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Un petit zizi affole quelques québécois !

Fred Ricou - 06.06.2013

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«Tout, tout, tout vous saurez tout sur le zizi », la chanson française de Pierre Perret est connue, jusqu'au Québec et pourtant…


La semaine dernière un petit évènement a bousculé la littérature jeunesse québécoise, en effet, fin de l'année 2012, Fabrice Boulanger auteur / illustrateur aux éditions de la Bagnole, fait paraître un album Ma sœur veut un zizi

 

 

Bon. Rien ne se passe, jusqu'à ce reportage sur TVA Nouvelles, dans la région de Sherbrooke, il y a quelques jours. On y voit un jeune papa s'offusquer : « Moi, ça m'a répugné. C'est dégueulasse comme histoire, il n'y a rien de bon là-dedans ».

Diantre ! mais qu'y trouve-t-on dans cet album que ce bon père de famille est à deux doigts de mettre au feu ?

 

Rien ou pas grand-chose de réellement choquant. Une petite fille prend un bain avec son grand frère et découvre qu'il a un zizi et qu'elle, n'en a pas…  Le petit garçon le protège, sa sœur devient insistante, elle ne comprend pas ce que c'est ! Bref, le petit garçon appelle ses parents, les parents s'en amusent… L'album se termine quand la lubie de la petite fille s'arrête au moment elle découvre dans le bain que sa maman… a des seins ! elle en veut aussi !

 

Oulalala ! Qu'est-ce que c'est choquant !!

 

L'histoire ne s'arrête pas là. Au contraire, un sexologue spécialisé avec les pédophiles (sic !) entre dans le jeu et donne son avis expert « Le livre en soi est insignifiant. On fait passer l'enfant pour une obsédée sexuelle. […] Ce qu'on présente, c'est qu'il n'y a aucune limite, aucune autorité parentale. Généralement chez les jeunes, ils vont prendre ça au premier degré. Donc, c'est inacceptable! »

 

 

Nous avons contacté Fabrice Boulanger et dans un sens, il s'attendait à ce genre de réaction : « C'est sur qu'un album avec des images qui osent aller un peu plus loin qu'un album ordinaire, on s'attendait à avoir quelques critiques… Personnellement ça ne me perturbe pas beaucoup, ce reportage est sans fondement et n'est pas très sérieux. Ce qui ajoute à mon scepticisme vis-à-vis de ce reportage, est que la chaine TVA appartient au groupe Québécor Média, groupe auquel appartient aussi les éditions de la Bagnole. Disons que d'emblée, la journaliste , en plus d'avoir choisi des intervenants un peu étonnants (un sexologue spécialisé en pédophile plutôt qu'un libraire jeunesse ou un pédopsychiatre), ne m'a pas semblé très renseignée sur aucun point. »

 

On peut se poser la question si cette étrange polémique ne va pas poser des problèmes pour les ventes, l'auteur semble rassuré :

«Moi je reste très confiant dans les individus, les consommateurs. Le livre est un produit de consommation, c'est aux parents et aux familles, d'aller se rendre compte en libraire. S'ils ne sont pas prêts à aborder ce thème-là avec leurs enfants, il le laisse là, et puis c'est tout ! »

 

 
Mais alors, les parents ? Fabrice Boulanger en a rencontré énormément dans les salons du livre et ici encore, c'est la surprise « Les réactions sont extrêmement positives ! Pour les éditions de la Bagnole, c'est l'un des albums les plus vendus en salon et l'album est même retenu sur la liste du Prix jeunesse des libraires du Québec 2013. Ce reportage dramatise énormément alors que c'est juste une petite histoire d'une petite fille qui découvre l'anatomie de son frère. Ça montre juste les choses de manière un peu plus évidente que dans d'autres livres… »

 

 

Une enseignante, dont Fabrice Boulanger aimerait bien connaître l'identité, a même été jusqu'à dire qu'il fallait éloigner cet album des enfants. L'auteur tempère : « Je peux comprendre que le livre n'est pas sa place dans une bibliothèque scolaire parce qu'il est sujet à débat et ce n'est pas aux enseignants à tenir ce débat-là… »

 



Le 4 juin dernier, Jennifer Tremblay, l'éditrice de Ma sœur veut un zizi a envoyé une longue réponse devant cette polémique où elle défend son auteur avec ces mots « Il nous semble qu'on devrait apprendre à poser des questions aux artistes, on devrait leur laisser le temps de s'exprimer, d'expliquer leur démarche artistique, leurs pensées, leur manière de voir les choses, avant de s'emporter, d'accuser, de montrer du doigt, et de fabriquer des scandales. »

Pas faux.

 

 




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