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France : 8000 à 10.000 titres BD piratés sont réellement accessibles

Dis moi ce que tu pirates, je te dirais qui tu es

Par Lea Lavagen,Le jeudi 19 janvier 2012 à 14:51:34 - 2 commentaires

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L'observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France, le Motif, a rendu sa copie sur les habitudes des pirates amateurs de bande-dessinées. Quelques jours avant le lancement du festival de la BD à Angoulême, c'est l'occasion de faire le point et d'établir un portrait-robot.

 

La première chose à souligner et pas des moindres, c'est que la BD attire, au point d'être la catégorie éditoriale la plus piratée du net. Pas étonnant non plus, la BD c'est sympa sur écran, ce n'est pas long à lire, ça s'y prête. L'étude du Motif est d'autant plus intéressante qu'elle part de l'internaute lambda, pas forcément averti des techniques de piratage. En clair, pas le geek moyen.

 

Constat implacable

 

« La BD est la catégorie éditoriale la plus piratée sur Internet, révèle l'étude. De nombreux sites et forums agrègent des liens de téléchargement, classés par ordre alphabétique et/ou chronologique. Entre 8 000 à 10 000 titres piratés sont réellement accessibles (liens de téléchargement et sources P2P actifs, à la portée d'un internaute moyennement averti).

 

Les fichiers illégaux sont de très bonne qualité et produits par de nombreuses "teams" pirates très organisées et composées de passionnés. Il est intéressant de constater que les dernières nouveautés en rayon sont nettement moins piratées que les best-sellers des deux dernières années. »

 

Il est intéressant de voir que ces titres sont très souvent des grandes séries, populaires, sur le marché depuis une dizaine d'années. Du Tintin, du Largo, du Naruto, en veux-tu, en voilà. Les versions numériques piratées étant de bonne qualité, alors qu'il s'agit globalement de scannage et pas de crackage, on comprend également l'attrait de cette offre. 

 

Un réseau structuré et cohérent

 

Les teams, ces équipes qui gèrent le processus de piratage de A à Z, comme la traduction, sont extrêmement organisées et fourmillent (une centaine). Alors que pour le livre, on compte seulement deux teams de grandes envergures. Il y a par exemple un gros travail qui est effectué sur le manga spécifiquement, certains sont disponibles en téléchargement illégal un an avant leur sortie en France. A noter, la France se classe juste derrière le Japon en termes de ventes.

 

Le téléchargement illégal n'a rien d'une sphère à part, on remarque d'étonnantes similitudes avec le marché actuel de la BD (mangas, comics et albums). L'offre illégale s'est envolée alors même que le marché du livre explosait et ce qui est téléchargé coïncide avec la part de marché des bds, comics, et albums classiques. Naruto, One Peace et Bleach, les mangas les plus vendus en librairie sont aussi les plus consultés en streaming. Comme quoi, il y a une vraie logique.

 

 



Nouveautés et bandes-dessinées d'auteurs indépendants pas prisés

 

On pourrait penser que le pirate se rue sur les nouveautés. Pas forcément, à en croire l'étude du Motif. Dans ce sens, la BD fait figure d'exception. Autant, du côté des séries, la réactivité des pirates qui mettent à disposition une série en streaming est remarquable, autant pour la bande-dessinée, la course à la nouveauté n'a pas lieu. Le gros du téléchargement concernerait des BDs publiées entre 1991 et 2008. Seuls 15% des ouvrages piratées sont parus il y a moins de trois ans.

 

 

Les personnes intéressées par les auteurs indépendants sont des dénicheurs, des passionnés, pas forcément friands de lectures numériques. Cela peut expliquer la faible présence de cette catégorie sur le net. Et puis pour les pirates qui mettent à disposition du contenu illégal, il y a une volonté de toucher un large public, vu que le piratage demande du temps, autant promouvoir les grosses séries.

 

Mais s'il n'y a qu'un chiffre à retenir c'est peut-être le suivant : dans le top 50 des bestellers (établi par le Motif), 58% des BDs piratées sont des bande-dessinées qui ne possèdent pas d'équivalent numérique.

 

La synthèse est à retrouver dans son intégralité à cette adresse.

 

L'augmentation définitivement constatée

 

Dans une première approche, au cours de l'étude EbookZ 2, le MOTif avait tout de même montré combien la BD était devenue un genre complètement soumis au piratage. Et l'augmentation est notable : pour la BD, hors du streaming, on recensait 6 à 7000 titres en 2010, contre 3 à 4500 pour 20009.

Une grande majorité des oeuvres piratées a également été publiée entre 1991 et 2008 - que ce soit pour la BD (plus de 51 %) ou le livre (près de 66 %). Cependant, les oeuvres publiées entre 2007 et 2010 représentent toutefois plus de 44 % pour le livre et 53 % pour la BD. « Cette année encore, plus de 2 ouvrages piratés sur 3, livres comme BD, datent de moins de 10 ans », considère l'étude. 

Et au rang des éditeurs les plus confrontés à cela on retrouve Gallimard, Eyrolles et Dunod - notamment, pour les deux derniers, du fait de leur spécialisation dans les livres techniques, grandes victimes - et Delcourt, Soleil et Dargaud, pour la BD. (voir notre actualitté)

 

Entre solutions et optimisme ?

 

Reste qu'aujourd'hui, dans le secteur du manga, un éditeur comme Kaze a déjà annoncé qu'il serait quasi partant pour travailler avec les équipes de scantrads, sans pour autant omettre la dimension pédagogique nécessaire auprès des lecteurs. 

 

« Elles sont nombreuses, réactives et pleines de volonté. Et c'est connu, les meilleurs hackers, si l'on parvient à les convaincre, deviennent souvent des chefs de la sécurité informatique au sein de certaines sociétés. Simplement, je vous signale deux choses : d'abord, il faut les identifier, ces équipes, mais dans ce cas, je ne suis pas contre faire affaire avec elles et tenter de contractualiser. Mais il faut ensuite les convaincre de travailler dans ce cadre-là. Et surtout, bien leur faire comprendre que l'on n'est absolument pas là pour légaliser les sites de piratage », expliquait Raphaël Pennes à ActuaLitté, en mai 2011. 

 

Ca ne rapporte rien...

 

Reste alors un élément rassurant : si dans son étude, le MOTif a découvert une offre pirate de 8 à 10.000 titres réellement accessibles, c'est-à-dire, à la portée d'un internaute moyen, on pourra amplement rassurer la position de Régis Habert, directeur général d'Izneo, qui en mars 2011, nous assurait : « Aujourd'hui, tout est disponible en offre pirate, il ne me faudrait pas longtemps pour vous le montrer. » 

 

De quoi également faire relativiser les propos de Louis Delas, président du groupe BD au SNE, qui en mai 2010, expliquait à ActuaLitté que jusqu'à maintenant, le numérique en bande dessinée est resté dans le domaine des investissements, sur « un marché qui ne représente rien ». Lee directeur général de Casterman BD et Jeunesse, estimait en effet, à cette époque que « le numérique, pour l'instant, coûte de l'argent, ça n'en rapporte pas. »  

 

Peut-être que ne pas numériser, ni mettre en place d'offres peut en fait avoir un autre coût : celui d'une production d'oeuvres piratées...

 

On fera simplement valoir que dans le cas présent, la mise en place d'une offre légale, celle d'Izneo, n'a absolument pas changé la croissance en termes d'ouvrages disponibles au téléchargement. Et même, au contraire. Faudrait-il remettre en question les moyens déployés pour la faire connaître, les tarifs des différents offres proposées au public, pour se rendre compte que dans l'expression "offre attractive", il faut avant tout comprendre "financièrement attractive" ?

Pour approfondir

Mots clés :
Piratage - streaming - BD - Peer to peer



Réactions

Publié par Un très ancien du monde numérique

 

Il est impressionnant de voir à quel point une étude peux tomber à coté de la plaque!

Le scan de BD existe depuis le début des années 2000 et, depuis ce jour, ne cesse de décliner après avoir connus des années folles entre 2002 et 2006! Ceci est valable pour la BD dites européenne! Concernant les mangas, l'étude tombe assez justement!

De l'avis d'un ex-pirate, le scan de BD va continuer, inévitablement tant les offres numériques proposés sont littéralement obscènes! Que coute à Iznéo la mise en ligne d'une BD! Rien, mais rien du tout! Pas de papier, pas d'impression, as de transport, les flash des planches existent au départ pour la publication papier! Celles-ci (je parle d'Iznéo) sont mise en ligne avec des défauts de couleur, des contrastes trop fort qui gomment toutes nuances de noirs dans d'autres aplats de noir et idem pour la limite des blancs (des jaunes clairs deviennent des blancs)!

Le problème des plate-forme numérique, c'est que c'est du 100% dans la poche sans se fatiguer! Si la plate forme administrative du site est bien concue au départ, mettre une BD en ligne se fait d'un claquement de doigt et c'est le cas, sans chercher a pousser vers une qualité accrue de la version numérique!

Un exemple tout bête pour un passionné de lecture numérique! Tout amater éclairé de BD aime les graphismes, aime les regarder avec attention, y porte un réel intéret! Les scan actuels de BD font 1920 pixels de large avec une faible compaction jpg, ce qui permet de naviguer a fort grossissement sur chaque planche et ainsi, avoir une vue bien plus précise des dessins, chose que vous ne pouvez avoir avec une BD papier (ou alors, vous êtes Steve Austin)!

La plupart des sites de BD numériques, propose du 1200 pixels de large mal mis en oeuvre! De plus, c'est une plus value totallement virtuelle, un simple ajout du contract initial passé avec l'auteur! D'ailleurs, l'offre numérique est purement et simplement non prise en compte dans le contrat pris avec les auteurs!

En gros, le passionné de BD, connaissant relativement bien ce milieu, ne peux être convaincue par l'offre numérique actuelle qui est limite une injure envers les auteurs et envers les acheteurs qui sont pris pour des poires (parce qu'entre les 13 euros de la version papier et les 8-9 euros d'une version virtuelle dont il ne vous reste que des souvenirs très épart au bout d'une semaine ...... le choix du passionné est tellement évident que forcément, tout ceux qui achètent des versions papier n'achèteront jamais de version numérique!)

Quand en plus, on sait la diffuculté qu'on les auteurs de BD a simplement vivre de leur travail et le poignons que les éditeurs font de leur coté (chercher les chiffres, c'est édifiant!)

Quand à l'argument du manque a gagner engendré par le piratage, jamais je n'ai entendu de plus grande ineptie!

La définition même du piratage est "je télécharge ... parce que je n'ai pas les moyens d'acheter" et dans le monde de la BD, je puis vous assurrez que c'est énormément "je charge pour voir a quoi ça ressemble avant de décider de mon achat et ainsi, éviter une énorme daube attractive a couverture qui n'en jette" => parce que ça, c'est un fait réel! Un exemple concret, regardez les couvertures de la série "Le mal" en 3 tomes! Celle-ci sont MA.GNI.FI.QUES et vous regardez dans la BD, le dessin est tout autre!

Quand les éditeurs voulant passer au numérique comprendront qu'il faut avoir une valeur ajoutée importante a ce qu'il propose par rapport à la version papier, peut être que le numérique auras plus de chance de percer sur le marché! Actuellement, les fans de BD ne peuvent penser que le numérique, pour les éditeurs, ne représente qu'un gain supplémentaire de bénéfice sans avoir a débourser un sous de plus par rapport à l'édition papier(en gros tout benef pour eux et que dalle pour les autres, auteurs compris!!)

Il faut proposer des prix attractifs, de la qualité et de la quantité a vil prix! Ce que veux le passionné, c'est découvrir plus de BD, de pouvoir le faire au même titre que d'allez à la médiathèque de la grande ville du coin et d'en louer! Et s'il faut payer pour une BD virtuelle, le simple bon sens est de la rendre chargeable, d'associer un log qui crypte les images!

Je pourrai continuer très longtemps sur le pourquoi de l'existance des scan! Le simple fait qu'ils existent prouve que les éditeur sont tout, sauf en accord avec leur temps!

Une précision très importante! Je parle d'Iznéo et de leur scan! Sachez que les planches, lors de leur visualisation, sont protéger pour éviter qu'elles ne soient sauvegardées voir simplement piratées et mis à diposition en DDL et autre P2P! Depuis les tout premiers jours de cette plateforme, la méthode pour craker ces planches est connues (suffit de demander à un informaticien qui s'y connait un peu en WEB) ... mais tout les scanneurs illégaux ont choisit de ne jamais prendre leur contenu ... parce qu'il ne vaux pas tripette question qualité!

Ce qui semble paradoxal au final, c'est que bon nombre de scanneur de BD sont et d'un, tous de grand fans de BD, tous sont collectionneurs, bcp ont repris les achats des BD (je pense à tout les ex-fan des Marvel, Titan, Spidey et autres Nova) après avoir relus tant de BD qu'ils avaient jetté/revendu!

Et posez vous cette question : pourquoi la masse si importante de BD scanné n'endigue en rien du tout la constante progression des ventes de BD, tout type confondu?

Amis éditeurs, votre tâche future seras avant tout de comprendre que le scan représente une forte valeur ajouté et un formidable vecteur de découverte des oeuvres! Et quand on aime la BD, on ne la veux pas virtuelle mais en version papier! Ceux qui n'achètent pas de BD n'en lisent pas tant que ça en virtuel! Le scan pirate n'est rien d'autres que l'extension de pratiques déjà ultra courante (location en médiathèque et lecture sauvage en magasin, pret des potes etc etc)!

Vous devriez déjà être passé maitre de la BD virtuelle et actuellement, devriez presqe être pret pour rendre lalecture des BD numérique sur les écrans de salons, partout! Cela devrait déjà être un formidable marché que la BD numérique alors que ça stagne comme c'est pas permis!

La BD supporte très mal le virtuel et n'est pas comparable du tout à ce qui se passe avec le mp3 et les divx (voir les films en HD) et donc, l'achat de la version papier se concértise très souvent (personnellement, j'ai bcp de scan chez moi et pourtant, dès que j'en ai l'occasion, j'en achète ... bizarre comme pirate hein?!!

Le scan existe uniquement parce que ce qu'il propose (non pas la gratuité) ne l'est pas auprès des éditeurs, a savoir, la possibilité de pouvoir lire a faible cout, quand on veux, comme on veux (et non pas tributaire d'une connexion internet)!

Voilà pour un avis qui qui reste superficiel (il y'a tant a dire)!

Écrit le 20/01/2012 à 18:56

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Publié par BBdoc

 

Personnellement, j'ai BD (environ 130) dans ma bibliothèque, je suis aussi abonné à une médiathèque.
Dans ma petite vie de "pauvre", je ne peux pas me permettre d'acheter toutes les BD que je voudrais. J'ai déjà lu plus de 800 BD, je me suis fait un listing pour ne pas relire plusieurs fois la même.
Le scan de BD est pour moi, une autre façon d'aborder la BD, j'ai sur moi, régulièrement ma clé USB avec des BD dessus. Dans tous les formats, Ce qui me permet de les lire un peu n'importe où.
Les scans, que j'ai, sont tous des numéros manquants dans des séries que j'ai lu à la médiathèque. J'ai si l'envie me prend de découvrir une nouvelle série de la télécharger et de la mater.
Mais cela ne vaudra jamais le plaisir d'avoir le livre dans les mains.

Écrit le 22/04/2012 à 21:15

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