Alice au pays des merveilles, de Chauvel et Collette

Clément Solym - 25.04.2010

Bande Dessinée - Alice - merveilles - chapelier


Après l’adaptation réalisée par Tim Burton, que l’on aime ou que l’on déteste - mais ne laisse personne insensible (et que très personnellement, j’ai trouvé stupéfiante) - il est bon aussi de revenir à des choses plus proches de l’histoire de Lewis Carroll. Le travail qu’a réalisé Chauvel pour ce titre relève de l’adaptation pure, et non de l’extrapolation à partir de l'histoire originelle. On retrouve l’authentique histoire d’Alice, comment elle tomba dans le pays des merveilles, les gens étranges qu’elle y rencontra, et son esprit très policé de petite fille, chargé de cette Angleterre de l’époque.

Et c’est particulièrement agréable. Parce que l’on y retrouve les critiques la société anglaise dans laquelle évoluait Lewis Carroll, et que le récit colle le plus fidèlement possible au texte. C’est juste, ça sonne juste et c’est pour le mieux. Excellent boulot, réussi et très satisfaisant pour quiconque voulait enfin retrouver l’Alice de son enfance… Bon je regrette de ne pas avoir retrouvé précisément ce dialogue entre le chat de Chesschire et Alice, où ce dernier lui dit qu’elle ne serait pas ici si elle n’était pas folle. Mais tant pis.


En revanche, je m’attarderai plus longuement sur le dessin et les couleurs de Xavier Colette. Qui sont, faut être honnête, particulièrement exacts. Non. Ils sonnent justes. Ils posent une ambiance onirique et inquiétante qui reflète parfaitement l’image que l’on pourrait se faire du pays des merveilles. Un lieu tout à la fois sombre et pourtant peuplé de créatures étranges, à l’image d’une société qui peut échapper à la compréhension d’une enfant telle qu’Alice.

Le trait n’est pour autant pas exempt de quelques défauts, mais quand il s’en trouve, les couleurs viennent enrichir et rehausser l’ensemble. On alterne d’une ambiance à une autre, presque sans transition, ce qui rend le voyage plus fabuleux encore. On change de décor en, l’espace d’une case, et à peine le temps de s’en rendre compte que déjà on passe à une nouvelle séquence. Ce qui ajoute plus encore au rythme régulier et vif du récit. Une vraie perle.

Alors, si ce dessin enchanteur - on n'est plus vraiment dans la BD classique, et l'on n'est pas encore dans la peinture - peut ne pas plaire, ceux qui l'adopteront goûteront à une version d'Alice superbe et folle. Magnifique, même.