Le monde de l'édition > Société > Actualité

Ni tondeuse, ni fer à repasser sur un site de libraire (JM Roberts)

Le retour du pirate ?

Par Clément S.,Le vendredi 26 août 2011 à 15:20:13 - 3 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

C'est désolant, ou pas. En tout cas, la profession se lamente un peu de ce que la presse se soit emparée autant du sujet. L'épisode Jean-Marc Roberts, patron des éditions Stock fait cependant les choux gras, en cette rentrée littéraire...

Voilà deux semaines, le patron de Stock, invité sur Europe 1 proclamait qu'il fallait se « battre » pour un lieu unique de la vente de livres. Un lieu qui, on le comprendra, ne saurait être internet, royaume d'une terrifiante gratuité, mais également apanage du piratage, du partage et de toutes sortes de choses nuisibles. (voir notre actualitté)


En somme, Jean-Marc Roberts prônait une radicalisation de la vente de livres, pour préserver la bibliodiversité, qui ne saurait être assurée par les cybermarchands. « La librairie est le seul lieu où l’on vous accueille, où l’on vous conseille, où l’on trouve un choix de littérature sur les tables, qui peut plaire ou déplaire, mais qui est un choix de libraire. Il est bien évident que le lecteur en zone rurale, où la première librairie est à 200 km, va commander sur Internet. » (voir notre actualitté)

Et l'intéressé de clamer que les citadins qui « préfèrent commander sur Amazon, moi ça me révulse ». Dont acte.

Librairie, mon cher amour

Revenu sur ses déclarations, un peu, beaucoup, à la folie, passionnément, il expliquait n'avoir aucune velléité de censeur, et que simplement, la librairie était LE lieu de vente des livres. Point barre.

Dans une tribune publiée dans LivresHebdo, et citée par l'AFP, le patron de Stock en remet une couche. « Le savoir-faire et la compétence seront toujours de leur côté. Regardez leurs sites, vous n'y trouverez aucune référence pour les tondeuses à gazon ou les fers à repasser. » De quoi ravir des marchands comme Decitre ou BDFugue, par exemple, qui ne commercialisent que des livres.

Je voudrais 500 g de viande hachée

La logique économique, Jean-Marc Roberts s'en méfie comme de la peste : « Si la vente en ligne généraliste retire aux libraires 20% de la manne que représentent les best-sellers, comment pourraient-ils survivre et s'acharner à promouvoir des auteurs qui ne le sont pas ailleurs ? »

Et d'affirmer avec force que, quitte à commander sur le net, autant le faire sur les sites internet des libraires - oui, mais, combien de librairies indépendantes ont les moyens d'ouvrir leur boutique en ligne, si l'on oublie les gros ? Ou est-ce un moyen détourné de promouvoir 1001libraires - que M. Roberts ne connaît peut-être même pas ?

Alors la messe est dite, une fois de plus : avec la perte de chiffre d'affaires des librairies, c'est toute la chaîne du livre qui est menacée. « Ils flancheront avant nous, nous flancherons aussitôt après, à moins de changer notre rapport au livre et à l'auteur, notre façon de travailler, de vivre et de respirer. »

Fluctuat, nec mergitur


De toute manière, c'est dans l'une de ses dernières interventions qu'il faut rechercher la vérité, qui, comme on le sait, est ailleurs

« Moi j'ai 57 ans, ça fait 38 ans que je suis là dedans... un jour je vais partir jouer à la pétanque. Vous savez, le plus important c'est que certains auteurs et certains éditeurs dont je me réclame ne peuvent pas changer leur façon de travailler (...) De toute façon, on a perdu. Faut pas se raconter d'histoire, je ne suis pas con, on a perdu, c'est foutu, c'est fini. Alors l'étape suivante, oui, elle se fera certainement sans moi. » (voir notre actualitté)

Et pour cause...

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
internet - vente - livres - roberts



Réactions

Publié par TheSFReader

 

Ben moi je suis justement pour qu'ils changent leur rapport au livre et à l'auteur...
L'un en comprenant que dans le "livre" c'est le contenu qui interresse et non pas l'objet, l'autre en intégrant que c'est LUI qui mérite le plus de considération et de rémunération...

Quand aux libraires, tout comme les éditeurs, il faut peut-etre qu'ils intègrent la nouveauté au lieu de la rejeter (voir par exemple l'offre epagine ...

Écrit le 26/08/2011 à 15:33

Répondre | Alerter

Publié par Nico1234

 

Je plussoie

Écrit le 26/08/2011 à 16:26

Répondre | Alerter

Publié par Kilitout

 

...Et les jeunes loups, modernes, technophiles et branchés, dévoreront les vieux cons, ringards, archaïques, nostalgiques blablabla. On connait la chanson, c'est celle qu'on nous sert à chaque fois que l'on veut nous vendre une régression sociale en la parant des oripeaux de la modernité (travail le dimanche, report de l'âge de départ en retraite, privatisation de la santé, dérégulation financière -ou autre-, etc...) Mais il arrive aussi que les vieux soient plus sages que les jeunes cons qu'ils ont été

Écrit le 27/08/2011 à 05:41

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Écrire en funambule : « Le Jour du grand orage », 36ème nouvelle du Projet Bradbury

Je l'ai dit plus d'une fois : le Projet Bradbury est aussi l'occasion pour moi d'expérimenter et, à mesure...

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton

Présentation de l'éditeur : Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date ou...

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com