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Plus de livres, moins de films : l'Amérique redécouvrirait la lecture

Et en oublierait la distribution traditionnelle, surtout

Par Clément Solym,Le mercredi 20 juin 2012 à 09:47:54 - 0 commentaire

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Quelques jours après la publication des nouveaux résultats de ventes des éditeurs membres de l'Association of American Publishers, les chiffres se croisent et parfois se ressemblent. C'est que les ventes de livres remontent la pente, bien entendu, mais que celles de films font grise mine. Aucune causalité ? Bien sûr que non…

 

C'est pourtant qu'il faudrait se creuser le cervelet pour mieux comprendre : moins de 5 % des Américains ayant répondu à une enquête assurent aller au cinéma régulièrement. Spectaculaire ? C'est qu'il y a deux ans, les spectateurs donnaient pourtant le cinéma comme l'un de leurs divertissements favoris. Et pourtant, on annonce toujours des records d'entrées au box-office, ou des gros budgets dévastateurs…

 

Mais enfin, les chiffres sont bien là et les raisons pour lesquelles le public boude un peu les salles obscures peuvent être aussi diverses que variées. Spinoff en livre d'ailleurs de multiples, avec une conclusion simple : « Rien de tout cela, bien sûr, ne peut être considéré comme de bonnes nouvelles pour les propriétaires de salles. Les studios de cinéma, après tout, peuvent trouver de nouvelles solutions de distribution alternatives. » DVD, Vidéo à la demande, et ainsi de suite sont autant d'alternatives, qui pourront faire perdurer l'industrie, qui voit les gens déserter les salles…

 

 

theater

 

 

Mais l'autre point, c'est donc cette fameuse nouvelle : le premier trimestre 2012 aura marqué un essor du livre numérique tel que les ventes de livres reliés se retrouvent dans le bas du tableau. Le livre tel qu'on l'a connu amorce-t-il définitivement sa nouvelle ère ? L'AAP a livré des chiffres sans équivoque. Et n'en déplaise à ceux qui considèrent toujours que le livre numérique n'est pas viable, économiquement, il semble que l'on assiste à un renversement des positions. (voir notre actualitté)

 

Dépassant les ventes de poches et celles des hardbacks pour adultes, le livre numérique se hisse à 282,3 millions $ de chiffre d'affaires - sans même prendre en compte les ventes chez Amazon. On devrait donc voir revenir au triple galop les titres aguicheurs du Figaro annonçant la mort du livre, alors qu'il s'agit avant tout d'une évolution de l'industrie du livre. 

 

Encore une fois, il ne s'agit pas de prêcher pour quelque paroisse que ce soit : l'important, martelons-le, une fois n'est pas coutume, est que chacun puisse lire comme il le souhaite. Et que cesse le marasme des fabricants de papier qui se drapent dans une dignité indue, brandissant bien loin d'eux, comme pour se protéger, leurs pages imprimées, comme un bouclier les mettant à l'abri du public des lecteurs.

 

Non, ce qu'il faudrait prendre en compte, bien plutôt, c'est que pour le cinéma comme pour le livre, deux pans de ces industries souffrent : les libraires et les salles de cinéma. Et pour chacun, même topo : les clients se font rares. Alors que les producteurs de contenus, si vilain mot - disons, les producteurs d'oeuvres - trouveront toujours des modèles de diffusion différents pour arriver à commercialiser leur production. 

 

Finalement, la réalité est bien là : que l'on parle du livre ou du film, la question est moins de savoir ce que l'on consomme le plus, ou le mieux, mais plutôt de s'apercevoir que les réseaux traditionnels de diffusion sont à la peine. Le futur ne manque pas d'avenir, assurait l'ingénu Philippe Meyer. Probablement la preuve que le progrès fait, non pas rage, mais enrager.

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