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Données personnelles : l'ebook qui te connaît mieux que toi-même

Vade retro, Amazanas et consorts !

Par Nicolas Gary,Le lundi 03 septembre 2012 à 16:15:25 - 0 commentaire

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La vie privée devient au centre des questions propres au lecteur, dans un univers numérique où toutes ses activités, depuis les achats jusqu'à la lecture proprement dite, peuvent être quantifiées et conservées. La protection des données personnelles ne doit pas simplement lutter contre un gouvernement parfois intrusif ; elle est également à la merci des écosystèmes façonnés par les acteurs numériques, qui profitent de la moindre donnée pour exploiter des éléments susceptibles de faire vendre plus.

 

 

[18/365] Noel Coward's Private Lives

via Ben Dodson sur Flickr

 

 

Depuis un moment, la traque d'informations sur les lectures des usagers est un outil dont les industriels attendent beaucoup. En juillet dernier, un point d'étape sur ces questions était réalisé, montrant que les croisements entre lecteurs, livres et ventes, n'en étaient qu'à leurs débuts. Les outils de mesures et de mise en relation ne balbutiaient qu'un petit alphabet, mais allaient évidemment progresser, pour optimiser les ventes. (voir notre actualitté)

 

Ainsi, estimer que dans l'ère numérique, la vie privée est plus menacée que jamais relève de l'évidence crasse. Et ce, au corps défendant, ou inconscient, des clients eux-mêmes, qui ne se rendent probablement pas du tout compte de ce qu'ils peuvent laisser de traces. Ainsi, l'application Kobo Reading Life, qui permet d'obtenir des gratifications en fonction du nombre de pages lues ou de livres ouverts, et par extension, les moyens de partager des extraits de livres sur les réseaux sociaux, représente autant de portes que l'on ouvre bien grand sur son intimité.

 

Et qu'il est, certes, toujours possible de désactiver ; si elles ne parviennent pas à des tiers sur les réseaux, elles sont toujours stockées, quelque part, sur les serveurs des acteurs professionnels. 

 

C'est alors une évidence : Google, Amazon, Apple, Kobo, pour ne citer que les grands noms de l'univers ebook, plongent avec une facilité déconcertante dans nos données. Les simples annotations prises sur un ouvrage constituent autant d'outils qui ressemblent à des parasites qui tourneraient autour d'un acheteur en librairie, scrutant ses moindres faits et gestes. 

 

Envers et contre tous

 

Défendre la liberté de lire ou lutter contre les intrusions du gouvernement sont des impératifs, certes, mais face auxquels le quidam est assez démuni. Cette érosion de la vie privée - et par extension, de son corollaire, la liberté d'expression - obsède l'Electronic Frontier Foundation, qui tente d'imposer des limites, sinon de dénoncer les abus constatés dans les différents appareils mobiles utilisés pour lire. Le Guardian se souvient ainsi du cas de cet étudiant, qui en 2008, à l'université de Nottingham, avait passé sept journées en prison, après avoir téléchargé un manuel d'entraînement, édité par Al-Qaïda. 

 

Pour Cindy Cohn, directrice juridique de l'EFF, « il n'existe aucun moyen de dire à Amazon, ‘Je veux acheter vos livres, mais je ne veux pas que vous suiviez ce que je lis.'. » Outre-Atlantique, l'American Civil Liberties Union, ACLU, critique, sur un même plan, Google et Amazon. Le premier va jusqu'à s'octroyer le droit de divulguer des renseignements, pour se conformer aux exigences fédérales. Idem pour Amazon, qui entend respecter scrupuleusement la loi, sur ce point en tout cas. Sans pour autant hésiter à défendre ses clients des tentatives d'irruption du gouvernement fédéral dans les données de ses clients, comme en 2006, où 24.000 personnes étaient contactées dans une affaire de fraude fiscale.

 

Prendre conscience des données divulguées dans les lecteurs ne diminue pas les risques de les voir se retourner un jour contre l'utilisateur. Jo Glanville, directeur du PEN anglais, à partir du 3 septembre, souligne qu'au Royaume-Uni, un projet de loi gouvernemental vise à l'enregistrement de communications, donnant au ministère de l'Intérieur une capacité de stockage durant tout une année. Et la police serait alors à même de solliciter ces informations, sans même l'obtention d'un mandat. 

 

La Californie avait fait un pas de géant, en mettant en place une législation qui classait l'achat de livres numérique dans le domaine des données personnelles et de la vie privée. Cela mettait donc les consommateurs à l'abri, au moins, du gouvernement. «  Sans une forte protection de la confidentialité, avec des lois comme celle sur la protection des renseignements personnels sur les lecteurs, la lecture de dossiers peut être trop facilement utilisée par le gouvernement, et exposée dans des procédures judiciaires, comme les cas de divorce avec les problèmes de garde de l'enfant », soulignait l'EFF. (voir notre actualitté) 

 

Reste à protéger des sociétés qui les vendent, désormais. Avec cette éternelle question : quis custodes custodiet ?

 

Pour approfondir

Lecture : Protéger nos données personnelles d'applications indiscrètes

 

 

 

Sources : Guardian , Teleread , Guardian

Pour approfondir



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