Black Out de Jérôme Lerpinière : trou noir et fumée de cigarettes

Clément Solym - 11.04.2012

Bande Dessinée - Jerome - Lerpiniere - BlackOut


Il y a des histoires comme ça, où le démarrage est si simple et si fort, qu'on ne peut les reposer sans être allé jusqu'au bout. Jérôme Lerpinière est parti de ce principe pour imaginer son premier album de BD, "Black Out" un thriller corrosif aux allures de film noir.

 

Norma Rouge s'ennuie un peu dans cette soirée banale, trop de coupettes de champagne et de conversations mondaine rasoir. Heureusement, elle fait la connaissance de Claire et d'Angelo, deux fêtards qui n'ont pas l'air de s'amuser non plus. Ensemble, ils décident de quitter les lieux pour poursuivre la soirée ailleurs. Ils montent tous trois en voiture et l'histoire démarre sur des chapeaux de roue.

 

A partir du réveil , le lendemain matin, de Norma, Jérôme Lerpinière nous invite à remonter le temps, façon « Very Bad Trip » sauce polar cauchemardesque. Parce que Norma n'est pas entourée de copains lourdauds qui lâchent des vannes comme les allumés du film. Parce Norma n'a pas la gueule de bois et ne déambule pas à Las Vegas. Parce qu'elle est seule et prise au piège.

 

Comme dans tout bon thriller, elle va devoir se débattre pour sauver sa peau. Et comme dans les films noir, il faut une femme fatale, des cigarettes, de vieilles bagnoles, de l'alcool fort et des cadavres encombrants...

 

Case intérieure 

 

Le parti-pris graphique de Lerpinière s'appuie sur un trait épais et des à-plats noirs prédominants. Ses personnages ont des têtes de melons d'eau, des chevelures hypertrophiées et le regard mauvais. Perchés sur des corps miniatures, leurs visages aux formes simples et géométriques concentrent toute leur expression dans de grands yeux et d'infimes mouvements de bouche. Rebutant ? Pas du tout. L'imagerie de cet album, avec sa simplicité presque enfantine, est d'une efficacité à toute épreuve.

 

Black Out Couverture

En outre, le montage serré et haletant, avec un maximum de six cases par planche, s'offre de belles respirations avec des pleines pages et des cassures de rythmes. Jamais rien de trop. Juste ce qu'il faut de détails pour identifier les lieux et les personnes mais rien pour dissiper la montée d'adrénaline.


La noirceur de l'ensemble colle particulièrement au sujet de cette longue attaque panique, où l'héroïne se débat contre des ennemis retors. On imagine très bien cet album adapté au cinéma, on se demande même si les planches que l'on dévore ne sont pas le story-board très libre d'un long-métrage à venir.

 

Une très belle réussite, qui donne envie d'en lire plus de ce nouvel auteur !

 

 

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