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Le numérique sauve les oeuvres de l'oubli

Toute la mémoire du monde

Par Antoine Oury,Le mercredi 08 février 2012 à 07:44:58 - 0 commentaire

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Et si la numérisation offrait une deuxième vie aux livres négligés, perdus de vue, à ces chefs d'oeuvre de l'ombre qui sont injustement ignorés? En réduisant les coûts, et donc les risques financiers, le livre numérique ouvre de nouvelles possibilités pour les éditeurs et les auteurs.

 

Il y a un peu plus d'un an, dans un discours prononcé à l'occasion de la signature de l'accord-cadre sur la numérisation et l'exploitation des livres indisponibles du XXe siècle, Frédéric Mitterrand se faisait le chantre de la numérisation des oeuvres oubliées: « Un livre indisponible, c'est un pan de mémoire qui tombe, c'est une parcelle de patrimoine qui s'efface, c'est aussi une oeuvre artistique qui s'oublie elle-même. L'outil numérique nous permet aujourd'hui de mettre à la portée de tous des contenus culturels de qualité. »

 

Depuis, en France, le schmilblick n'a pas beaucoup avancé... Ce n'est pas faute d'avoir essayé, à l'image d'Hervé Gaymard, et sans aucune inclination cupide, évidemment. (voir notre actualitté)

 

Exceptée... Exceptée bien sûr l'initiative dont nous vous parlions il y a quelques semaines avec le lancement de l'initiative REPRINT par Publie.net : « Alors porte largement ouverte aux auteurs : REPRINT, en proposant ces textes sous forme numérique, en permet l'accessibilité large et immédiate, autorise à les réviser, les augmenter, en tout cas de leur laisser vivre à nouveau leur vie de livre. » (voir notre actualitté)

 


Amusante coïncidence, c'est le même nom qui a été choisi par la maison d'édition américaine Dzanc Books pour désigner un programme similaire : rEprint. Le co-fondateur Steven Gillis s'est posé la question : « Pourquoi nous limiter à l'édition d'une poignée de livres par an? [...] Nous avons eu cette idée : pourquoi ne pas chercher du côté des grandes oeuvres littéraires qui ont été publiées avant le numérique et les remettre sur le devant de la scène en e-books? »

 

Et la méthode de sélection est subjective : Gillis et son compère Dan Wickett ont contacté les auteurs qu'ils apprécient le plus, leur demandant leur collaboration. Évidemment, « la plupart se sont montrés très enthousiastes » et les contrats de droits pré-années 2000 se sont avérés les plus simples à contourner, puisque la possibilité d'une publication numérique n'y était même pas abordée. L'un des auteurs, Stephen Dixon, a visiblement été séduit : il a lâché à Dzanc Books 24 de ses ouvrages sur les 28 publiés à ce jour ! Plus grand coup pour Gillis et Wickett : la nobelisée Nardine Gordimer, qui a accepté la numérisation de six  de ces ouvrages.

 

Gillis annonce avoir signé pour la republication de près de 500 titres d'ici la fin 2012. La concurrence d'Amazon, bien que réelle, ne lui fait pas plus peur que ça : « Il est difficile de rivaliser avec Amazon depuis que celui-ci s'intéresse à l'édition. Mais [pour les auteurs] c'est un pacte avec le diable : s'il publie leur livre, il obtient l'exclusivité et il faut alors se contenter uniquement d'Amazon... Après, ils balancent le cash, donc il est évident que les agents se disent "C'est le meilleur contrat possible..." »

 

La réduction des coûts permise par le numérique est en tout cas la possibilité pour les éditeurs de prendre plus de risques, de publier des oeuvres peut-être moins formatées aux goûts du public et donc plus de chances de le surprendre. Ce qu'aucun lecteur ne déplorera.

Sources : Publishing Perspectives , Dzanc Books

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