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Juke-Books #16 : Prométhée joue les DJ
Le vendredi 25 janvier 2013 à 19:24:32 - 0 commentaire
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Le mythe millénaire de Prométhée a su trouver l'équilibre entre défiance de l'autorité et supplice ultime infligé à l'audacieux jugé irrespectueux. Après avoir traversé les époques, les musiciens se sont emparés de la légende pour en faire un motif de création et d'inspiration. Le Juke-Books ira même, une fois n'est pas coutume, du côté des oeuvres classiques...
D'après Platon lui-même, Promothée serait en quelque sorte notre père à tous, puisque c'est lui et son frère Épiméthée qui furent chargés « d'orner » les hommes tout juste créés par les dieux. Malheureusement pour nous, les 2 Titans ne brillent pas par leur organisation, et épuisent « toutes les facultés en faveur des êtres privés de raison », les animaux, laissant l'homme désespérément nu, et incapable.
« Prométhée, fort incertain sur la manière dont il pourvoirait à la sûreté de l'homme, prit le parti de dérober à Vulcain et à Minerve les arts et le feu » pour réparer les maladresses de son frère. La suite est beaucoup plus connue : Prométhée se fait pincer, puis dévorer le foie, perpétuellement, par un aigle... Le récit des événements, comme s'il y avait assisté, est fait par Platon dans le Protagoras (sur Wikimédia, traduction de Victor Cousin).
Les premiers à s'emparer du thème de Promothée se retrouvent du côté de la musique classique, des opéras et des ballets : si certains s'inspirent de la fable originale racontée par Eschyle comme Jacques-Fromental Halévy (Prométhée enchaîné, sur un texte de son neveu Ludovic), Gabriel Fauré, Hubert Parry ou Luigi Nono, d'autres préfèrent la version moderne signée Goethe. C'est le cas de Beethoven, Johann Friedrich Reichardt, Schubert, Hugo Wolf, Franz Liszt (qui écrit Le Prométhée pour le centenaire de Goethe), Saint-Saëns (Les noces de Prométhée), ou encore Károly Goldmark.
Franco Folini, CC BY-SA 2.0
Mais la création la plus connue reste probablement celle de Scriabine, Prométhée ou le poème de feu (1910). Ci-dessous, la création visuelle de l'université de Yale a donné toute sa mesure à la création musicale, en y ajoutant des effets de lumière.
En 1985, Mulgrew Miller édite son premier album, Keys to the City : un disque enregistré en trio, avec Marvin "Smitty" Smith à la batterie, Ira Coleman à la basse et Miller au piano. Et la piste 4, Promethean, paie son hommage à celui qui s'est sacrifié pour fournir chaleur et créativité à l'homme. À la production, on retrouve Orrin Keepnews, une légende du milieu.
Très connu, le pseudonyme Prometheus s'est plutôt bien adapté au véritable patronyme de Benji Vaughan, compositeur anglais de transe industrielle : ses trois albums (sous ce nom de scène), Robot-O-Chan (2004), Corridor of Mirrors (2007), et Spike (2010) ont reçu un très bon accueil dans le milieu. De même, l'aura du personnage a porté chance aux Suisses Promethee dont le premier album Nothing happens, nobody comes, nobody goes a pas mal plu aux métalleux.
Enfin, le titre Prométhée, publié sur l'album Métèque et Mat (1995), refait toute l'histoire du Titan pas très regardant, en mode rap marseillais : à l'occasion, Akhenaton peut très bien remplacer Platon.
Antoine Oury Suivre @{USERTWITTER}
Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr
Mots clés :
Prométhée -
mythe -
Mulgrew Miller -
Akhenaton
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