Carnaval, 1 Le retour de l'homme qui portait un masque de lapin noir, Akalikoushin

Clément Solym - 13.11.2010

Bande Dessinée - revolution - suicide - lapin


C’est une troublante BD, que celle-ci, dont les teintes noir et blanc, presque encre de chine délavée explorent un univers manichéen, de bon ou de mal. Le gouvernement autocratique ou le peuple soumis. Et pourtant, çà et là, de petites tâches sépia, ou d’un orange, comme on en trouve à l’index et au majeur des fumeurs invétérés de gitanes, dans les yeux d’une jeune fille. Sur le col d’une chemise blanche. C’est troublant de plonger dans un pays aussi sombre. Et d’en découvrir de si sombres gens.

Parce qu’en République d’Estrama, la tendance au suicide dans les rangs de la population locale frise l’insoutenable. Depuis que cet homme, qui se dit architecte, mais paraît en tous lieux le visage couvert d’un masque de lapin, a posé le pied sur le sol d’Estrema, ça meurt. Jusque dans les souvenirs, ça meurt. Tout commence avec ce prêtre qui se pend à l’immense croix du Christ. Ça tombe bien, notre lapin, il était venu pour l’Église. Ou quelque chose du genre.

Avouons qu’être réceptionné par un chauffeur de taxi aveugle, qui est secondé par un capucin, qui est le meilleur conducteur de la ville, ça vous pose un paysage. Et puis, comprenez bien : durant le carnaval, les animaux ont interdiction de travailler, alors ce macaque qui se retrouve au chômage technique, ce n’est pas vraiment la panacée. Faut tout de même prendre les clients…

Revenir dans cet archipel des Antilles, trente-cinq ans après sa naissance, n’est peut-être pas non plus la meilleure des solutions que notre bonhomme ait choisies. Las ! Il n’avait pas le choix.
Notre lapin noir, funeste réminiscence d’une Alice sans pays des merveilles, les allusions sont assez frappantes, est un personnage d’un charisme tout aussi sombre que son masque. Mais est-ce seulement un masque ? Ténébreux autant que mystérieux, il retrouve un pays abandonné jadis à une révolution de jadis, des souvenirs et probablement un frère devenu président…

Pas facile de parcourir ces pages sans un frisson, des yeux qui se plissent : entre le noir qui rend plus opaques les choses et le blanc qui aveugle d’une lumière sale, sans éclairer pourtant, cette BD est un labyrinthe inquiétant, aux incessants flash-back. Pas de maison bleue, bien qu’ici non plus, on ne frappe pas : la clef de tous ces mystères sera sanglante, très probablement. Mais tout est fait pour donner plus qu’envie de savoir ce qu’il en sera.

Un lapin qui échappe au diable et le prive de civet, voilà qui est étonnant, n’est-ce pas ?


Carnaval, neuf ou d'occasion, sur Comparonet



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