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Groenland Vertigo : Tanquerelle repart au nord, un peu plus au nord

Florent D. - 16.01.2017

Bande Dessinée - Groenland Vertigo - exploration dessinateur - Tanquerelle bd


Partir à la découverte du Groenland n’est pas donné à tout le monde. L’auteur de BD Tanquerelle a réalisé cette expédition en août 2011. Pourquoi partir en plein été vers les grands glaciers ? La question serait plutôt, comment ne pas partir ?

 

 

 

Avec Gwen de Bonneval, Tanquerelle avait déjà publié une partie de cette expédition – Un petit détour, et autres racontars, directement inspiré du livre de l’écrivain danois Jørn Riel, Racontars arctiques. La BD était sortie en octobre 2013 chez Sarbacane – avec deux publications coup sur coup, Une vie de racontars, T 1 & 2, sortis chez Gaïa.

 

Tout n’était donc pas dit sur ces territoires : « [R]aconter cette expérience sous la forme d’un récit de voyage autobiographique ne me paraît pas des plus pertinent ni des plus amusant », expliquait Tanquerelle. Cette approche nouvelle du voyage de 2011 permettait ainsi « un droit au mensonge éhonté et à l’interprétation délirante des événements ».

 

Le tout avec les personnages dont on a besoin, tout en se conformant à la poétique même de Jørn Riel : « Un racontar, c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge, à moins que ce ne soit l’inverse. » Bien. Isabelle Mériet s’est vu confier la mise en couleur du titre, qui sort chez Casterman cette semaine. On retrouvera le parcours de cette BD sur son site.

 

Groenland Vertigo s’inspire donc du fameux périple, portant l’accent sur un artiste allemand à moitié fou, la quête d’une caisse de whisky prodigieusement conservée et autres petites anecdotes.

 

Tout commence donc avec l’histoire d’un auteur de BD dépressif – du moins déprimé – à qui l’opportunité d’un voyage vers le Groenland est proposée. Georges, l’auteur en question, en manque de scénario, décide d’accepter et le voici parti pour l’aventure – entre les Racontars de Riel et l’Étoile mystérieuse, de l’aveu même de Tanquerelle.

 

Entre péripéties ubuesques et grandes étendues, on court loin des ours polaires, et l’aventure est à chaque coin de page, au détour d’une cabine, au fond d’un verre de rhum. Alors, bien entendu, à s’entendre dire qu’il y a un peu de Hergé dans cette BD, on se surprend à retrouver de la ligne claire dans les dessins. Même la fantaisie déployée aurait quelque chose d’Hergé, si l’on n’y prend pas garde.

 

Changeons le reporter par un scénariste de BD et le capitaine alcoolique par un ermite qui ne s’est pas moins... Ce Groenland file un léger vertige, et c’est avec un sourire charmé que l’on suit les pérégrinations de Georges. Entre l’hommage, le burlesque, et les paysages c’est un beau voyage, très beau, que l’on débutera dès les premières pages.

 

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