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Éditions Unes : "La poésie va contre notre vitesse, arrêtons-nous"

Le jeudi 03 octobre 2013 à 12:40:59 - 3 commentaires

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Les Editions Unes se sont fait connaître par des ouvrages de poésie, imprimés en typographie, merveilleusement édités, accompagnés par l'œuvre d'un peintre qui, sous la forme d'un dessin, d'une gouache ou d'une gravure placés en vignette sur la couverture blanche, personnifiait chaque volume des éditions. Dans cette présentation aussi élégante qu'intemporelle ont été publiés des poèmes de grands auteurs, tels Fernando Pessoa, Paul Celan, Christian Dotremont, Georges Henein et beaucoup d'autres…

 

 

Avec les Editions de la Différence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La maison créée en 1981 par Jean-Pierre Sintive, a été reprise en 2013 par François Heusbourg, après avoir cessé pendant dix ans ses publications suite à la perte de 25.000 volumes de leurs fonds dans l'incendie intervenu chez son diffuseur, Les Belles Lettres, en 2002. Les Éditions de la Différence, qui diffusent désormais les Éditions Unes, se réjouissent de faire connaître les textes qu'elles publient. Sont parus en juin dernier, Issue de retour de Jean-Louis Giovannoni, Tréfonds du temps de Maurice Benhamou, Sans titre de Geoffrey Squires et ils annoncent pour novembre, Le Troisième, de Esther Tellerman.

 

***

 

« Parler des livres »,

Par François Heusbourg

 

Il faudrait toujours parler des livres, il faudrait en donner la surface, en résumer l'intention. En quelque sorte : les réduire. Parler des livres plutôt que de les laisser nous parler. Nous préférons nous faire des clins d'œil plutôt que de nous regarder vraiment, circuler entre les pages en terrain conquis, dans le décor convenu d'un langage commun. Comme si nous devions nous satisfaire de ce qui est entendu : la petite histoire.

 

 

 

 

Comment regarder le nu des mots, c'est ce que nous dit la poésie. Lire dans le langage. Il y a cette idée qui traîne parfois dans les discussions que la poésie est difficile, qu'on ne sait comment l'aborder, qu'on ne peut pas en parler. Comme si la poésie était à part, qu'elle se trouvait hors du champ de la littérature, hors du champ des hommes, qu'on lui accordait la place maudite de celle qu'on fait mine de respecter – de vénérer – pour mieux s'exempter de la lire. Comme ces images que l'on sacralise pour ne plus avoir à les croire.

 

La poésie n'est pourtant qu'une voix, qu'une multiplicité de voix qui nous chuchote à l'oreille et dont on se détourne, qui pourtant s'adresse à nous et que l'on ignore. Laissons-la venir à nous, laissons-la nous aborder, passons par-dessus ce que l'on pense être une difficulté et qui n'est qu'une ignorance : laissons-la nous approcher avec la simplicité du mot nu. 

 

La poésie va contre notre vitesse, arrêtons-nous un instant, elle nous parle. La poésie nous raconte, elle soulève ce que nous portons d'indécis non pas pour nous rendre plus sûrs, mais pour toucher notre réelle et profonde indécision ; notre insécurité. Elle ne nous raconte pas d'histoires ; les histoires sont organisées, la poésie est organique. Elle se trouve avant, avant le temps du récit, avant le temps de ceux qui savent, de ceux qui récitent : avant le temps de l'écriture.

 

L'écriture vient après, pour rendre le poème à son lieu de naissance : le langage. Nous ne lisons pas la poésie pour connaître la suite, pour savoir ce qui va se passer, elle ne lit pas l'avenir dans les lignes. Elle nous parle du présent, de notre présence, et de la distance parfois difficilement quantifiable que nous opposons au monde : parfois une main, une phrase, un pas de côté.

 

 

 

 

La chance de l'éditeur est de ne pas avoir à parler, de ne pas avoir à convaincre, les livres viennent à lui et lui adressent la parole. L'éditeur choisit dans l'univers du langage les textes qui s'adressent à lui, qui traversent les foules du monde pour toucher sa solitude, pour l'ouvrir. C'est sa seule démarche, constituer une bibliothèque idéale, et espérer ne pas être seul à en parcourir les rayonnages. Faire de chaque auteur, de chaque livre un lieu à soi, un lieu de soi. 

 

Un lieu sûr.

 

La poésie est cet endroit derrière le visage.

Nous pouvons entrer, c'est ouvert.  

 

 

Les Éditions Unes remercient La Différence, qui a su faire, à contre-courant des logiques immédiates, 

une place importante à la poésie dans le choix restreint des éditeurs qu'elle diffuse.

 

A paraître, en novembre 2013 :

Esther Tellermann, le Troisième.

 

Dernières parutions :

Maurice Benhamou, Tréfonds du temps, Jean-Louis Giovannoni, Issue de retour

Geoffrey Squires, Sans titre.

 

http://www.editionsunes.fr/

photo La Différence Editions

   

Outre les collections de littérature française et étrangères, de poésie et d'essais, les Éditions de la Différence publient les Œuvres complètes de nombreux écrivains.

 

Mots clés :
Éditions Unes - François Heusbourg - poésie - Jean-Pierre Sintive



Réactions

Publié par louis le bienheureux

 

tout à fait d'accord et merci pour cette initiative !
plus que jamais nous avons besoin de poésie...
c'est elle qui peut nous ouvrir la porte à l'incommensurable
l'inspiration nous attire et nous effraie à la fois quand elle nous fait parcourir à folle vitesse la distance qui sépare notre solitude de la révélation, car la poésie est révélation
écrire un poème c'est comme lever un voile sur l'infini
non pas la fiction mais l'extraordinaire friction entre la réalité pesante et l'imaginaire qui nous transporte bien au-delà des mots
être en poésie c'est accepter de briser notre silence et libérer la parole captive de tout notre être

Écrit le 04/10/2013 à 09:46

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Publié par denise miège

 

bravo pour votre initiative! la poésie renaît grâce aux éditeurs de poésie qui cherchent plus la qualité que la rentabilité
Tenez-moi au courant s'il vous plaît de vos parutions

Écrit le 04/10/2013 à 11:13

Répondre | Alerter

Publié par jean-claude villain

 

Viva la renascita!
Migliori auguri!

Écrit le 07/10/2013 à 12:32

Répondre | Alerter

 

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