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16e journée contre les violences faites aux femmes

Fred Ricou - 30.11.2015

Ailleurs - femmes - violence - excision


Petite victoire. Aujourd'hui 25 novembre 2015, 16e journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la Gambie vient de décréter interdite l'excision. Cette mutilation génitale que, chaque année, deux millions de fillettes subissent principalement en Afrique.

 

Femmes battues, violée, mutilée. L'Organisation Mondiale de la Santé a rappelé l'année dernière que près de 35% des femmes et filles se retrouvent confrontées au cours de leur vie à une forme de violence physique et/ou sexuelle.

 

En France, encore aujourd'hui, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Prés de 216 000 entre 18 et 75 ans sont soumise à une violence physique et/ou sexuelle dans leurs relations conjugales.

 

Parce qu'ici aussi, il faut poser des mots sur les maux, nous sommes allé chercher quelques textes en littérature jeunesse sur ces violences inadmissible.

 

 

La tête ne sert pas qu'à retenir les cheveux

 

Où l'on retrouve les femmes de la famille Bocoum. De retour à Villepinte après des vacances au Sénégal, Ernestine confronte ses rêves de cinéma à la réalité étriquée des castings. Dado, elle, met à l'épreuve ses principes de femme libre et indépendante en se découvrant amoureuse. Quant à Awa, en terminale, elle réfléchit à son avenir. Lors d'une visite chez la gynécologue, elle apprend qu'elle est excisée – elle n'a jamais entendu ce mot auparavant – et découvre cette pratique mutilatrice. La colère qui l'envahit d'abord fait rapidement place à l'urgence : comment protéger ses sœurs ? 

 

Pauline Penot

Sabine Panet

 

Ed. Thierry Magnier

 

Maïmouna qui avala ses cris plus vite que sa salive

 

Quand Maïmouna se réveilla ce matin-là sous le ciel bleu et revêtit son pagne neuf à fleurs ­rouges, elle ne se doutait pas que les oiseaux au bec coupant avaient planifié l'acte irréparable qui l'empêcherait à jamais de s'ouvrir au monde en toute confiance…

 

Yves Pinguilly
N'naplé Coulibaly
Caroline Palayer 

 

Ed. Vents d'ailleurs

 

La première fois, on pardonne

 

Elodie, 15 ans, s'est réfugiée chez sa grand-mère, alors que sa mère a quitté le domicile conjugal pour fuir la violence du père. En feuilletant les albums de famille, l'adolescence cherche à mettre des mots sur leur vie passée : pourquoi leur mère s'est-t-elle tue aussi longtemps ? Pourquoi cette barbarie chez son père ? Grâce à la présence aimante de sa grand-mère et aux entretiens avec une psychologue, elle va chercher à affronter la vérité. 

 

Ahmed Kalouaz

 

Ed. Le Rouergue

 

Je suis en Chine

 

C'est une enfant comme toutes les autres, ou presque ; elle se lève, va à l'école, en revient, fait ses devoirs, se couche. Sauf que, chez elle, la peur l'attend. Les cris de sa mère, victime de violences conjugales. Ces cris que la petite fille s'efforce désespérément de ne pas entendre. Comme le bruit des coups, les remarques blessantes.
Alors elle s'évade, dans une Chine de fantaisie, royaume fabuleux réinventé pour lui offrir une autre vie. En Chine, elle contemple la beauté, savoure chaque minute d'une existence préservée. Elle apprend la patience et le courage. Elle apprend aussi à se battre.
Jusqu'au jour où la frontière entre fiction et réalité disparaîtra : alors, elle se dressera devant celui qui fait souffrir sa mère, pour la venger. 

 

Christine Féret-Fleury

 

Oskar jeunesse

 

Gisèle Halimi : Non au viol

 

La jeune Sarah rêve d'être avocate. Elle rencontre Gisèle Halimi et découvre ses luttes pour les droits des femmes : sa défense, en 1972, lors du procès dit "de Bobigny", de Marie-Claire, une jeune fille qui s'était fait avorter à la suite d'un viol ; mais aussi son combat, en 1978, à Aix-en-Provence, pour que les violeurs de deux jeunes campeuses soient reconnus coupables. Ce procès, devenu le procès du viol, a permis, en 1980, que ce crime soit clairement défini dans le Code pénal.? Mais les mentalités, elles, n'ont pas changé. Et Sarah porte en elle un lourd secret, que Gisèle va l'aider à exhumer.

 

Jessie Magana

 

Actes Sud Junior

La fois où j'ai écouté ma mère

 

Les menaces, les cris, les coups, ce soir c'en est trop. Une course à pied dans la nuit, un bus, un train, un car, et puis encore de la marche, une longue marche dans des sentiers de montagne… Et les voilà arrivées au refuge.
Mila n'est pas vieille et sa mère n'est pas veuve. Pourtant c'est là, avec Catherine, Mado, Marguerite, Clémence et les autres qu'elles vont trouver leur place. Loin de tout. Loin des hommes. Loin de leur violence. Ici, aux Ouches, des vieilles femmes blessées ont décidé de vivre en communauté, de restaurer les bâtisses, de partager l'essentiel, de se serrer les coudes, de se panser le coeur. La mère de Mila connaît l'une d'entre elles, et l'appelle « nourrice ».
La vie s'organise, rude et douce. Mila étudie, fait la lecture, se découvre des forces inconnues et un amour inattendu pour la montagne et sa sauvagerie. Elle se surprend à espérer que cette vie pourra durer. Elle se trompe. Là-bas, en ville, dans les brumes de l'alcool, les hommes ruminent une vengeance atroce.

 

Thierry Guilabert

 

Ed. L'école des loisirs



Les histoires sans fin