Le monde de l'édition > Société > Actualité

L'Hadopi étudie l'impact des mutations numériques pour les auteurs

Oui, parce que certains n'ont manifestement pas envie de s'y pencher

Par Nicolas Gary,Le lundi 16 janvier 2012 à 16:39:47 - 1 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Le président du Syndicat national de l'édition l'a confirmé :  le SNE n'est toujours pas en phase avec l'Hadopi, et préfère encore s'en remettre à un outil de dénonciation, par lequel les éditeurs pourront signaler les sites contrefaisants. À l'occasion des voeux, Antoine Gallimard avait d'ailleurs renouvelé sa confiance en un tel outil. 

 

C'est que depuis les dernières déclarations du SNE, Hachette a décidé de signer avec la société Attributor, s'en remettant aux outils de surveillance de la société américaine pour tracer et pister toute présence d'ebooks illégaux sur la toile. 

 

Citée par nos confrères de Editions Multimedi@, Christine de Mazières, secrétaire générale du SNE, assure avoir « mis le dossier “Hadopi” de côté, car la question du piratage de livres numériques en France ne se pose pas vraiment encore. Le marché du livre numérique online, c'est- à-dire hors ouvrages sur CD-Rom, ne représente encore pas grand-chose – environ 1 % – sur le marché français ». 

 

Une édition 2012 pleine de ressources

 

Pourtant, le syndicat n'avait pas complètement baissé les bras, avec pour preuve les déclarations de début décembre 2011. Le SNE entendait « réaffirmer le droit d'auteur à l'ère du numérique qui, loin d'être un obstacle à l'accès au savoir, constitue plus que jamais le socle de l'économie de la création. Le piratage constitue une menace grave à l'encontre de la chaîne du livre. L'open access, s'il n'est pas financé, est une idéologie faussement généreuse qui participe du même processus de destruction de valeur des industries créatives. Par ailleurs, les débats actuels au sein de l'OMPI risquent de conduire à une remise paradoxale et grave du droit d'auteur et de l'équilibre économique de la création intellectuelle ». 

 

 

Ayant décidé de ne pas souscrire à l'Hadopi, le SNE, avec les représentants des maisons européennes, avait annoncé son choix de solliciter les éditeurs du pays, en leur demandant d'effectuer une surveillance des réseaux, et de signaler tout site qui pourrait contrevenir au droit d'auteur. Une « liste permettra par recoupement d'identifier les sites et réseaux les plus actifs dans le domaine du piratage de livres ». 

 

Je vais vous faire une étude que vous ne pourrez pas refuser...

 

Mais Hadopi n'a pas dit son dernier mot, pourrait-on croire. Jusqu'à lors, et tant que les instances du livre n'avaient pas validé le recours à Hadopi, cette dernière ne pouvait intervenir dans la surveillance des ebooks. Comme d'un côté, on ne donnait pas de nouvelles et que de l'autre, on ne mettait pas plus d'empressement à en prendre, la situation n'évoluait pas. 

 

Pourtant, nouvelle petite avancée pour la Haute autorité, signale Pcinpact, cette offre de marché public, qui vise à la réalisation d'une « étude quantitative sur l'auteur de livre au temps du numérique ». Le détail en est assez intéressant. 

Caractéristiques principales : l'objet du présent marché est de permettre de comprendre les parcours des auteurs, leurs conditions de production, leurs relations avec les éditeurs, leurs moyens de diffusion, leurs attitudes vis-à-vis d'internet et les relations avec le public ainsi que les informations relatives à leurs revenus issus des droits d'auteur et leurs rémunérations annexes (subventions, prix, activités en ligne...)
Quantités (fournitures et services), nature et étendue (travaux) : le présent marché est un marché à prix forfaitaire et unitaire. Le montant du budget initial alloué est de 40 000 euros (T.T.C.).
Modalités de consultation : le présent marché est un marché à bon de commande passé en procédure non formalisée en application des articles 10 et 43 du décret no2005-1742 du 30 décembre 2005. Après examen de l'ensemble des offres, l'hadopi pourra engager des négociations avec le ou les candidats ayant présenté les offres les plus intéressantes. Au terme de ces négociations, le pouvoir adjudicateur ou son représentant attribuera le marché au candidat dont l'offre est économiquement la plus avantageuse.
Les prestations sont traitées à prix forfaitaire et unitaire. (voir l'annonce)

 

Les propositions sont à formuler avant le 3 février, à 17h, et les demandes à adresser directement à la rue du Texel. 

 

La finalité n'est donc pas d'examiner les enjeux du piratage de livres, mais plutôt de comprendre les repercussions et impacts que cela peut avoir sur les auteurs, en France. Contacté par ActuaLitté, Hadopi dément toute intention dirigée vers le SNE et souligne qu'il s'agit ici «d'un travail strictement universitaire, engagé de longue date et entièrement par les Labs. Ce que nous recherchons, c'est une connaissance de ce à quoi l'auteur fait face dans l'univers numérique, avec les mutations que cela implique ».

 

L'étude quantitative fait en effet suite à une étude qualitative, qui découle d'entretiens passés avec des auteurs. « Le sujet est vierge, et nous avons voulu comprendre à quels enjeux les auteurs, d'un large panel, étaient confrontés. Cette initiative est bien antérieure à la décision du SNE de ne pas prendre part à l'Hadopi, et découle avant tout d'une volonté d'explorer un pan pour le moment peu connu. » Pas prendre part, certes, du moins, pas pour le moment, Christine de Mazières ayant souligné que les solutions restaient à l'étude...

 

Presque un hasard dans le calendrier, le MOTif, l'Observatoire du livre en Ile-de-France, qui a déjà fourni deux études sur le sujet, EbookZ, s'apprête, la semaine prochaine, à présenter cette fois une étude concernant la bande dessinée, BDZ, avec en perspective le Salon de la BD d'Angoulême. 

Pour approfondir

Mots clés :
Hadopi - etude - piratage - livre numérique



Réactions

Publié par Aliocha

 

J'espère que le piratage et son massacre d'auteur nous accordera la chance de ne jamais subir des Julie Clouzel avec des titres de romans aussi nazes que "les Solitudes de Sara" !

Écrit le 17/01/2012 à 13:11

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

pub

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Vers l'infini et au-delà : « Spoutnik », 49ème nouvelle du Projet Bradbury

Alors, bande de petits veinards, on est en vacances ? Pas moi ! Le Projet Bradbury se reposera quand il en aura terminé avec les [...]

Les écrivains et leurs lecteurs

  Je viens de lire deux ouvrages très différents qui mettent cependant en scène tous les deux des écrivains et des [...]

Surfing, Jim Heimann

Présentation de l'éditeur : Apportez une touche d'adrénaline à votre quotidien. Avec le calendrier perpétuel [...]

Sondage

Un abonnement pour les livres numériques, en illimité, ça vous inspire quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com