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Numérisation de patrimoine : préparer en amont, valoriser pendant

Penser le papier numérique avec Arkhênum

Le mercredi 19 juin 2013 à 11:14:38 - 0 commentaire

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Protéger, pérenniser, valoriser. Derrière la question de la numérisation d'archives et de patrimoine culturel, les questions à poser sont nombreuses entre la nomenclature de l'archivage, la création de notices et l'enrichissement de contenus. Lors d'une conférence à Paris, la société bordelaise Arkhênum relate 14 ans de numérisation de savoirs.

 


Manuscrits de Tombouctou, le scanner protégé au moment de l'invasion a été retrouvé intact il y a peu 

 

 

La numérisation, aurait tendance à être pensée comme un outil de conservation du support : papier, verre, parchemins. Mais ce serait oublier la problématique des couleurs entre sauvegarde et restitution fidèle. À la manière du travail des imprimeurs, l'établissement d'une mire permet de restituer avec fidélité les pigments utilisés. Une précision mesurée par informatique qui n'empêche pas une déperdition des valeurs suivant la compression et les aléas techniques.

 

Mais avec une gamme chromatique à 16 millions de nuances, les réglages automatiques permettent de retrouver une copie plane identique. Et possède l'avantage de ne pas rajouter à la main un gain de couleur, ce qui peut faire ressortir certaines couleurs, mais trahir la similitude. Un cliché de Rimbaud sert d'exemple pour montrer ce qu'une technologie donnerait.

 

 

4 ans de numérisation, des fichiers de 100Mo,

un facteur temps/stockage déterminant

 

 

Malgré les mesures sur capteurs, il y a toujours « ce qu'on appelle du bruit électronique », explique Christian Chabrier, directeur associé d'Arkhênum, une perte pas toujours visible à l'oeil humain. L'occasion est donnée de parler formats, les Tiff, dont le poids peut atteindre les 100Mo pour un seul fichier sans compression, jusqu'aux variétés de Jpeg avec perte en cas de compression modeste. Plus que pour toute autre phase, le prestataire de numérisation rappelle l'importance de choisir le bon compromis entre volume de stockage disponible, temps de numérisation et nombre de scans à réaliser. Sans oublier « le temps que prend la migration de milliers de Tiff », rappelle le co-directeur. « Il faut poser les questions en amont », ajoute-t-il.

 

 

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Aussi parfaite que soit la copie numérique, elle témoigne de la perte d'une dimension : le passage d'un volume en relief à une copie en 2D. Avant même de penser à la valorisation des contenus numérisés avec des procédés multimédias, plusieurs questions se posent. Comment restituer le contexte autour du document comme la reliure, la taille du livre ? La numérisation suppose une méthodologie adaptée au document, comme en témoigne un état de service militaire d'un soldat de la Grande Guerre.

 

À la fiche cartonnée originale a été adjoint des feuillets collés en tout sens, « un collage », vrai « jeu de lego ». Le cadrage pour démarquer le cadrage a son importance pour évoquer la globalité du document. Le nombre de « vues » ou numérisations d'un même document sous plusieurs angles ou dépliage en est une autre. Rappeler l'exhaustivité de points de vues, l'enjeu a d'autant plus son importance quand une utilisation publique auprès de visiteurs est envisagée.

 

Des contrefaçons repérées par zoom numérique

 

Et c'est précisément sur ce genre de mode préparatoire que revient largement Christian Chabrier. Il est question de rendre un aperçu fidèle, mais aussi donner toute latitude à une exploitation enrichie auprès du public. Des cadres larges, d'autres rapprochés, la très haute définition a ainsi permis de découvrir sur un artefact médiéval que des pierres précieuses incrustées étaient des contrefaçons placées pour dissimuler un vol. Après zoom, il s'est avéré qu'il s'agissait de verroterie colorée avec du tissu placé à l'intérieur. 

 

Miser sur la qualité de la résolution, penser au potentiel de valorisation par le multimédia (ajout de son, d'animation), mais surtout se rapprocher du format analogique. Chabrier cite un prix de l'innovation accordé à une technologie de feuilletage, toujours dans l'idée de compenser la 2D, afin que la numérisation ne soit pas pensée comme simple copie pérenne dans le temps, mais format à valeur intrinsèque, capable de retrouver le plaisir de la consultation sur support original et doté de réelles plus-values.

 

 

 

 

Comprendre la numérisation des savoirs suivant les besoins est aussi l'occasion de se promener dans la diversité patrimoniale. Fonds de l'abbaye de Clairvaux, établissement contre-la-montre des registres de matricules pour la commémoration centenaire de la guerre de 1914, bibliothèque de Saint-Omer, les impératifs de conservation, le temps médiatique donne à voir un travail de numérisation ancré dans le temps. Entre deux anecdotes, Christian Chabrier relate aussi une commande de Météo France qui souhaite chercher dans ses archives si les aléas climatiques de ces derniers temps ont un précédent. Et toujours la technicité au premier plan.

 

 

 

L'impression, le contrôle de la compression suivant le stockage disponible, et la rédaction de notices. Une indexation en XML bien connue des éditeurs passant au numérique leurs vieux fonds papier. Ici, l'on parle d'EAD (description archivistique encodée) ou plus simplement un système de reconnaissance de fonds rédigé en XML. Le Dublin Core, ce renseignement textuel, se traduit par une normalisation de la rédaction de notices à trous. Certes rébarbative, elle à l'avantage d'associer nomenclature d'archivage simplifiée, et donc recherche aisée, mais aussi utilisation facile de notices complètes sur écrans, pour les visiteurs notamment. Les cartels de musées à manipuler sous les tableaux paraissent bien obsolètes en comparaison.

 

Il y a peu, le quotidien régional le Télégramme a fait appel à Arkhênum, et cette fois, les archives de Roubaix nécessitent quelques développements sur cette base standardisée de Dublin Core. Prendre toujours en compte l'originalité de la source. Cette fois, la fiche en XML renseignera la nature du document (article, encart publicitaire, illustration) afin de reconstituer facilement la maquette complète à défaut de robots de reconnaissance suffisamment performants. Comme dans d'autres travaux plus contestables, Google pourrait permettre à l'avenir une meilleure indexation. Par exemple, la fusion de fonds selon des typologies similaires.

 

 

 


 

 

C'est dans le cadre de cette utilisation enrichie d'archives que la société bordelaise a développé YooLib. L'application en ligne propose des services multiplateformes, interopérables et gère un vaste ensemble de métadonnées comme tout back-office professionnel. Outil de contextualisation, cette librairie numérique permet l'import/export de fonds, l'ajout de frises, d'un panorama complet plutôt qu'une austère page blanche de recherche.

 

Côté internaute et visiteurs physiques, la librairie intégrée se modélise sous la forme d'un portail avec catalogue, widgets, fil d'actualités et fonctionnalités 2.0. Cette capacité sociale de faire participer les internautes est un autre point à ne pas négliger. La banque du savoir aquitain a ainsi reçu l'aide de passionnés pour apporter des détails sur le contexte de plusieurs clichés. Après la valeur ajoutée du multimédia, le milieu patrimonial a tout à gagner en associant les amateurs d'histoire.

 

 

Pour approfondir

photo Bastien Morel

   

Chroniqueur-interviewer culture, web & phénomènes de société.

 

Mots clés :
arkhênum - numérisation - patrimoine - scan



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