Apprendre la tolérance aux enfants : un drag queen qui lit, ça dérange ?

Victor De Sepausy - 04.08.2017

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Brandon James n’avait pas d’autre intention que de faire la lecture aux enfants. Et dans le même temps, de véhiculer des idées telles que tolérance, acceptation de l’autre... Il avait même prévu de faire cela dans une bibliothèque de Caroline du Nord. Problème : Brandon est un drag queen. Et les parents ne l’ont pas digéré.

 

 

Durant 11 années, Brandon a incarné le personnage de Princess Onya Mann. Aujourd’hui âgé de 30 ans, il avait prévu un rendez-vous avec des enfants dans la ville de Charlotte, dans la bibliothèque du comté de Mecklenburg. 

 

C’est en 2015, à San Francisco, que cette approche de lecture publique a commencé à se développer. Des drag queens ont ainsi rencontré des enfants, dans des bibliothèques, pour présenter des livres. Des événements qui ont fini par acquérir une certaine popularité et se reproduire à New York ou Los Angeles. 

 


 

 

Dans cet esprit, Brandon James avait donc planifié une rencontre-lecture – l’occasion pour lui de parler également de sa propre expérience. Il explique volontiers que de se découvrir gay, alors qu’il avait 7 ans, n’a pas été évident. Et grâce au soutien de sa grand-mère, il a pu traverser cette période, et accepter qu’il n’était en réalité pas différent. 

 

Quelle meilleure solution alors, pour participer à une plus grande tolérance, que de s’appuyer sur les livres ? Sauf que des organisations n’ont pas accepté de bon cœur sa démarche.

 

 

 

KeepNCSafe n’est pas vraiment un modèle de tolérance – plutôt réactionnaire et très conservateur, ce regroupement estimait que la présence de Brandon était dérangeante pour les enfants. Et en rien une aide pour eux. 

 

Rapidement suivi, le groupe a diffusé plusieurs messages pour s’opposer à ce qu’un homme habillé en femme – et qui plus est en princesse – soit invité dans une bibliothèque. Et les marques de soutien n’ont pas manqué : des sympathisants estiment en effet qu’un établissement public ne peut pas cautionner ni légitimer ce type de comportement. D’autant plus devant un public d’enfants. « Ce serait comme d’inviter des enfants à regarder un spectacle de malades mentaux dans un cirque », peut-on lire sur la page Facebook de KeepNCSafe.

 

Conclusion, la Charlotte Mecklenburg Library a fini par annuler le rendez-vous, prétextant que les lignes directrices de la programmation n’avaient pas été respectées. Les lectures d’histoires devant un jeune public doivent suivre un certain déroulement, et être effectuées par un personnel qualifié. Dont acte.

 

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Brandon est choqué, estomaqué, même : « Je n’ai jamais envisagé que les gens puissent voir cela comme un danger, car ces moments se déroulent dans un espace public avec les parents dans la salle. » 



Brandon James

 

Et de déplorer qu’un groupe « se serve de la peur et de cette propagande pour effrayer des parents qui auraient amené leurs enfants. C’est là une grande chance pour qu’enfants et parents puissent faire l’expérience de la différence, en toute sécurité et poser des questions sans appréhension, pour être finalement plus à l’aise avec ces choses. »

 

Ou pas, donc... 

 

 

via Huffington Post

 



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