Lecture numérique > Usages > Actualité

L'autoédition, véritable fléau social qui s'abat sur les réseaux

Acheter des fans, polluer les autres

Le lundi 17 juin 2013 à 13:09:32 - 20 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Selon les derniers résultats de Bowker Market Research, le marché de l'autoédition représenterait 12% du volume numérique disponible. Un chiffre pouvant grimper jusqu'à 20 % sur certaines tranches. L' émergence s'explique naturellement par la rapidité de mise en ligne pour l'auteur et l'accès instantané des lecteurs à des titres à très petit prix. Au point que les grands distributeurs ont mis en place leur propre service d'aide à l'auto publication.

 

 

writing in the journal

Erink_photography, CC BY SA

 

 

Et cela n'est pas sans effets sur les réseaux sociaux. «Achetez mon livre », « J'ai besoin d'aide », « soutenez les indépendants du livre» : sans promotion par des professionnels tiers, les auteurs utilisent massivement les outils à leur portée pour faire connaître leurs écrits. Trop, au point que la pub est considérée par certains comme du spam.

 

Ainsi des hashtags comme #buymybook sur Twitter donnent un aperçu de la quantité d'auteurs qui récriminent contre l'édition traditionnelle, encouragent l'originalité des écrivains hors du circuit et assurent de la qualité de leur production. Hélas, si l'autoédition assure de nouvelles parts de marché aux géants de l'e-commerce comme Kindle Direct Publishing, la profusion sans contrôle et la médiocrité des titres est largement pointée du doigt.

 

 

 

Avec des succès éditoriaux comme 50 nuances de Grey, la course au succès par le web semble irrésistible. Néanmoins derrière les quelques réussites, les acteurs traditionnels vilipendent un marché qui publie tout et n'importe quoi. « L'écrasante majorité des livres autoédités est épouvantable - au-delà des mots - et n'apporte rien », estime Andrew Franklin, fondateur et responsable de Profile Books. Et d'appuyer la charge en évoquant le silence médiatique de leur parution, ce qui se traduit par une expérience simplement « frustrante » pour l'auteur malheureux.

 

Mais également pénible pour le lecteur, quand les services d'autoéditions dotent d'un numéro d'ISBN et une entrée aux catalogues des géants du commerce culturel en ligne : le tri se fait plus complexe encore à défaut de filtre et de sensibilité d'un l'éditeur apprécié.

 

 

« L'écrasante majorité des livres autoédités est épouvantable

- au-delà des mots - et n'apporte rien »

Andrew Franklin, fondateur et responsable de Profile Books

 

 

Sur le site Smashwords, vivement critiqué par Franklin pour l'absence totale de sélection, rares sont les nouveautés à dépasser les 4$. Sur une cinquantaine de titres publiés ces deux derniers jours, un quart seulement s'échelonne entre 4$ et 20$. Ce qui pose la question d'un impact économique pour le marché du compte d'éditeur et sa qualité intrinsèque à vil prix – entre 0,90$ et 2$ pour une bonne part. Sur son site, Kristen Lamb, auteur de livres qui mêlent travaux d'écriture et impact des nouveaux médias, l'écrivaine liste les erreurs courantes des autoédités.

 

Et parmi les plus répandues, celle qui consiste à écrire un livre, et axer ses efforts sur sa diffusion au détriment de l'écriture d'autres projets. Ce début de semaine, on apprenait que le très connecté Neil Gaiman débranchait la prise 2.0 pour favoriser l'inspiration. Le papa de Coraline confesse être « trop dépendant à mon smartphone, à Twitter », y voir « une symbiose » en temps réel qui empêche la concentration sur l'écriture. L'auteur et scénariste confie avoir besoin « de vraiment s'ennuyer » pour créer.

 

Aux antipodes de cette mise à l'écart du monde inspiratrice, l'éditeur mixte de fictions autoéditées et littérature académique Editing-Writing rappelle l'importance du contact humain. Malgré l'efficacité narrative et la richesse grammaticale d'un texte, l'absence d'échange et de retour sur les sensations de lecteurs sensibilisés à ces problématiques relève du quitte ou double. Dans l'édition plus qu'ailleurs, la première impression est décisive. Ce qui explique la recherche d'une communauté en ligne de lecteurs-promoteurs. Et les stratégies d'achat de fans et lectures factices sur des réseaux.

 

Faire sa place dans les écosystèmes de lecture sociale, professionnaliser les services d'autoédition, les géants comme Amazon ont pris conscience de l'enjeu, d'autant que la manne financière est là. Au business lucratif de prestataire de service de publication est venu s'adjoindre des surprises éditoriales. Les amours SM de Grey, on l'a dit, mais pas seulement. Sur ces 100 meilleures ventes ebooks pour sa boutique britannique, le leader de l'e-commerce annonçait en début d'année que 15 étaient des produits KDP.

 

Avec des succès qui dépassent les 100.000 copies écoulées, comme le rappelle Forbes, comment ne pas comparer les succès de l'autoédition au marché traditionnel ? D'autant plus quand les auteurs émergents signent dans la foulée des contrats dans des maisons historiques. Plus encore, quand ces auteurs dépoussièrent les genres tombés en désuétudes comme les romances et répondent à une vraie demande. À qualité littéraire contestable, on peut se demander s'ils ne refaçonnent pas le modèle du « roman de gare ». La tendance de l'auto-édition fiction au kilomètre le laisse penser.

Sources : goodereader , guardian , Forbes

Pour approfondir

photo Bastien Morel

   

Chroniqueur-interviewer culture, web & phénomènes de société.

 

Mots clés :
autoédition - promotion - réseaux sociaux - littérature



Réactions

Publié par tomppa_28

 

Je cite "les acteurs traditionnels vilipendent un marché qui publie tout et n'importe quoi..." Il me semble que c'est un reproche qu'on pourrait légitimement adresser à ces mêmes acteurs traditionnels... Pas évident de faire de vraies découvertes dans les ctalogues des Gallimion & Cie. Et c'est surtout un effort coûteux, tandis que si on dépense 0,99 € pour un texte nul publié en auto-édition, cela ne ruine personne. Mais jeter une vingtaine d'euros en pâture aux éditeurs et ensuite découvrir que le texte ne vaux rien, ça fait déjà plus mal...

Écrit le 17/06/2013 à 13:41

Répondre | Alerter

Publié par Bastien

 

Vous avez raison. Sans compter que les initiatives numériques autopubliées tendent à renouveler des genres populaires et à penser de nouveaux formats comme les micro-récits (short stories).

Écrit le 17/06/2013 à 14:07

Répondre | Alerter

Publié par TheSFReader

 

Il y a tout de même pas mal de daubes en auto-édité.

Mais ce qu'il y a de bien, c'est que cette daube là disparait très vite dans l'oublie, filtrée par l'attention des lecteurs aventureux.

Écrit le 17/06/2013 à 17:18

Répondre | Alerter

Publié par Barney

 

On remarquera aussi que la quasi totalité des auteurs qui s'auto-publient en vilipendant les grands éditeurs, signeraient les yeux fermés chez ceux-là même qu'ils critiquent. L'auto-édition est toujours un choix par défaut, souvent fait après avoir essuyé une série de refus. Or si l'on affirme que l'édition traditionnelle bride les formes nouvelles, audacieuses, il faudrait en toute logique refuser de s'y voir un jour publié.

Écrit le 17/06/2013 à 17:28

Répondre | Alerter

Publié par Trypto

 

L'auto-édition vaut bien l'édition. Le "à compte d'auteur" vaut bien le "à compte d'éditeur". Le revenu de l'un vaut bien le chiffre d'affaires de l'autre.
Et ce, peu importe le prix qui n'a jamais été un critère de juger de la qualité d'un ouvrage.
Mieux, il sera toujours plus sûr de trouver une perle à 2€ en auto-édition qu'un chef d'œuvre à 30€. Pourquoi ? Parce que l'auteur underground prend des risques, ose, essaie. Il se démarque. Tandis que l'auteur habituel de tel éditeur assure, lui, la publication son roman annuel pour la rentrée littéraire. Il présente un produit normé que l'éditeur va formater pour le marché.
Quant au marketing des maisons d'édition vs celui des auteurs auto-édités (dont j'ai cru un instant que c'était le propos de l'article), on ne peut pas reprocher aux auteurs auto-édités de faire feu de tout bois et d'utiliser des accès et des réseaux démocratisés et peu chers. Là encore, aux maisons d'édition à la force de frappe démultipliée (par rapport aux auteurs isolés) de faire preuve d'initiative et d'originalité.

Écrit le 17/06/2013 à 18:19

Répondre | Alerter

Publié par Jacques Vandroux

 

Pour ce qui nous concerne, nous nous sommes lancés dans cette aventure de l'auto-édition non pas à défaut d'être publié par un éditeur, puisque nous n'avons pas tenté cette voie, mais tout à fait par hasard suite à une discussion avec une amie.
Il est vrai que nous avons fait des erreurs de jeunesse telles qu'une orthographe pas toujours maîtrisée. Malgré tout, mes romans avant d'être publiés, avaient déjà bénéficié de la critique de quelques lecteurs. Ils ont tous rencontré un vif succès, et m'ont donné l'envie de poursuivre l'écriture.

Comme vous l'écrivez justement, c'est vrai que dans l'auto-édition, il y a de tout, du très mauvais, mais aussi du très bon, mais la possibilité de télécharger un long extrait gratuitement devrait permettre au lecteur de se faire une idée très vite, et de laisser tomber si cela ne lui convient pas. Non seulement le risque financier est très faible, puisque ces livres sont en général à tout petit prix, et qu'en plus, il est possible d'être remboursé de son achat très simplement.

Pour ce qui concerne les romans de gare que vous évoquez, il me semble qu'on en trouve déjà en très grand nombre dans toutes les librairies. Je ne vois pas en quoi le fait de faire plaisir aux lecteurs en écrivant des livres qu'ils aiment lire est réducteur.

Pour l'aspect spam des auteurs qui font leur pub ? Certes, ils font ce qu'ils peuvent pour se faire connaître, et ce n'est pas facile. Il semblerait que les médias nous snobent quelque peu en tant qu'auteurs auto-édités, publiant sur Amazon (tout faux!) Parmi les nombreux journaux que j'ai contactés, aucun n'a daigné donner suite, malgré un dossier de presse montrant le classement en numéro 1 des ventes d'Amazon. Ceci dit ce spam est-il vraiment pire que celui qu'on reçoit déjà ? Pas sûr !

Enfin, vous dites que les auteurs ne rêvent que d'une chose: être édités ! Effectivement, l'auto-édition numérique, c'est une aventure très sympathique, surtout quand ça fonctionne bien ! Mais si vous voulez éditer des livres papier et être diffusés largement, ce qui est le rêve de tout auteur, c'est la seule solution, tant que les lecteurs liront des livres papier. Pour ce qui me concerne, en tant que primo romancier, je doute fort que j'aurais vendu autant de livres en étant édité par un éditeur classique. Ceci dit, aucun éditeur n'a pointé le bout de son nez depuis.

http://jacquesvandroux.blogspot.fr/p/lauteur-contact.html

Écrit le 17/06/2013 à 19:02

Répondre | Alerter

Publié par Les P'tites Notes

 

Pour ce qui est de la question de la communication sur les réseaux sociaux, effectivement, les auteurs auto-édités font parfois preuve de maladresse.
Mais en ce qui concerne la question de la légitimité d'être publié, récemment j'ai discuté avec une personne qui écrit des nouvelles depuis de nombreuses années, mais n'a jamais été publiée. Alors que je lui demandais ce qui motivait son envie de l'être, elle m'a expliqué qu'une fois ses textes écrits, elle considérait qu'ils ne lui appartenaient plus, et que l'étape naturelle suivant celle de l'écriture était la lecture par les autres de ses textes. Alors pourquoi ne pas profiter des nouvelles technologies qui permettent de rendre accessible et lisible le texte d'un auteur, qui souhaiterait pouvoir répondre oui à ses amis quand ces derniers lui demandent s'ils peuvent lire ses textes ?! Vouloir être lu quand on écrit est légitime, et parler de "fléau social" pour décrire ce phénomène paraît un peu excessif. Enfin, en France on est dans une telle sacralisation de l'objet livre et de l'image de l'écrivain, qu'on en oublie que l'écriture est un travail artisanal, dans lequel on peut progresser sa vie durant et pas une sorte de don magique délivré à quelques élus !

Écrit le 17/06/2013 à 21:22

Répondre | Alerter

Publié par Chris simon

 

Salut tous ! on se connait et vous avez tout dit. je ne rajouterai rien. Bon, je retourne à mon prochain épisode de la série psy ! ;-)Kisses.
http://lebaiserdelamouche.wordpress.com/

Écrit le 17/06/2013 à 22:42

Répondre | Alerter

Publié par chris simon

 

Bonsoir tous, on se connaît. Vous avez tout dit. je ne rajouterai rien. Bon courage à tous et à bientôt sur les réseaux et au top100 ! ;-) Kisses

http://lebaiserdelamouche.wordpress.com/

Écrit le 17/06/2013 à 22:46

Répondre | Alerter

Publié par Nicole

 

Bonjour,

Avoir lu les commentaires m'a rassurée car je suis une toute nouvelle auto-éditrice et c'est tant mieux!

J'ai écrit mon premier roman, le second est en cours d'écriture et j'espère bien en écrire un grand nombre. Non pas parce que je veux "spamer" les gens, mais parce que je veux partager, donner de moi, apporter un peu de bien-être le temps de la lecture d'un livre, tout comme je le fais déjà depuis près de 4 ans avec mes blogs.

Nous sommes nombreux à être devant nos ordinateurs et nombreux à lire un article par ci, par là.

Vouloir vivre de ses écrits, quoi de plus légitime que de vouloir vivre d'un autre travail.
Et oui, je sais que je dois m'améliorer, toujours et encore, et les critiques de mes lecteurs me feront toujours avancer. N'est-ce pas justement pour eux que nous écrivons aussi?

Allez, c'est chouette, nous avons pu nous exprimer en lisant cet article ;)

Amicalement,
Nicole

http://concretise-enfin-tes-reves.com

Écrit le 17/06/2013 à 23:01

Répondre | Alerter

Publié par nanabean

 

Merci auteurs et éditeurs et amis de tous ces échanges; cela me rassure sur l'intérêt de notre travail d'une part et sur la possibilité que l'on a de ne pas se faire traiter d'ignorant et d'importun quand on s'adresse à des éditeurs en vue et bien formatés. Ouf si l'on se plante tant pis pour nous si l'on réussit tant pis pour eux

Écrit le 18/06/2013 à 08:44

Répondre | Alerter

Publié par TheSFReader

en réponse à Barney  

Evidemment, pour certains, la "voie royale" c'est les éditeurs, et tous les auteurs aspirent avant tout à la "validation" par les professionnels de la profession.

Mais c'est bien ça la réalité ?

C'est rigolo, mais on a d'autres retours dans les commentaires, d'autres auteurs, qui semblent plus satisfaits de la validation par les lecteurs que par les éditeurs...

S'il y a UN point sur lequel tout le monde devrait pouvoir se mettre d'accord, c'est que l'auto-publication donne un nouveau moyen de négocier avec les éditeurs : "Je n'ai pas besoin de vous pour atteindre les lecteurs".

Que ce soit du bluff ou non, c'est toujours une option de plus dans les négociations. De quoi rééquilibrer un peu les rapports auteurs/éditeurs.

Quand au critère Filtrage, je suis désolé, mais un lecteur est censé être capable de discerner en quelques instants un livre bien foutu d'un autre, en regardant couverture, 4ème de couverture, extraits etc..

Écrit le 18/06/2013 à 09:19

Répondre | Alerter

Publié par Weauquiez

 

"Fleau social" !...Ces apprentis journalistes ne mesurent l'importance des mots.

Ce n'est pas un fléau, mais une échappée. L'édition trad, papier, est censitaire. Réservée aux pipoles, aux potes de la caste, aux journalistes et aux politiques, sans parler de ceux ou celles qui couchent.

De plus, les marchands du SNE épaulés par les serpillères de la Kulture, n'ont jamais voulu payer dignement celui qui fait 90% du boulot : l'auteur.

Et Morel, soucieux de se ménager ceux à qui il présentera bientôt ses feuilles tapées qu'il osera appeler livre, parle de "fléau" social pour qualifier la révolte légitime des victimes d'une profession monarchique, réservée et gangrénée par la finance qui dit aussi bien à Gallimard, à Grasset et autres que le potentiel de vente doit surpasser la valeur des ouvrages. D'ailleurs on a vu des gens de la "grande" édition aller se vautrer comme des porcs qu'ils sont chez Minc, le vautour minable de la finance, comme le montra Mediapart, il y a environ deux ans.

Alors, Morel refait ta copie, mon petit. Et essuie ta bouche avant.

Écrit le 18/06/2013 à 10:02

Répondre | Alerter

Publié par TheSFReader

en réponse à Weauquiez  

@Weauquiez je vous invite à relire la conclusion de l'article, avant de résumer l'article à son titre, volontairement (je suppose, connaissant@Actualitte) provoc...

Il arrive régulièrement à Actualitte et ses journalistes de titrer (et sous-titrer) à l'opposé de la thèse soutenue dans l'article...

Écrit le 18/06/2013 à 13:11

Répondre | Alerter

Publié par Jean-LuK

 

Vous ne parlez pas des tsunamis de critiques littéraires qui nous submergent dans la presse, à la radio, à la télé, mais toujours sur un petit nombre d'auteurs que l'on devrait avoir le bon goût d'adorer…
Mais cela n'est pas du spam, c'est de la communication sérieuse monsieur ! Et la population devrait nous en remercier, sinon, comment saurait-elle ce qu'elle doit lire pour être cultivée, pour reconnaitre les vrais talents, ceux qui nous font vivre, nous autres, éditeurs philanthropes ?

Une p'tite lecture : Mon job, éditeur numérique, suivez le lien http://cause.jluk.fr/?p=1143

Écrit le 19/06/2013 à 15:08

Répondre | Alerter

Publié par Jean-LuK

 

Une pensée particulière pour un éditeur qui n'a pas su devenir riche et qui a très bien fait son job : Maurice Nadeau

Écrit le 19/06/2013 à 15:14

Répondre | Alerter

Publié par Sybil LANE

 

Pour avoir lu ce même article sur un blog américain, la semaine passée ; Les internautes répondaient avec virulence face aux propos de l'éditeur en question repris ici, et rappelaient que les auteurs auto-édités étaient extrêmement présents sur les réseaux sociaux voire trop. Mais à chacun sa façon de faire sa pub : Les maisons d'éditions n'achètent-elle pas les bons emplacements dans les librairies et autres chaînes de magasin, en achetant également des articles complaisants en échange d'achat d'encarts dans ces mêmes magazines. La méthode change mais elle n'est pas plus noble.
Quant à la mauvaise qualité mentionnée des ebooks dans l'article, je pense que le tri naturel s'exerce de la même façon que dans les maisons d'édition classiques avec comme une mise au pilon symbolique de la critique du lecteur et des abysses des classements.
Le seul fléau (et leur crainte) dans tout ça, pour les maisons d'éditions, c'est leur place d'intermédiaire entre l'auteur et le lecteur devenue inutile et remplacée par les Amazon, Kobo et autres.
Car, pour l'instant, elles vivent mieux que leurs auteurs, mais pour combien de temps encore ? Elles crient au loup, mais n'est-il pas déjà trop tard pour certaines qui n'ont pas pris le virage du numérique ?
Sybil : http://jeromance.wordpress.com/

Écrit le 19/06/2013 à 16:01

Répondre | Alerter

Publié par libervitalis

 

Je suis personnellement à la tête d'une petite maison d'édition, et je vous rassure : non seulement je ne publie que des choses difficiles et hors normes, mais en plus on tente de travailler la diffusion pour une présence sur lieu physique et virtuel.
Vous ne pouvez pas faire du manichéisme primaire. Certaines grandes maisons d'édition font un travail remarquable et des petits indépendants un travail horrible. Mais je suis pour parti d'accord avec une majorité de remarques : le vieux modèle imposé à toutes et tous par la diffusion-distribution traditionnelle(pouvoir logistique immense qui appartient aux plus gros éditeurs...) s'essouffle. Il faut réinventer une façon de travailler les uns avec les autres dans un système globale plus "communautaires" et se défaire de la vieille structure verticale d'assujettissement économique.
Une remarque cependant, il ne faut pas rêver : pour produire un objet si simple qu'un livre, il faut plusieurs professionnels, même en auto-édition. Dans ce dernier cas, ce sera réduit à une machine d'impression à la demande avec un opérateur, mais combien coûte-elle ? Cher, très cher. Le livre, si nous devons parler ainsi, ne dégage pratiquement pas de marges ou si faiblement...
Je pense que ce qui prévalait dans le discours de l'auto-édition et de sa considération par les pouvoirs publics et les grands acteurs du secteur, n'est plus suffisant. C'est un des futurs grands travaux à mener dans le cadre de politique culturelle réfléchie.
;)http://www.editions-du-murmure.fr/

Écrit le 22/07/2013 à 11:51

Répondre | Alerter

Publié par jel

en réponse à libervitalis  

Sauf erreur, on parle d'auto-édition numérique.
L'impression à la demande est une chose en plus, mais différente, puisque l'on revient à un modèle axé sur le 'papier'.

La sélection - par un lecteur - d'un livre (auto-édité ou non) repose sur :
- la notoriété/valeur de l'auteur (il est connu / j'ai aimé ses autres livres,…)
- le bouche à oreille (goutez moi ça !)
- une sélection éventuelle par un éditeur;
- le marketing (il ne faut pas rêver si on n'a pas obtenu un prix quelconque)
- le rapport qualité/prix (ramené à un critère physique, comme la page, pondéré par les autres critères)
- la disponibilité
- …

Pour un auteur auto-édité en pur numérique, existent :
- le bouche à oreille
- les commentaires réels (quand ils sont louangeux à l'extrême, effet inverse);
- le rapport qualité/prix (supposant donc connus, un certain nombre d'éléments : auteur, nb de pages, sujet, appartenance à une série,…)
- le nombre d'achat (supposé non trafiqué)


Le problème, est que au vu du faible poids actuel du numérique, un auteur peut avoir la tentation de passer en 'papier' pour diffuser plus, dans l'immédiat.
Pour les lecteurs - rares actuellement - ayant basculé pour le (tout ?) numérique, ce n'est pas significatif, mais pour la majorité habituée au 'papier', le choix est beaucoup plus difficile.

Un éditeur ('papier') est supposé prendre un risque [ ;) ], tente de le minimiser (gain maximum), mais peut passer à côté d'un livre 'admissible', non garanti en termes de succès.
Un auteur auto-édité (numérique) ne risque rien, sauf d'être dédaigné. (Perte de temps)
Un éditeur numérique peut - selon les cas - faire des choix, mais les risques étant quasi nuls, n'a rien à perdre (le coût étant inférieur à une journée de travail).
--------------
Fléau, définition : "Ce qui détruit, ravage quelque chose (matériel ou moral) ou quelqu'un."
Un fléau est quelque chose qu'on ne peut - par nature - éviter.
Ou est le ravage ?
Ah, peut être ici chez les éditeurs traditionnels… voyant un marché leur échapper ;)

Écrit le 05/08/2013 à 14:45

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Pourquoi écrivez-vous, Olivia Elkaim ?

  . Olivia Elkaim est l'auteur de trois romans : Les Graffitis de Chambord (Grasset, 2008), Les Oiseaux noirs de...

Une Biblioboite ? Avec quoi dedans ?

Grace à ma Biblioboite, je suis e-Bibliothécaire ambulant maintenant ! Avoir une Biblioboite c'est bien… mais s'il...

Facebook, une vraie fausse bonne idée pour les auteurs indépendants

Les auteurs — et en particulier les auteurs indépendants — ont du pain sur la planche. S'ils souhaitent être lus, ils...

Livre numérique gratuit

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com