Le monde de l'édition > Société > Actualité

Les grands classiques en miniature, une série photographique

La critique par l'image

Par Xavier Thomann,Le jeudi 29 novembre 2012 à 12:41:27 - 0 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Julia Callon est une artiste photographe qui propose une nouvelle façon de réfléchir aux classiques de la littérature anglo-saxonne du dix-neuvième siècle. Dans un premier temps, elle construit un diorama très élaboré d'une pièce représentée dans un roman, ensuite elle le prend en photo avant de lui faire subir quelques transformations, par exemple montrer la chambre miniature en feu. Explications.

 

 

Capture d'écran du site de Julia Callon

 

Un diorama est une sorte de crèche en plus sophistiquée. Il s'agit de reconstituer une scène en volume, que cela soit grandeur nature ou taille réduite. On trouve ce genre de montages dans les musées d'histoire naturelle notamment, où des animaux empaillés sont replacés dans leur environnement d'origine reconstitué artificiellement, avant de mettre le tout derrière une vitrine. On se sert aussi de ce procédé pour figurer les grandes batailles de l'histoire.

 

Personne à notre connaissance n'avait pensé à faire la même chose avec des scènes de roman. Mais Julia Callon ne se contente pas de représenter une pièce de Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë) version maison de poupées : elle procède ensuite à la destruction partielle de son travail pour communiquer les émotions des héroïnes des romans en question.

 

Comme elle l'explique sur son site, la représentation de la sphère privée est l'une des dimensions importantes de ces romans du dix-neuvième siècle. Ses photos ont pour but de « montrer le sens littéral et métaphorique de l'espace » tel qu'il est traité dans The Lifted Veil de George Eliot par exemple.

 

In fine, elle veut faire ressortir le traitement de la condition des femmes par ces œuvres littéraires. Pour ce faire elle a choisi de présenter les choses sous l'angle de la dichtomie : la première photo représente la femme passive par une représentation de l'espace fidèle aux descriptions et la seconde la « folie » de l'enfermement telle qu'elle peut être déduite du sens caché du texte.

 

Cette série intitulée « maisons de la fiction » comporte pour l'heure cinq scènes dont la chambre de Jane Eyre envahie par un raz de marée de sang. En fournissant une interprétation possible de l'œuvre grâce à ces photos, Julia Callon ne fait ni plus ni mois que de la critique littéraire par l'image sans mots : étonnant.

 

Pour découvrir toutes les photos c'est par ici. 

Sources : Melville House , Julia Callon , Eyresses , The Atlantic

Pour approfondir



Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton

Présentation de l'éditeur : Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date, de...

La logique du grain de sable: Galtier-Boissière (1891-1966) ou de l'utilité des ensablés dans les commémorations, de Carl Aderhold

Les commémorations ont ceci de paradoxal que bien loin de nous ramener à l'événement commémoré, elle nous renforce...

Livre numérique gratuit

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com