Cyber : la colère d'Arès, ou le mythe du super soldat

Florent D. - 04.03.2013

Bande Dessinée - soldat - manipulation - formation


C'est l'éternelle histoire d'un soldat super-puissant, dont le passé est chargé de mystère et de mort. C'est l'histoire d'un enfant qui a été arraché par l'armée à sa mère, après la mort de son père, et qui est promis à un glorieux avenir d'assassin de masse et de meurtrier méticuleux. C'est également l'histoire d'un surdoué, qui intéresse au plus haut point les forces militaires... qui vont lui octroyer une force de frappe démesurée.

 

 

Arès, dieu de la guerre dans la mythologie grecque n'aura jamais connu plus noble héritier : Terrence Matterly, en dépit de son nom à coucher dehors avec un billet de logement, est une brute finie, un « seigneur de la guerre », qui travaille pour une unité spéciale. Dans un monde futuriste, en proie à une forme plus complexe de terrorisme, mais toujours aussi abrutie d'extrémisme, Terrence est, sous son armure, une force puissante. Surpuissante.

 

Simplement, la vie de Terrence est un peu trop propre pour ne pas dissimuler d'horribles secrets. Et si dans ses missions, il est capable de sauver la veuve et l'orphelin - ou la veuve de l'orphelin - il n'en reste pas moins humain, et meurtri par la mort de sa mère... Jusqu'à ce jour où sa petite amie se fait kidnapper et qu'il découvre que les terroristes ne sont finalement pas forcément ceux que l'on croit.

 

Emmené par Sylvain Cordurié au scénario, ce titre est fort, puissant et serait même très bon. C'est que le pitch, s'il fleure bon le déjà-vu, déjà-lu, a des notes d'originitalité assez nombreuses pour en faire un sérieux candidat au poste de belle aventure de SF. Bon, évidemment, il faut apprécier les gros muscles, les combats avec des explosions, les technologies et les revirements un peu attendus. 

 

Mais le scénario tient particulièrement bien la route. Et Arès peut-être fier de ce rejeton... il est aussi facile à manipuler que le dieu de la guerre. C'est que le temps passé sur les champs de bataille, il est certain qu'il ne l'a pas passé dans des bibliothèques à lire des romans. Et effectivement, il est un peu nigaud, ce seigneur de la guerre.

 

 

{CARROUSEL}

 

 

Le problème, c'est que les dessins assurés par Zivorad Radivojevic ne sont vraiment pas terribles. Pas du tout. C'est bourré de pains et des personnages aux visages approximatifs, de corps aux proportions pas toujours très honnêtes, et qui m'ont franchement gâché le plaisir de la lecture. C'est regrettable, je le déplore, parce que le rythme est bon, soutenu et le scénario, s'il n'a pas inventé l'eau chaude, reste prenant et cohérent. 

 

Un grand regret, vraiment.