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Pourquoi il faut se débarrasser des verrous numériques
Osprey à tout
Par Antoine Oury,Le vendredi 13 juillet 2012 à 16:39:17 - 4 commentaires
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La question est soulevée par Rebecca Smart, PDG du groupe éditorial Osprey. Formé par Osprey Publishing, Shire, Old House et Angry Robot, le conglomérat s'est distingué de ses concurrents en développant une politique « 0 DRM » encore rare dans l'édition numérique. Principalement à cause des Store des revendeurs, qui imposent des verrous pour garantir l'intégrité de leur système marchand.
(auteur : Martin Krzywinski)
Pour Smart, il est clair que le DRM (Digital Right Management) ne fonctionne pas : d'après elle, il serait même néfaste au consommateur lambda, celui qui paye, en restreignant ses possibilités d'accès aux fichiers achetés légalement. Les DRM ont en effet une fâcheuse tendance à restreindre l'interopérabilité, ce mot barbare qui signifie qu'un fichier acheté sur Kindle ne sera lisible que sur Kindle, par exemple. Sur ses applications, Apple a récemment eu la mauvaise surprise de voir ses DRM se retourner contre lui en faisant bugger des dizaines d'applications...
Par ailleurs, Osprey a avant tout pensé à la publicité indirecte que le piratage peut leur fournir : certes, les exemplaires piratés ne seront pas vendus (et encore, on sait que les téléchargeurs sont aussi les plus gros acheteurs), mais seront plus efficaces qu'une publicité virale si le contenu est à la hauteur. Par ailleurs, en supprimant les verrous numériques de ses fichiers, notons que la maison a des chances d'être bien vue par le grand public, ce qui pourra toujours servir. Coopérer avec les pirates peut parfois s'avérer salvateur... (voir notre actualitté)
« Mais la plus grande justification à notre philosophie du 0 DRM reste que notre modèle économique repose sur des ventes répétées à de fidèles clients » explique Rebecca Smart, qui développe ensuite l'idée d'un « gang » où auteur, éditeur et lecteur font les 400 coups ensemble. Une forte identité qui permet peu à peu à la maison de devenir une référence, les auteurs attirant leurs confrères et les lecteurs leurs semblables.
Enfin, elle souligne que les éditeurs passent, avec les DRM, pour « des gamins pleurnicheurs », et que leur seule échappatoire réside bien dans l'efficacité de la « valeur ajoutée » qui, pour le coup, ne dépend que d'eux-mêmes... Pour les autres, il y aura toujours le tatouage numérique, qui reste un DRM, mais moins contraignant, du moins au niveau de l'opérabilité. En effet, le fichier n'est pas verrouillé mais affiche un numéro de série qui permet d'en identifier le propriétaire, et donc celui qui l'a lâché sur les terres sans frontières de l'Internet... Un peu comme pour une carte bancaire, il sera possible de retracer les lectures... Pas sûr qu'on soit gagnant.
Sources : Digital Book World , ZD Net , Teleread
Pour approfondir
Mots clés :
DRM verrous numériques -
Osprey Group -
Apple -
interopérabilité
Publié par TheSFReader
Il me semble que si le tatouage donne une "traçabilité", c'est également le cas des DRMs : de manière générale, je crois qu'ils incluent aussi des informations d'identification.
On peut noter aussi que les outils de suppression de DRMs en général ne suppriment pas ,ces informations, et reviennent donc à passer de DRM à Watermark.
Les Watermarks sont donc bel et bien supérieurs (même si imparfaits).
Publié par Dominique
Je suis étonné des conclusions de l'article. Il suppose que le tatouage des fichiers ne soit pas d'un grand intérêt pour le consommateur (« Pas sûr qu'on soit gagnant »)
Par principe, je refuse d'acheter un livre assorti de DRM. Les DRM présupposent que je suis un voyou potentiel sans même me connaître.
Le tatouage me fait reprendre mes responsabilités. Je sais que je n'ai pas à mettre en ligne un fichier avec des droits d'auteur. En revanche, je veux pouvoir passer mon fichier à mon épouse ou mes enfants comme je leur passe un livre papier et le tatouage m'y autorise, contrairement aux DRM.
De mon point de vue à moi tout seul et que je partage, le tatouage ne me gêne pas.
Publié par Muge
en réponse à Dominique
Tout à fait d'accord avec l'approche de Dominique ! Le tatouage est une bonne solution, flexible, qui devrait se généraliser.
Publié par puyopuyo
en réponse à Dominique
à Dominique :
l'idée du tatouage numérique comme forme de responsabilité parait effectivement séduisante mais qu'adviendra-t-il si vous vous faites voler vos livres ? rappelez vous qu'aux yeux des politiques (devrais-je dire des majors ?) la présomption d'innocence n'existe pas dans le monde du numérique.
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