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Les fonds publics sont-ils destinés à détruire les librairies françaises ?

Le vendredi 18 janvier 2013 à 11:29:10 - 3 commentaires

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Dominique Ehrengarth, président d'A.LIR, publie une tribune qui en appelle au Ministère de la Culture et de la Communication pour faire cesser les subventions versées à Amazon pour ses créations d'emplois, au regard de ses pratiques fiscales et de son activité, qui « n'a d'autre résultat que de détruire le tissu de librairies ». Et, en premier lieu, des librairies indépendantes.

 

AMAZON, VIRGIN, FNAC et la librairie indépendante en France

 

Les fonds publics sont-ils destinés à détruire les librairies françaises ?

 

Alors que le marché du livre est globalement terne, et affiche même un léger recul en 2012, on ne peut que réagir fortement à l'information récemment diffusée par les médias, relative aux subventions accordées par des collectivités publiques à Amazon pour la création de plates-formes logistiques.

 

L'incohérence de cette opération, qui consiste à financer avec des fonds publics ceux dont l'activité n'a d'autre résultat que de détruire le tissu de librairies en France et de construire des bénéfices à l'étranger en ne payant pratiquement aucun impôt dans notre pays, ne peut que laisser la place à une légitime colère que partagent tous les libraires.

 

Au vu de ces récents évènements et, en ce mois consacré à l'établissement des résultats 2012, tel est le point de vue de l'Association des libraires indépendants du Rhin, qui regroupe des libraires de Wissembourg à Belfort.

 

Les commerces de proximité retrouvent ces dernières années une place dans nos villes, nos bourgs et nos villages, alors que les politiques d'urbanisme héritées des années 50, créant de multiples zones commerciales extérieures, avaient provoqué leur disparition.

 

 

Livres anciens et vieux papiers

 ActuaLitté, CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Dans ce contexte, la librairie constitue une activité très importante qui souligne la vie sociale et culturelle d'une commune. Elle a une place qui, au-delà de la satisfaction des besoins immédiats, montre la vitalité de la zone où elle est implantée.

 

Les librairies de proximité, grandes et petites, sont également les relais des éditeurs nationaux et locaux, qui par leurs catalogues montrent la richesse de la création littéraire en France. Elles sont aussi un maillon essentiel à l'animation de cette activité en mettant constamment les auteurs en relation avec leurs publics, soit au sein de leur magasin, soit en participant à des salons.

 

Voilà évoquée en substance la mission des libraires, alors que leurs charges sont de plus en plus lourdes, particulièrement en termes de loyers ou de transports. La concurrence des ventes par internet, notamment par des opérateurs non libraires, se fait également toujours plus pesante, et contribue fortement à la fragilisation de nos entreprises.

 

Les difficultés de Virgin et de la Fnac, rapportées par la presse, s'expliquent certainement par des données différentes et autres que celles liées exclusivement aux livres, elles montrent peut-être aussi les limites d'un certain type de commerce culturel, qui cependant avait trouvé une place dans nos villes.

 

2012 a également connu la fermeture de plusieurs librairies indépendantes, dont certaines de taille importante. Malheureusement, ces fermetures ont peu fait parler d'elles, alors qu'elles démontrent pourtant la grande fragilité de nos entreprises.

 

Les librairies indépendantes proclament leurs différences, en apportant un service personnalisé, un conseil averti, une offre permanente des productions de petits éditeurs et éditeurs locaux, un lien avec les auteurs et un accès complet à toute la production livresque française, voire étrangère, sans restriction ou limitation de catalogue propre.

 

Elles se battent pour résister aux coups portés par internet et par les grosses entreprises de distribution, elles équilibrent tant bien que mal leurs comptes malgré l'augmentation incessante des charges.

 

Il est aujourd'hui urgent que les pouvoirs publics adoptent une position très claire sur ces opérations et définissent une politique qui permette à tous les acteurs de la filière Livre en France de travailler sainement et à égalité.

 

Nous en appelons donc à Madame la ministre de la Culture, qui proclame avec sincérité son attachement à la libraire de proximité et à la librairie indépendante en particulier, pour qu'elle ouvre immédiatement ce chantier que, tous, nous attendons avec impatience.

 

11 janvier 2013

 

Dominique EHRENGARTH

 

Président d'A.LIR

 

Le site de l'A.LIR, Association des Libraires Indépendants du Rhin

photo ALIR Dominique EHRENGARTH

   

ALIR, Association des Libraires Indépendants du Rhin.

 

Mots clés :
librairies indépendantes - fonds publics - Dominique Ehrengarth - Amazon



Réactions

Publié par FANFAN

 

Merci à Nicolas Gary pour son soutien lors des douloureux événements de la librairie de Camponovo à Besançon.
J'ai changé d'arrêt de bus, je ne peux plus regarder ces grandes vitrines vides. C'est bien fini cette fois !!

Écrit le 20/01/2013 à 09:35

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Publié par imbernon

 

le CNL m'a refusé le label LIR en 2012 parce que j'ai déclaré 2750 références au lieu de 3000 demandées pour les librairie spécialisées... sachant que j'ai une librairie spécialisée en architecture et que ma surface au regard des formats de livres ne me permet pas d'en rentrer davantage... et comme cela ne suffisait pas le CNL m'a également refusé une subvention pour les animations arguant que je ne participais pas à la diffusion de la diversité éditoriale... c'est vrai que je suis aussi éditeur en publiant 1 ou 2 livres par an! je vous laisse juge : www.editionsimbernon.com
je ne suis pas installée dans un lieu classique et je ne fais du tout un travail de libraire classique. Je précise "classique" pour le CNL c'est du grand volume en chiffre: de la masse salariale au m2. La qualité ne s'évalue nullement!!!
Donc oui, c'est évident depuis 5-6 ans que les aides ont été modifiées, les fonds publics sont destinées à détruire les librairies francaises!

Écrit le 22/01/2013 à 12:13

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Publié par Libraire rural

 

Je réagis au précédent commentaire auquel je souscris entièrement.
Vrai libraire (80% de CA librairie, le reste en papeterie et cadeaux) installé en zone rurale, sur une toute petite surface, je me sens véritable acteur culturel de ma région, où je propose une vraie offre généraliste, du manga jusqu'à la littérature étrangère.
Mais mon stock tourne seulement entre 4 et 5000 titres (presque tous à l'unité), je ne peux donc prétendre au label LIR (>6000 références).
Ce qui est anecdotique, vu le peu de temps dont je pourrai disposer pour remplir un dossier d'aide...
Amazon, installé à Chalon à 1H de route, a lui bénéficié d'aides et encore plus, surtout de publicité. Parfois, j'ai l'impression qu'on est le village gaulois d'Astérix face à la puissance romaine...

Écrit le 24/01/2013 à 17:06

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