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L' "évangélisation du livre numérique" par de nouveaux formats de textes

La croix et la bannière des éditeurs traditionnels

Le mercredi 12 juin 2013 à 16:44:07 - 1 commentaire

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Le Salon Online sur les nouveaux usages et technologies mobiles s'est ouvert ce matin porte de Versailles. L'occasion toute trouvée d'aborder la naissance en Europe du m-commerce - achat via terminaux de téléphonie mobile, mais aussi de revenir sur la lecture numérique multi-supports.

 

 


(de g. à d, Nicolas Francannet, Armand de Saint-Sauveur, Elizabeth Sutton, Sébastien Rouault).

 

 

Sébastien Rouault, chef de groupe Livre chez GfK Consumer Choices  a ouvert la table ronde avec les chiffres du marché encore bien loin des volumes américains. Néanmoins, il le précise d'emblée, les indices ne mentionnent pas le marché des applications, susceptible de faire grimper sensiblement les taux. Avec 2,2% et 2% de parts du marché éditorial numérique, les Pays-Bas et l'Allemagne figurent en tête des pays européens consommateurs d'ebooks. La France de même que l'Espagne flirtent encore avec les 1% (0,9).

 

Décollage... immédiat ?

 

Quand le marché décollera-t-il en France comme aux États-Unis ? À la question un peu simpliste, il rappelle que la situation nord-américaine – 25% de la littérature au format numérique – repose sur une politique tarifaire très agressive d'Amazon dans les années 2008-2009. Un contexte inconcevable en France avec les garde-fous de la loi Lang sur le prix unique du livre et le maillage serré de librairies, cas similaire en Allemagne. La vente à perte de Kindle de première génération a permis au géant américain de s'approprier le marché.

 

Suivant les estimations de l'institut, à l'horizon 2015, le nombre de téléchargements d'ebooks devrait atteindre les 110 millions - écart supérieur - hors streaming et marché des applications, soit 3% du marché français. Bien loin des résultats à deux chiffres outre-Atlantique. Des courbes de ventes qui marquent pourtant le pas. Avec 0,6% de parts pour l'édition française, il ne s'agit plus de se focaliser sur les early adopters, les acheteurs précoces qui prescrivent l'usage de l'encre numérique semblent avoir atteint leur seuil de développement, mais plutôt s'attarder aux petits lecteurs dont la consommation entre 1 et 5 livres par an laisse espérer une marge de progression.  

 

Le Baromètre REC+ avril 2013 pointe une préférence du support physique du livre nettement supérieure – très forte préférence – aux autres supports multimédias comme les jeux vidéo ou les chansons – sans préférence particulière. Offre encore limitée, politique de prix peu satisfaisante, sont autant de paramètres qui freinent son développement. Quant aux différences de prix selon les grands formats, poche et numérique, Hedwige Pasquet, Responsable Gallimard Jeunesse, laisse comprendre que la primauté du nouveau va au papier avec des sorties numériques seulement 30% moins chères que les grands formats. Et un alignement du prix sur le poche pour le fonds historique.

 

"Les prémisses d'un marché"

 

Un alignement défavorable qui ne l'empêche pas de concéder un rôle de plus-value sur les fichiers numériques enrichis, « mal-aimés », selon la consultante et ex-responsable marketing chez Amazon puis Hachette. Même si sur ce créneau, l'offre est encore balbutiante et les tarifs répercutent immédiatement les coûts de développement. On ajoutera également la difficile équation de développement « lourd », « cher » d'applications vendues à prix modique, ce que le défaut d'interopérabilité accentue.

 

« Les prémisses d'un marché », tout reste à faire en matière de nouveaux biais de prescription à l'heure du web, estime-t-on chez Gallimard. L'accompagnement des libraires, qui en dehors de quelques initiatives d'indépendants en matière de distribution ont trop peu souvent de site internet ou de système d'achat en ligne. .

 

S'appuyer sur les réseaux, mais surtout, il s‘agit de faire des déclinaisons d'applications selon les marchés locaux en lien avec un support de partenaires étrangers. Ainsi, la n°1 jeunesse de chez Gallimard rappelle les très bons chiffres de l'application Scholastic, dans les 100 applications les plus plébiscitées de Noël. Et adapter les usages selon les supports de lectures puisque « les enfants ne font pas appel aux mêmes types d'intelligence entre la lecture et internet ».

 

 Expérimenter, avant tout

 

Une réflexion largement entamée par Nicolas Francannet, directeur associé de StoryLab. L'éditeur numérique a façonné de nouveaux concepts de micro lecture, des textes courts adéquats entre deux stations de métros jusqu'à 30-40 min de lectures pour finir un récit. Priviliégier le short text et les novellas qui s'intègrent d'eux-mêmes à la consommation sur écran réduit de smartphone. « Un franc succès » avec 2.000 téléchargements, quand des auteurs papiers en tête de gondoles font les mêmes scores tout en restant considérés comme écrivains best-sellers.

 

La promotion d'une littérature numérique typique n'a pas empêché un partenariat avec les éditions Intervalles. L'éditeur Armand de Saint-Sauveur croit « paradoxalement au papier », et propose en format papier et pulpe la production éditoriale de StoryLab. « Cette évangélisation du livre numérique » passe par l'offre groupée d'un format papier qui donne accès au téléchargement gratuit d'un ebook de la même collection.

 

Les résultats ne sont pas encore là, mais les deux partenaires misent sur le placement d'une collection dans la durée. Hedwige Pasquet relève les succès dus au web avec « 50 nuances de Monsieur (sic) Grey ». Elizabeth Sutton aussi relève les « Nuances de Gris » mais sermonne plutôt sur l'absence des affiches publicitaires de l'offre numérique pour le dernier Dan Brown. Un cas d'école.

 

En guise d'invite, Elizabeth Sutton, lance l'ancienne « produisez, produisez, produisez ». Des forfaits au chapitre, à l'entrée thématique, propice à un public universitaire, l'abonnement à des bibliothèques en ligne : les idées ne manquent pas pour du « cross business ». Mais pose la question des tarifs réduits très agressifs des moteurs du secteur comme Arlequin et Bragelonne. Avec des opérations à moins d'un euro l'ebook, le risque est à ce que les éditeurs se coupent des libraires hostiles au numérique ou qui raisonneraient en guerre de formats.

Pour approfondir

photo Bastien Morel

   

Chroniqueur-interviewer culture, web & phénomènes de société.

 

Mots clés :
formats - hachette - gallimard - storylab



Réactions

Publié par IDBOOX

 

Bonjour merci pour votre article. Lors de la conférence je n'ai pas dit "pose la question des tarifs réduits très agressifs des moteurs du secteur comme Arlequin et Bragelonne...la consultante craint que les éditeurs se coupent des libraires qui raisonnent en guerre de formats." J'ai dit que les éditeurs comme Harlequin et Bragelonne ont choisi une stratégie de prix aggressive et que c'est grâce à cela qu'ils faisaient un volume de vente conséquent. Je n'ai pas opposé cette stratégie aux libraires.
Merci de votre attention
Elizabeth Sutton IDBOOX.com

Écrit le 12/06/2013 à 17:14

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