Le musclé, la bronzée et les dinosaures

Clément Solym - 11.04.2011

Bande Dessinée - dinosaures - Steve - Angie


La collection Poisson Pilote chez Dargaud nous a habitués depuis dix ans aux projets hors normes et surprenants : le premier tome des aventures de Steve et Angie est fidèle à cette ligne éditoriale. On peut même dire que dans le rayon farfelu, il décoiffe sérieusement.

Imaginez le point de départ : Angie Pescarelle est une jeune célibattante, chercheuse en cosmétiques haut de gamme. Pour mettre au point un de ses produits de beauté, il lui faut absolument s’approvisionner en sperme de tanches birdachoises. Elle prend donc rendez-vous avec un guide de pêche, pour qui les cours d’eau n’ont aucun secret. Il est viril, équipé d’une décapotable de sport et de lunettes solaires ringardes, il s'appelle Steve Crouchouze et trouve Angie charmante. Mais cette admiration n'est pas vraiment réciproque, bien au contraire.
 

Tandis qu’il tente de lui faire une cour aussi maladroite que peu discrète dans la nature sauvage, sur le chemin semé d'embûches qui les mène aux poissons convoités, ils tombent nez à nez avec un engin venu du futur qui va les téléporter dans le plus lointain des passés : en pleine époque des dinosaures.

Difficile d’imaginer point de départ plus loufoque. Deux abrutis parmi les reptiles géants, c’est une recette simple, inédite et efficace.

Pendant ce temps, à notre époque, les deux hurluberlus qui ont perdu leur vaisseau à voyager dans le temps doivent faire face à des habitants de la cambrousse, armés de tronçonneuses, qui ont bien l'intention d'empêcher ces « étrangers » de semer la pagaille dans leur écosystème chéri.

Antoine Perrot, qui signe à la fois le scénario et le dessin ne ménage pas sa peine, il mène sa comédie tambour battant, jouant à retourner les clichés et les situations. Le récit est parfaitement improbable mais hilarant. Le look des personnages – vintage seventies pour Steve, aventurière glamour pour Angie – ainsi que les grands à-plats colorés donnent à l'album une tonalité très pop qui colle bien à l'humour décalé du scénario.

Le dessin et l'écriture cursive dans les bulles font parfois penser aux illustrations de magazines féminins et contrastent parfaitement avec le caractère allumé des personnages. Plus l'album avance et plus les dialogues laissent place à de pleines pages d'action pure. Les courses poursuites et les cavales dans la nature sauvage s'enchaînent pour tenter d'échapper aux prédateurs.

Maintenant que les héros sont bel et bien paumés parmi les animaux hostiles, on se demande s’ils vont parvenir à se sortir du pétrin ou s’ils vont finir, tout simplement, en pâture pour tricératops.

Nous le saurons dans le deuxième volume, qui mettra fin à cette série délirante. Courte, donc, mais bien secouée !


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