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La communauté des chercheurs appelle au boycott d'Elsevier

Occupons Elsevier ?

Par Nathalie Gentaz,Le mardi 14 février 2012 à 14:28:43 - 0 commentaire

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Plus de 5,800 chercheurs du monde entier se sont engagés dans le boycott du groupe d'édition Elsevier, qui possède environ 2.500 revues scientifiques. Ils sont plusieurs milliers à avoir signé une pétition contre Elsevier, l'accusant de tarifs d'abonnements excessifs, et d'obliger les lecteurs à acheter des publications en bouquet.

 

Les chercheurs accusent également de faire des profits monstres sur le dos des chercheurs, alors qu'Elsevier a déclaré avoir réalisé une marge de profit de 36% en 2010.

 

Le mouvement contre la maison s'est enflammé en à peine dix jours. Le 21 janvier, le mathématicien Timothy Gowers de l'université de Cambridge (médaille Fields en 1998) a publié un post sur son blog déclarant qu'il ne travaillerait plus comme éditeur  et ne publierait plus aucun papier dans une revue appartenant à Elsevier. Il a mis en place un site Internet pour inviter d'autres chercheurs à le rejoindre. A ce jour, le 14 février, elle compte 5851 personnes.

 

La semaine dernière, 34 mathématiciens ont publié une déclaration pour dénoncer « un système dans lequel les éditeurs commerciaux réalisent des profits sur le travail bénévole de mathématiciens et des tarifs d'abonnements de leurs bibliothèques de leurs institutions, pour des services devenus largement inutiles ».



 

Cette exaspération générale, révélée par l'ampleur du boycott en très peu de temps, sort au grand jour les problématiques actuelles de la publication scientifique. Comme l'explique le site Pour la science :

 

« C'est tout le problème du modèle économique de la publication scientifique et de l'accès au savoir qui est posé (revues payantes ou à accès libre, revues éditées par des entreprises privées ou par des sociétés savantes, revues électroniques ou sur papier, etc.). Cela dépasse même le seul problème du modèle économique de la publication, certains considérant que c'est, plus généralement, la mercantilisation de la science qui est en jeu. »

 

Elsevier s'est défendu dans une lettre ouverte disponible ici. Le groupe a affirmé être « fier de la façon dont nous avons été capables de travailler en partenariat avec la communauté de chercheurs pour effectuer des contributions réelles et durables au domaine de la science ».

 

Le groupe n'entend pourtant faire sourde oreille aux réclamations des chercheurs :

 

« Quand une personne proéminente pointe le doigt sur des problèmes, d'autres le feront aussi » a expliqué David Clark, le vice-président des revues mathématiques pour Elsevier, « nous voulons bien sûr connaître leurs préoccupations », a-t-il ajouté, propos rapportés par le New York Times.

 

Une pomme de discorde dans ce conflit est le Research Works Act, une loi introduite au Congrès américain en décembre dernier, dont certaines clauses visent à interdire le libre accès aux publications scientifiques financées par l'État, empêchant le libre accès aux publications en ligne financées par le contribuable.

 

« Le Research Works Act a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour beaucoup de gens, moi inclus », explique le Dr Dauchebis, une mathématicienne de l'université de Duke.

 

Et Elsevier de réagir : « Il y a eu beaucoup de réactions à ce problème. En tant qu'éditeur, nous n'aimons pas les autorités nous disent que nous devrions agir de telle sorte » a expliqué David Clark, avant de reconnaître : « Nous avons laissé les éditeurs scientifiques dans la confusion et préoccupés. Nous n'aurions pas dû faire ça. »

 

Le Dr Gowers, à l'origine du mouvement, espère quant à lui que le boycott permettra d'autres nouvelles alternatives que les éditeurs commerciaux. « Attendez-vous à ce que les choses évoluent dans les mois à venir », a-t-il ajouté.


 

 

Sources : Gowers blog , Gowers file , Pour la Science , New York Times , Elsevier

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