Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le projet #1000BlackGirlBooks atteint son objectif

Fred Ricou - 11.02.2016

Ailleurs - personnage féminin - noir - racisme


Il y a quelques semaines, une actualité a fait le tour du monde.

Trois jeunes filles noires du New Jersey, Briana, Amina et Marley, n'en pouvaient plus de voir leurs amies et elles-mêmes ne pas se retrouver dans les textes de littérature jeunesse à leur disposition. De façon assez amusante, les trois jeunes lectrices en avaient assez de « lire des histoires avec des garçons blancs et des chiens. »

 

 

Ainsi, Marley Dias à eu l'idée de mener un projet « où les filles noires seraient les personnages principaux des livres, et pas des personnages secondaires, ou mineurs » et Marley de continuer : « Pour les jeunes filles noires aux États-Unis, le contexte est primordial – pour se retrouver et disposer d'histoires qui reflètent des expériences au plus près de ce qu'elles vivent avec leurs amis ».

 

L'objectif premier était de récupérer un millier de livres pour pouvoir ainsi les redistribuer dans les écoles de Retreat, et la Junior School and Library de St Mary en Jamaïque, la ville d'origine de la mère de Marley.

 

Bonne nouvelle ! Le projet #1000BlackGirlBooks et les jeunes filles ont réussi leur pari. Le plafond des 1000 livres a été atteint. Bien entendu, le projet a été extrêmement bien relayé par les médias, Marley a été invité dans l'émission la plus populaire des États-Unis, le Ellen Degeneres Show et a fait sensation.

 

 

Plus encore, le libraire américain Barnes & Nobles a fait des dons de livres, différents donateurs ont également envoyé des livres, mais également plus de 13 000 dollars de soutiens.

 

Marley aspire à ce que les dons continuent pour les offrir à différentes écoles dans le besoin.

 

Cette sévère absence de héros noir dans la littérature jeunesse revient régulièrement dans le débat. En juin 2013, le site Les Histoire Sans Fin faisait déjà état de l'agacement de plusieurs auteurs qui faisaient eux aussi cet amer constat.

 

L'auteure Tanya Byrne, métisse anglo-guyanaise disait à l'époque : « Je suis tellement habituée à lire des livres où les personnes ne me ressemblent pas, que je dois faire avec ».

 

De même, Malorie Blackman, très engagé dans ce combat relevait également une anecdote qui lui était arrivé et qui avait été ainsi une forme d'accélérateur dans sa carrière d'auteure : « Je me souviens être allé dans une librairie et le seul livre que j'ai vu avec un enfant noir sur la couverture était Un voleur dans le village (Gallimard jeunesse) de James Berry et j'ai pensé : « Est-ce encore l'état de l'édition aujourd'hui ? » […] C'était une des raisons majeures pour moi de vouloir écrire des livres pour enfants parce que je voulais écrire tous les livres que j'avais ratés quand j'en étais une ».

 

Toujours en 2013, La CCBC (Cooperative Children's Book Center), organisation américaine liée à l'Université de Wisconsin-Madison éditait cette étude : sur 3600 livres publiés en 2012, 3.3 % parlaient de Noirs Américains, 2.1 % d'Asiatiques, 1.5 % de Latinos, et 0.6 % d'Indiens.

 

Et en France ? Bonne question…



Les histoires sans fin