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Juke-Books #2 : John Cale, de Graham Greene à Hemingway

Par Antoine Oury,Le vendredi 12 octobre 2012 à 16:45:43 - 0 commentaire

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Tout le monde ou presque connaît le Velvet Underground, sa banane sur la pochette et la voix langoureuse, un chouia agaçante, de Nico. Peut-être même l'origine du nom du groupe, le polar sado-maso de Michael Leigh, mieux que Fifty Shades ! C'est d'ailleurs un ami du chanteur et bassiste du groupe, John Cale, qui suggéra ce nom au quatuor. Cale quittera très vite la formation (3 ans à peine à supporter Lou Reed), mais creusera la voie du rock lettré.

 

L'accueil public réservé aux albums solo de Cale a toujours été... réservé. En 1973, son troisième album solo, Paris 1919, reste pourtant une valeur sûre après des décennies, si bien que le musicien fit salle comble en 2010 lorsqu'il décida de l'interpréter en live.

 

Sur le disque, on trouve « Graham Greene », une chanson qui moque gentiment l'establishment britannique (« Tu bois du thé avec Graham Greene/Dans un costume coloré que tu as choisi »), et un peu plus durement le libéralisme pré-Margaret Thatcher, en la personne d'Enoch Powell.

 

Sur le même Paris 1919, on trouve également « MacBeth », qui reprend bien évidemment le personnage de la pièce éponyme de Shakespeare, et cite Banquo pour l'accompagner. Le dénouement n'est pas plus heureux que celui de la pièce de théâtre... Deux ans plus tard, Cale se la joue Homère sur Helen of Troy, finalisé « en 3 jours » alors qu'il passait « environ 18 heures par jour en studio ». On comprend mieux la pochette, sur laquelle le chanteur pose en camisole.

 

 

John Cale

John Cale en 2011 (jasperwiet, CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

En 1987 paraît Even Cowgirls Get The Blues, un album live composé à partir de différents concerts au CBGB avec Ivan Kral du Patti Smith Group à la fin des années 70. Le titre de l'album est également celui d'un roman de Tim Robbins, adapté en long-métrage par Gus Van Sant, avec Uma Thurman.

 

En 2011, Au Diable Vauvert traduit et publie What's welsh for zen ?, l'autobiographie de Cale, écrite avec Victor Bockris, spécialiste du rock. L'ouvrage, grand format, est maquetté et illustré par Dave McKean, réalisateur du film Morrormask et dessinateur du roman graphique Violent Cases, sur un scénario de Neil Gaiman. On notera que la couverture de la traduction française précise « Une vie avec le Velvet Underground »... 

 

Alors que Cale s'en est affranchi depuis un petit moment quand même, malgré quelques collaborations avec Lou Reed. Début octobre, John Cale s'est payé le luxe de critiques dithyrambiques pour Shifty Adventures In Nookie Wood, son 32e album. Et en troisième piste, on retrouve... Hemingway, convoqué le temps d'une chanson éponyme.

 

Expérimentateur, Cale semble avoir joué, et lu, de tout : pour preuve, cette interprétation d'un poème de Dylan Thomas, Do Not Go Gentle Into That Good Night, avec la chorale Stedelijk Helmonds et l'orchestre Metropole, en 1987.

 

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