoir à quelle sauce le consommateur pourrait être mangé.

Exclusivité ou exclusion ?

Contacté par ActuaLitté, les éditions Gallimard jeunesse restent également sceptique. « Avant 13 heures, nous ne savions absolument pas ce qui allait se passer », assure-t-on. Et concernant la commercialisation exclusive et pourtant, annoncée comme en partenariat avec les éditeurs historiques de Potter, le flou est complet.

« Nous ne savons absolument pas comment cela va se passer. Nous n'avons pas encore été contactés par l'agent de J.K. Rowling. Ce partenariat annoncé est complètement mystérieux, et nous ignorons ce qui va en advenir. Et évidemment, l'exclusivité nous pose problème. »

De multiples questions de droits vont se poser - est-ce que l'agent va racheter la traduction française, pour commercialiser le livre numérique traduit ? ou plus simplement, le refaire traduire ? tout cela va devoir se négocier en fonction des contrats qui ont été signés à l'époque.

Dans tous les cas, on apprécie manifestement assez peu cette idée de vente exclusive. D'abord parce que la réussite de Rowling est due au travail des éditeurs papier, cela tombe sous le sens, et qu'avec une telle décision, ces derniers ne profiteront en rien des nouvelles ventes. Ensuite, parce qu'à la tête de la maison, on trouve Antoine Gallimard, qui est également président du SNE, nous rappelle-t-on, et il va être assez compliqué pour lui de ne pas réagir à cette annonce.

Coup de feu

Ce qui est certain, c'est que l'annonce va faire trembler dans les chaumières. Rowling est une alien dans l'édition. Avec plus de 400 millions de livres papier vendus, des films dans tous les sens, des produits dérivés en figurine (même chez les Lego), ou encore en jeux vidéo, elle n'a rien de l'auteure standard.

Mais elle risque de donner une leçon aux maisons, notamment pour ce qui est des droits numériques, et des droits reversés à l'auteur sur les ventes.

En prenant seule les rênes de cette nouvelle aventure, Rowling frappe très, très fort. Et comme E=MC², le choc risque d'être d'autant plus violent...

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
ebook - potter - drm - exclusif



Réactions

Publié par damrod

 

si ca deplait a gallimard c que c bon pour les lecteurs !

"En fait, un simple watermarking permettra de "lutter" contre le piratage. Au moment de l'achat, le nom et les informations sur le consommateur seront intégrés à l'ebook."
enfin quelqu'un qui a compris le bon moyen de protection !!!
les drms ca genent l'acheteur qui en plus risque de plus pouvoir lire son livre si ds quelques années les drm changent et les liseuses avec :-(
par contre, livre numerique inrevendable !!
enfin actuellement c deja le cas, ce qui normalement devrait justifier le prix plus bas que le papier !

Écrit le 23/06/2011 à 20:31

Répondre | Alerter

Publié par Chris

 

Oui, le choix de Rowling pourrait permettre de redéfinir la relation auteur/éditeur dans ce nouveau marché. Les bases ne peuvent pas être les mêmes, puisqu'un auteur reconnu ou inconnu peut aujourd'hui publier sans éditeur via iTunes, Amazon et B

Écrit le 24/06/2011 à 09:51

Répondre | Alerter

Publié par Jean-Philippe

 

Je trouve cette annonce formidable de la part de JK Rowling. Elle ne doit rien aux maisons d'éditions qui l'ont toutes rejetée au départ. Ce n'est que lorsqu'elle a commencé à vendre que l'on s'est intéressé à elle. Elle s'est battue pour ça. Je suis donc d'accord avec Damrod !

Écrit le 25/06/2011 à 12:42

Répondre | Alerter

Publié par Jean-Philippe

 

... Et puis, comme pour Chris au-dessus, c'est gentil à vous de nous laisser promouvoir nos ebooks dans les commentaires :
http://www.revolutionpersonnelle.com/2011/04/como-el-viento/

Écrit le 25/06/2011 à 12:43

Répondre | Alerter

Publié par Ludovic

 

Je fais partie des 17 personnes qui n'ont pas lu Harry Potter mais dès que les versions numériques seront disponibles je comblerai cette lacune à ma culture littéraire. (Si les eBooks sont compatibles avec iPad).

Écrit le 27/06/2011 à 02:49

Répondre | Alerter

Publié par Ludovic

 

À Damrod : autant j'admire la maison Gallimard, autant je suis déconcerté par son aveuglement en ce qui concerne Internet (son site est pitoyable, rachitique, confus, difficile à parcourir) et le numérique.

Écrit le 27/06/2011 à 02:53

Répondre | Alerter

Publié par Annie Bacon

 

par contre, les deux éditeurs anglophones, soit Scholastics et Bloomsbury, auraient droit à une part des ventes, même si les droits numériques ne leur appartiennent pas.

Source: http://www.wired.co.uk/news/archive/2011-06/23/what-pottermore-means-forhttp://www.wired.co.uk/news/archive/2011-06/23/what-pottermore-means-for

Écrit le 27/06/2011 à 19:27

Répondre | Alerter

Publié par bruno

 

Vous écrivez "les ebooks sur Kindle seront toujours limités au fait d'être lisibles uniquement dans l'environnement Kindle"... mais rien n'empêche d'acheter la version EPUB et de la convertir au format MOBI avec calibre. Seul les DRM aurait empêché cette conversion !
C'est une excellente initiative et une petite bataille de gagnée sur les tenants des DRM... Bien que les passionés de Harry Potters qui ont déjà acheté les livres ne vont sans doute pas recheter la version numérique

Écrit le 29/06/2011 à 11:01

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

L'Académie Balzac et chapitre.com, Partenaires à la recherche de nouveaux auteurs

« L'édition oublie qu'elle doit tout aux auteurs et elle laisse les nouveaux partir chez Amazon Publishing. Il est...

Et maintenant, une page de publicité : « Spot », 35ème nouvelle du Projet Bradbury

La publicité fait, qu'on le veuille ou non (en général, c'est plutôt "ou non"), partie intégrante de...

Pourquoi écrivez-vous, Olivia Elkaim ?

  . Olivia Elkaim est l'auteur de trois romans : Les Graffitis de Chambord (Grasset, 2008), Les Oiseaux noirs de...

Livre numérique gratuit

pub

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com