Bd , mangas et comics > Univers BD > Actualité
Apple frappe de censure Lucky Luke : dictature de l'opérateur unique
Et ses dangers. Ses terribles dangers.
12
La censure frappe toujours là où l'on ne s'attend pas vraiment à la trouver. Ainsi, les éditions Dupuis, qui publient les aventures de Lucky Luke ont fait les frais de la politique parfois absurde que l'on constate chez Apple. En remontant le Mississippi, une application livre s'est vu refuser l'entrée des boutiques d'Apple. La firme de Cupertino dégainerait-elle plus vite que son ombre ?

L'histoire de cet album n'est pas vraiment appréciée par les autorités américaines. « Ce n'est pas la première fois que l'on censure cet album précisément de Lucky Luke », explique Didier Pasamonik, du site ActuaBD. De mémoire, En remontant le Mississipi, est un titre à problème. « Dans les années 80, la Suède avait également tenté de faire changer les dessins et Morris avait refusé net. » Et pourtant, difficile de trouver des propos désobligeants dans l'album.
Ce dernier se déroule dans le Sud profond, sur le fleuve Mississippi, et Morris dessine donc des noirs, en train de jouer une forme de pré-jazz sur les docks. Un autre personnage se retrouve, un noir, également, servant le café au capitaine du navire - mais dont on perçoit bien non pas une approche raciale de la part du dessinateur. « On sent bien la complicité entre les deux hommes, et tout cela n'est pas du tout raciste. En fait, il y a une interprétation raciale, racialiste, d'une oeuvre qui ne l'est pas du tout, qui découle d'une sorte d'a priori de la part d'Apple, pour éviter toute levée de boucliers... »
D'ailleurs, l'album lui-même n'est pas publié en version anglaise imprimée... Or, qu'est-ce qui choque ? Simplement ces noirs représentés avec de pulpeuses lèvres rouges...
Vincent Montagne, PDG de Media Participations, groupe qui détient les maisons Dupuis, Dargaud et Lombard, entre autres, se souvient que ces questions raciales ne datent pas d'hier. « Même Tintin a été frappé : notre vision des peaux rouges n'est pas celle des Américains, et la version vidéo de cette BD n'a, pour cette raison, pas pu être réalisée. »
Le danger d'un opérateur unique
Autre époque, autres moeurs : désormais, on peut lire des BD en numérique, et parmi les acteurs privilégiés, disposant d'une tablette et d'un catalogue intéressant, on trouve évidemment Apple. « Lucky Luke n'est qu'un exemple : ils ont fait la même chose avec XIII, avec Largo Winch, dans un album où l'on voit deux femmes s'embrasser. »
Délicate situation... « Cela veut simplement dire que l'univers anglo-saxon cherche à truster les choix éditoriaux que nous effectuons. Qu'ils décident de ne pas le commercialiser pour les Américains, c'est une chose ; qu'ils nous l'imposent, en France, c'est littéralement absurde. » Et tout cela, bien entendu, sans explication convaincante : « Ils nous parlent de leurs valeurs morales, qui empêchent que des dessins de ce genre, ou ces représentations des noirs américains, soient montrés au public. Cela ne passe pas aux États-Unis... Mais quand on leur rétorque que nous sommes en France, ils n'ont plus rien à ajouter. »
Plus globalement, reprenant sa casquette de président du Syndicat national de l'édition, Vincent Montagne est très favorable à ce que le Salon du livre s'ouvre de plus en plus au monde numérique. « Notre métier, c'est de servir des lecteurs et de provoquer la rencontre avec des auteurs. Par conséquent, le support est toujours second par rapport à la création éditoriale. » Cependant, l'enjeu tourne autour de l'interopérabilité des appareils et des plateformes de vente. « Pour que cela fonctionne bien, il faut que l'accès à la création éditoriale vers les tablettes ne passe pas par un guichet unique ni un opérateur unique. »
Dans le cas de Lucky Luke, on comprend les dégâts que cela occasionnerait... Attention toutefois, la BD est bien présente dans l'iBookstore - ce qui rend plus incompréhensible encore la position de la société.

Nota Bene :
Depuis Twitter, un charitable internaute nous avertit que tout cela ne serait qu'un problème de métadonnées : en effet, en regardant le titre qui a été donné au livre, il manque un "P" à Mississippi. En se trompant dans les métadonnées, l'éditeur fausse en effet les résultats de recherches, rendant impossible la découverte du livre.
@actualitte le titre a bien 2 P mais l'éditeur n'en a mis qu'un dans les métadonnées (cf sous-titre) donc c'est comme ça qu'il est référencé
— François Gerber (@Digikult) 27 février 2013
Le titre est donc bien présent dans l'iBookstore, désormais, mais cela n'enlève rien au fait que l'album fut originellement refusé.
Notons enfin que cette année, la vice-présidente de la Commission européenne, Neelie Kroes et commissaire européenne chargée de la société numérique sera présente pour une table-ronde, sur la Grande scène, le 25 mars, à l'occasion du Salon du livre, pour évoquer plusieurs points.
Que fait et peut faire l'Europe pour favoriser le dynamisme et la diffusion de la création littéraire et éditoriale ? Quel est, en particulier, le rôle des institutions européennes dans le développement d'une offre légale et diversifiée de livres numériques ? Neelie Kroes répondra aux questions des éditeurs et auteurs européens sur les enjeux du numérique pour l'avenir du livre.
Une première dans la vie du Salon, qui avait toutefois accueilli deux députés européens l'an passé.
Pour approfondir
Nicolas Gary Suivre @{USERTWITTER}
Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.
Mots clés :
Lucky Luke -
Apple -
censure -
Neelie Kroes
Publié par NewParadigm
Donc, en fait, vous vous êtes plantés ! Vous avez l'info, fausse, du blocage de l'album de Luky Luke, vous vous jetez dessus en en profitant pour :
1°, dénoncer "le monopole", ce qui est également faux, d'Apple (qui est loin d'étre le seul vendeur de livres numérisés) et
2°, pour vous en prendre au gouvernement des États-Unis ("L'histoire de cet album n'est pas vraiment appréciée par les autorités américaines." -- qu'elle preuve ?).
Rien que ça !
Soit votre site a été hackés par des malveillants voulant vous couvrir de ridicule, soit vous avez vraiment écrit ce billet conspirationniste délirant et je vais me désabonner de votre fil Twitter et supprimer votre appli de mes mobiles. Ou alors, vous allez faire retraite et pénitence quelque temps et reviendrez lorsque vous serez apaisé et positif.
Publié par Clément Solym
l'info n'est pas fausse, le livre a été refusé.
qu'il y soit maintenant implique que le PDG a réagi assez fortement pour en obtenir l'arrivée.
quant aux questions de monopole, je pense qu'il vous manque trop d'informations sur ce sujet.
faites quelques recherches, et reparlons-en
Publié par Baptiste
Le problème n'est pas "l'opérateur unique". Ça, ce n'est qu'une circonstance aggravante. Le problème c'est la censure. Surtout quand elle est faite par des intermédiaires techniques hors de tout cadre juridique. Une seule solution: la stricte neutralité des opérateurs.
Publié par TheSFReader
Le problème c'est le "justauboutisme" appliqué à un principe innocent :
"un commerçant a le droit de décider ce qu'il vend."
Qu'Apple, en tant que "supermarché" décide des produits qu'il accepte en rayon.
Qu'Apple, en tant que fournisseur de matériel, décide de n'autoriser qu'un unique supermarché sur "son" matériel.
Indépendament, chacune de ces deux hypothèses n'ont pas vraiment de conséquences, et sont au moins tenables. C'est la conséquence qui est fâcheuse puisqu'Apple a de fait plein pouvoirs pour interdire l'accès à certains produits dans "son" écosystème.
Publié par Jean de la F.
Oui, en même temps, ça semble assez logique.
Si vous habitez un trou perdu et que la seule grande surface à 50 km alentour est un SUPERPNUT© qui ne vend que des produits bio hypracher, vous serez bien emm*** par cette sorte de situation monopolistique et vous en voudrez à PNUT (légitiment, selon vous) de ne pas vendre des produits plus abordable…
D'un autre côté, quelle idée d'aller vivre dans ce trou perdu !
C'est la même chose avec Apple : personne ne vous oblige à acheter un iPhone, personne ne vous oblige à le revendre si vous n'êtes pas content…
Publié par Pan
Ok, si je comprends bien, la BD est dans iBookstore et une app-livre de cette même BD à été refusée dans l'appstore ? C'est bien ça ?
Dans ce cas précis, le cas est prévu par une condition de publication : ce qui est techniquement réalisable en EPUB (donc pour iBookstore) doit être fait en EPUB.
Ce qui ne peut être réalisé en EPUB peut être fait en app. Si c'est bien une app livre qui a été refusée, alors que la bd est dispo sur iBookstore, il faut donc savoir ce qu'elle apporte en plus, et si ce qu'elle apporte est réalisable en EPUB.
Cette condition d'utilisation est presque aussi vieille qu'Ibooks si je ne m'abuse, c'est juste qu'apple s'est mise à l'appliquer depuis quelque temps. Ça a d'ailleurs pas mal fait gueuler aux USA parce qu'il semble qu'apple fasse du favoritisme et laisse passer des apps qui devraient être refusées (parce que facile à faire en EPUB) parce qu'il y a des gens influents derrière...
Donc en gros, la règle encourage l'utilisation du standard EPUB, et les apps sont à réserver à des projets qui ne sont pas techniquement possible dans ce format.
Publié par François G
en réponse à Clément Solym
Le livre n'a jamais été refusé, du côté iBookstore il est là depuis le début. Et il n'y a jamais eu aucune intervention de personne, haut placé ou pas. D'ailleurs j'en ai parlé avec Iznéo qui ne comprenaient pas votre article, n'ayant jamais entendu parler d'une censure. L'intervention de Vincent Montagne que vous ajoutez dans cet article provient d'un autre sujet, et pas du tout de celui-là. Faut sujet, faut buzz ?
Publier un commentaire
Suivez-nous
Actualité en rapport
Samedi 18 mai 2013
Censure chez les Flamands : Kamagurka solidaire de Schuiten et Peeters
Vendredi 17 mai 2013
Censure en Belgique : La classe politique donne un spectacle affligeant
Vendredi 17 mai 2013
Belgique : censure d'une planche de Schuiten, pas assez flamande
Jeudi 16 mai 2013
Livre numérique gratuit
Focus
Précédentes Suivantes


























Réactions