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La revente d'ebook, ou le problématique marché de l'occasion

Très problématique...

Le lundi 18 février 2013 à 14:06:50 - 1 commentaire

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À l'occasion de la conférence Tools of Change 2013, la vente de livres numériques était au coeur des préoccupations. Avec plus précisément la question de la revente d'ebooks, qui a monopolisé l'attention. Bill Rosenblatt, président numérique de Giant Steps Media s'est penché sur la question. Et bien d'autres avec lui. 

 

 

 

 

La société ReDigi, une nouvelle start-up qui s'est décidée à envahir le marché du livre numérique d'occasion, est dirigée par John Ossenmacher. Durant une table ronde, c'est le droit des consommateurs à revendre des fichiers numériques qui est interrogé. Le modèle économique de ReDigi reposerait entièrement sur cette revente, où la société prendrait un pourcentage, tout en reversant aux éditeurs et aux auteurs une part de la vente. Un fonctionnement intéressant, surtout que récemment, un brevet déposé par Amazon et validé par les États-Unis, montre que le géant du net s'intéresse tout particulièrement à ce sujet. 

 

Les capacités de séduction d'Amazon, tant vis-à-vis des clients que des auteurs sont infinies : si la revente de livres numériques devenait une réalité, Rosenblatt a déjà amplement expliqué que l'industrie vivrait des heures sombres. Tout le monde sera pourtant gagnant dans un tel environnement, et plus encore les clients et les revendeurs. Mais la finalité sera clairement la mort des bibliothèques - si elles ne sont pas autorisées à proposer la location de livres numériques.

 

Et aux différents niveaux de la chaîne du livre, les conséquences seront nuisibles. Pas vraiment un radieux avenir ? « Peut-être l'augmentation de l'activité économique de la revente de livres numériques permettrait de compenser les pertes dans les ventes de cette nouvelle économie », avance-t-il toutefois. Mais la vision reste sombre. Pour l'auteur, la revente devra être sévèrement encadrée, pour éviter qu'une industrie parallèle ne se structure, excluant le créateur. 

 

Une histoire de confiance... dans le monde numérique ?

 

De leur côté, les bibliothèques ont mis en place une campagne revendiquant le fait qu'acheter un livre numérique, pour leur catalogue de prêt, signifie qu'elles devraient le posséder. La Owners Rights Initiative, impulsée par l'American Library Association, pour que le pays avance sur ce projet, veut imposer des échanges commerciaux moins nuisibles pour les établissements de prêt. Un élément qui est tellement proche de la question de la revente d'ebooks d'occasion...

 

À l'heure actuelle, Amazon, dans ses conditions générales de vente, empêche clairement de tenter, voire d'imaginer, qu'un livre numérique acheté dans ses étals puisse être revendu. Mais pour Rosenblatt, le simple fait que l'on parle d'un transfert de fichier rend la situation impensable : comment croire que l'ebook sera supprimé définitivement depuis l'ordinateur ou l'appareil de lecture de son vendeur ? 

 

L'un des enjeux passerait par une technologie appelée Forward & Delete, mais celle-ci pose un problème : le processus technique réalise une copie cachée dans l'infrastructure de l'appareil de lecture, et les tribunaux américains doivent encore s'exprimer sur la légalité de cette méthode. C'est d'ailleurs sur ce principe que repose le brevet d'Amazon, pour encadrer la revente de produits numériques. Or, en 2001, un rapport du Bureau du Copyright était relativement formel, sur la question du marché numérique d'occasion. « Vous ne pouvez pas faire confiance aux consommateurs dans la suppression de fichiers qu'ils revendent ». Et il semble bien que depuis, les conclusions n'aient pas trop changé.  

 

 

 

 

 Pourtant, deux jours plus tard, dans une autre conférence, la société ReDigi, qui a ouvert fin 2011 sa première boutique de vente de contenus numériques d'occasion, dans le domaine de la musique, témoignait de sa réussite. Brève, toutefois, puisqu'en janvier 2012, l'éditeur Capitol Records décidait de porter plainte pour violation du droit d'auteur. ReDigi.com, pour le coup, est alors resté en version bêta, en attendant que les avocats des deux parties ne parviennent à trouver une solution technique et juridique. 

 

Pourtant, le PDG a toute confiance : le principe de son moteur de vérification des fichiers est fiable : il détermine si un morceau ou un ebook, a été téléchargé légalement, auquel cas il peut alors être revendu. Impossible dans ce contexte de parvenir à vendre des produits contrefaits. Et dans ce contexte, ReDigi souhaite véritablement pouvoir revendre des livres numériques, quel qu'en soit le format, ou la plateforme sur laquelle ils ont été originellement achetés. 

 

On se souviendra que la Cour de justice de l'Union européenne a statué dernièrement contre l'éditeur de logiciels Oracle, qui attaquait un particulier pour la revente d'un logiciel. En outre, la Federation des consommateurs allemands avait perdu un procès, toujours sur la même question de revente d'un produit culturel numérique. Un distributeur de jeux vidéo était attaqué, pour avoir tenté de se lancer dans ce marché. L'association défendait et soutenait fermement que les consommateurs qui avaient acheté le jeu de l'éditeur Steam possédaient réellement ce qu'ils avaient acheté - et comme tous les propriétaires d'un achat, ils ne pouvaient en être dépossédés.

 

La conversation continue...

Sources : Publishers Weekly , Publishers Weekly

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
occasion - livres numériques - revente - plateforme



Réactions

Publié par jel

 

Achat d'ebook (livre numérique)
Soit on fait l'acquisition réelle de quelque chose et on a le droit de revendre (CEJ).
Soit on n'achète qu'un droit de lecture.

1er cas : on paye l'auteur et les frais correspondant à l'édition.
Avec cependant un prix nettement moindre pour le numérique (mettons 50% du prix poche) car une bonne partie des coûts s'évapore et le coût marginal de production est… faible.
Et on a le droit de revendre ce que l'on a acheté.

2e cas : on paye le droit de lire 'une fois'
Dans ce cas, le coût à payer est de l'ordre de ce qui correspond à l'abonnement à une bibliothèque/médiathèque.

Problème : on met en évidence le fait que beaucoup de livres achetés sont rarement relus (en supposant même qu'on les lise jusqu'à la fin ;)

Oui, je suis pour l'option : choisir si on veut l'achat réel - avec ses droits liés - ou le droit de ne lire qu'une fois, mais à un coût de l'ordre du millième d'un coût d'achat déjà réduit.
Moins de 10 centimes d'euro. Un simple droit d'emprunt.

Je ne suis pas sûr - si on raisonne dans l'absolu - que le fait d'interdire la revente soit une si bonne idée que cela, pour les éditeurs ;)

3e cas possible : Accessoirement…
Que va faire le chaland lambda s'il estime qu'acheter n'est qu'une tromperie ?
(Cela a la couleur de l'achat, le goût de l'achat, et surtout le coût de l'achat [;) ] mais…)
Se procurer une copie numérique 'underground' ?
Non, il n'oserait pas !
Ce serait malhonnête de ne pas se laisser spolier ;)

Écrit le 18/03/2013 à 17:22

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