Léonard, Je pense donc génie, Petite encyclopédie des inventions du maître

Clément Solym - 06.12.2009

Bande Dessinée - Leonard - pense - genie


C’est l’année Léonard qui commence, alors que 2009 s’achève paisiblement, et sans quitter ses bonnes humeurs et son lot de crise.

Et pour conserver la bonne humeur qui accompagnera prochainement les fêtes, voilà que le père Léonard nous revient avant le traditionnel titre de mars, avec une compilation remixée de ses meilleurs tubes. Ces inventions qui ont su hisser le Génie aux confins du sublime, plus haut que les nues célestes, où même les anges n’osent plus s’aventurer sans leur gilet ignifugé…

Parler de génie pour évoquer Turk et de Groot semble un brin excessif, tant les précédents tomes e Léonard sentait… comment dire… le relent de ragoût qui a bien accroché au fond de la marmite. Et brûlé méchamment. Alors bon, le génie… Dans les premiers temps, on adhérait vraiment sans peine aux frasques de l’Italien, perdu dans son petit village qui explosait ou vibrait, au sens littéral, au gré des inventions plus ou moins périlleuses. Je garde en mémoire l’apparition émue de Disciple, se frottant à la tunique de son futur maître et clamant qu’aider la science était son rêve. Il prendra un violent coup d’orage sur le pif, avec une traînée d’éclair. Carbonisé, le disciple, ce ne sera pas la première fois.

Mais alors quid de cette encyclopédie ? Eh bien sur 127 pages, on retrouvera ce qui a fait le plaisir des précédents albums. Une initiation au Léonard sans peine, en somme, pour une vague de nostalgie. Voire une nostalgie vague. Évidemment, les aficionados n’auront pas le plaisir de la découverte, exception faite des pp 26 à 30, inédites et réalisées spécialement pour l’occasion. Alors au final, on se retrouve simplement devant une compilation même pas des meilleurs gags, mais juste de ceux qui peuvent composer une somme alphabétiquement correcte des histoires du temps passé.



Oh, on en trouve toujours un ou deux que l’on avait oubliés, ou pas vus en ayant raté un tome ou l’autre. Bien sûr, on sourit en se souvenant, mais définitivement, on se demande quel est l’intérêt de ce titre. Pas un ratage, non, et même un cadeau assez sympa pour qui ignore, ou a aimé les tribulations géniales. Mais pas de quoi casser même une patte à un canard (a fortiori moins encore celle d’une dinde, plus en adéquation avec la magie de Nouyel).

Pas à recommander donc, pas non plus à balancer au pilon, on reste un peu sceptique sur la valeur de cette encyclopédie, conscient que les best-of ont une durée de vie souvent précaire. Au moins la compilation orientée dans le sens d’une somme alphabétique a-t-elle un peu de mérite ; pour le reste, personnellement, j’estime que l’on peut se précipiter sur d’autres lectures avant celle-là.