À la recherche du taon perdu, de Lucien Suel : Faut pas rigoler. Enfin si, justement...

La rédaction - 23.03.2017

Bande Dessinée - Lucien Suel - À la recherche du taon perdu - Faut pas rigoler


À la recherche du taon perdu, dessins crétins. Tout est dit dès le titre. Il n’est pas question pour Lucien Suel de se prendre au sérieux dans ce nouveau livre illustré qui succède à La Limace à tête de chat, déjà tout un programme. D’autant que le préfacier nous prévient, Lucien Suel ne sait pas dessiner.

 

 

 

Façon de dire, si on n’est pas gentil, que les dessins qui composent cet album sont plutôt moches. Mais vu notre talent pour dessiner un œuf au plat, on ne se permettra pas. Et puis là n’est pas l’essentiel. Ce que nous prouve ce livre, c’est que la bêtise peut libérer l’esprit, aérer les neurones, siphonner la mélancolie.

 

Pas n’importe quelle bêtise, bien sûr. Celle qui tire du côté des jeux de mots à trois sous et de l’humour absurde, celle qui ne s’accommode pas du mauvais goût ni de la vulgarité facile, se permettant même au passage quelques références culturelles. Faut pas rigoler. Enfin si, justement...

 

Au départ, on lit ce recueil de dessins soigneusement légendés à la main comme on écoute une blague racontée par une connaissance. Poliment. On ne sait pas trop où cela va nous mener. Puis finalement, on sourit. Nous sommes entre gens de bonne compagnie.

 

 

L’Oursonne Lupin côtoie le Cereal Killer ; La Caravane à bois ; le café passe. Les jeux d’homonymie et de sonorités procurent un malin plaisir. De tête à queue en coq-à-l’âne, voici une antenne TV baptisée « relais de l’intelligence » tandis qu’un oreiller taché de sang devient « l’oreiller de Van Gogh ». On frise parfois le délire lorsque l’auteur nous fait partager les aventures de la frite à moustache qui s’est fait des dreadlocks.

 

Pour apprécier, il faut certes lâcher prise. Mais si on y parvient, qu’est-ce que ça fait du bien !

 

Clotilde Deparda

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais