Ars Magna : une BD dans la lignée du Da Vinci Code

La rédaction - 07.11.2015

Bande Dessinée - seconde guerre - trésor nazis - francs maçons


Avec Ars Magna, Alcante et Milan Jovanovic ont livré un triptyque d’aventure sur fond de mystère ésotérique et scientifique. Avec sa narration maîtrisé, la série n’a fait que monter en puissance jusqu’au troisième et dernier tome qui vient nous livrer les clefs de l’histoire. Une bien belle oeuvre qui s’inscrit dans la lignée de Da Vinci Code et aurait mérité d’être aussi connue !

Par Guillaume Wychowanok, libraire à La 9ème Bulle (Lyon)

 

 

Disponible sur Sequencity :

 

1944, Bruxelles. Un résistant force Phillipe Cattoir, un jeune professeur d’Histoire, à le suivre dans sa mission. Grâce au savoir du professeur, les deux hommes parviennent à rejoindre la Grand Place en empruntant un réseau de souterrains en toute discrétion. Une fois sur la place, ils aperçoivent le Führer en personne qui est venu superviser l’avancée des recherches. Ses services sont désormais en possession d’un message qui devrait leur permettre de percer le secret de Ars Magna, jalousement gardé depuis 1695. Repéré, le duo est pris d’assaut et seul Philippe parvient à s’enfuir par les souterrains.

 

Difficile pour le professeur d’Histoire de faire quelque chose des informations qu’il a récoltées lors de cette mission, d’autant qu’il est d’un naturel plutôt passif. Recontacté par des résistants et poussé à bout, Philippe décide finalement de mettre son savoir au service de la résistance. Aidé par la jeune Marie, il va déchiffrer le message qu’il a intercepté pour mettre la main sur le secret de Ars Magna avant les nazis. Mais la première énigme en amène à une autre et c’est un véritable jeu de piste qui s’engage. Heureusement, les connaissances en Histoire belge de Philippe Cattoir lui donne une certaine longueur d’avance…

 

Ars Magna emprunte les meilleurs aspects d’oeuvres telles que Indiana Jones et Da Vinci code, pour un résultat classique mais efficace. C’est dans un Bruxelles très bien reconstitué que le professeur Cattoir tente de résoudre les énigmes qui se présentent à lui. Basées sur des éléments historiques en rapport avec la Belgique, ces devinettes permettent de titiller l’esprit de déduction du lecteur avec moult anecdotes et détails. Forcément un peu « tiré par les cheveux », le jeu de piste est tout de même savoureux et ludique, d’autant qu’il est intégré à une aventure dynamique et prenante. Entre deux phases de réflexion, Philippe Cattoir et Marie font leur possible pour échapper aux nazis qui sont à leurs trousses. Un mélange réussi qui amène un peu d’esprit dans un récit qui ne manque pas de rythme et d’action.

 

 

Forcément, avec ce type d’oeuvres, les lecteurs pointilleux pourront tiquer face à certaines ficelles un peu alambiquées ou certains faits historiques un peu malmenés. Comme les œuvres qui l’ont influencé, Ars Magna est un divertissement grand public qui joue avec les attentes du lecteur. On se prend rapidement au jeu d’autant que Alcante aime à nous esquisser quelques fausses pistes avant de nous donner la clé du mystère. Habilement, l’auteur nous dévoile le secret de Ars Magna au début du tome 3 pour se recentrer sur les enjeux des personnages, et faire monter la tension. Un dernier tome qui amène une conclusion surprenante et bien trouvée. La seule ombre au tableau réside dans les dernières planches sous forme d’épilogue qui accumulent les clichés et n’apportent pas grand chose à l’œuvre.

 

Milan Jovanovic met superbement en image cette histoire avec un trait ligne claire réaliste et un sens aiguisé du détail. Chaque élément est à sa place, Bruxelles paraît plus vraie que nature et les personnages sont toujours très bien croqués. On prend donc un grand plaisir à parcourir les pages du triptyque, d’autant plus que les couleurs de Scarlett Mukowski installent sans peine des ambiances très marquées. Techniquement impressionnant, Ars Magna a de quoi séduire de très nombreux lecteurs.

 

Certes, Ars Magna est très influencé par ses (illustres) modèles… mais il concocte sa propre recette qui est très efficace. Avec son intrigue prenante, son récit mené tambour battant et ses planches impeccables, ce triptyque propose une aventure réjouissante teintée de mystère. Le mélange entre science, ésotérisme, faits historiques et détails architecturaux fonctionne toujours aussi bien, et nos questions trouvent toutes une réponse… très surprenante ! Pour peu qu’on ne recherche pas l’exactitude historique, Ars Magna est un divertissement tout public intéressant et prenant. 

 

Feuilletez quelques pages de Ars Magna (tome 3) 

(Alcante et Jovanovic, Éd. Glénat)

 

 

 

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