Christine Nöstlinger : “Les enfants ont les pouces collés au smartphone”

Nicolas Gary - 14.07.2018

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Auteure autrichienne, qui publia plus de 150 livres au cours de sa carrière, Christine Nöstlinger est décédée à l’âge de 81 ans. Née à Vienne le 13 octobre 1936, son œuvre fut traduite en une trentaine de langues et en partie adaptée pour le cinéma. Elle reçut, entre autres récompenses, le prix Hans Christian Andersen et le prix Astrid Lindgren. 



SPÖ-OÖ, CC BY 2.0

 

 

 Christine Nöstlinger est connue pour des ouvrages qui allaient à l’encontre de toute forme d'autorité excessive : parmi ses thèmes de prédilections, la lutte contre toute injustice et oppression. Elle savait également manier l’humour avec brio, pour aborder des sujets graves et sérieux. 

 

“Je ne comprends plus ce monde de smarpthone”


Quelques semaines avant sa disparition, elle déclarait ne plus avoir l’envie de poursuivre dans la veine de la littérature jeunesse. « Mon enfance est déjà loin, et celle de mes propres enfants plus si jeune. Désormais, le monde est très, très différent et je ne le comprends pas. Cela ne signifie pas que j’ai une mauvaise opinion des enfants d’aujourd’hui », expliquait-elle au magazine News.

 

« Comment suis-je censée savoir ce qui anime les enfants, quand ils sont assis avec leur smartphone durant toute une demi-journée, et ont les deux pouces collés dessus ? » Douceur et lucidité…

 

Elle n’avait d’ailleurs pas toujours travaillé à ce segment littéraire : elle se distingua comme auteure de scénarios, de pièces radiophoniques ou encore de pièces pour le théâtre. Elle fut également critique littéraire pour différents médias. Durant sa carrière d’auteure jeunesse, elle fit paraître jusqu’à cinq ouvrages par an, et c’est à partir des années 70, quand cette littérature connut un véritable bouleversement après mai 68, qu’elle trouva pleinement sa place.

 

Psychédélique, pop et féministe :
la littérature jeunesse en mai 68

 

Elle parlait des expériences et du quotidien tant des enfants que des adolescents d’alors — des sujets centraux, comme les querelles familiales ou les conflits entre parents et enfants traversent ses livres. Elle racontait les rébellions contre des parents autoritaires, variant les styles entre comédie, ironie et spiritualité. Et probablement est-ce là ce qui rendit ses ouvrages si plaisants, y compris pour les adultes.

 

En 2003, elle fut la première lauréate avec Maurice Sendak de l’Astrid Lindgren Memorial Award, tout juste créé. Ce dernier est depuis considéré comme le prix Nobel de la littérature jeunesse. 




 

Ses livres ont été publiés et traduits principalement chez Hachette et à L’école des loisirs. On retiendra certainement Le roi des concombres (traduit par Jean-Luc Pinard-Legry) ou Le môme en conserve (traduit par Alain Royer et illustré par La Mouche), comme les plus emblématiques.
 

Roule galette, le Père Castor :
tout l'univers de Pierre Belvès

 

Son dernier livre fut publié par l’éditeur belge Mijade, Ilse est partie, en 2010 (illustration d’Annick Masson et traduction de Bernard Friot).




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