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Les Chroniques du Confiné : un cow-boy en ville, le choc des cultures...

La rédaction - 10.04.2020

Bande Dessinée - cowboy ville civilisation - Far Ouest culture - restaurant grastronomique


BANDE DESSINÉE – Faits du jour : Eh bien, comment vous dire ? Le fait le plus essentiel est que nous sommes vendredi, et que nous approchons du week-end, du long week-end de Pâques, mes amis. D’accord, depuis quelques semaines, nous avons tous beaucoup de mal à distinguer le lundi, du mardi, du dimanche, le jour de la nuit, mais nous voulions surtout vous mettre du baume au cœur, des cloches dans les oreilles et des lapins (en chocolat) et de l’agneau (en côtelettes) dans l’estomac.



 


 

Sinon, l’Union européenne a temporairement cessé les hostilités, Boris Johnson est sorti des soins intensifs, et plus encore, notre grand Manitou Belliqueux, euh pardon, le président est allé rendre une petite visite surprise au Professeur Raoult à Marseille. Oui, oui, vous savez celui qui tente de soigner et trouver des solutions. À suivre, donc.
 

Pour ce 24e jour de confinement, et ce 24e jour de temps ensoleillé, la rédaction a décidé de vous présenter une bande dessinée, parue aux éditions Dupuis, illustrée par Fabrice Erre et scénarisée par Fabcaro, auteur, notamment, de Zaï Zaï Zaï Zaï. Après les frissons d’hier, place au rire et à la satire. Suite au premier tome Le cow-boy stagiaire, Walter Appleduck revient pour de nouvelles aventures dans Un Cow-boy dans la ville. Souvenez-vous : Walter, c’est ce jeune homme poli et cultivé qui fait un master « cow-boy ».

Le shérif de Dirty Old Town et son adjoint, Billy, ont accepté de le prendre en stage pour lui montrer ce qu’est la vie au Far West et lui apprendre les rudiments du métier.
 

 

Candide, mais en plus con


Dans ce nouvel opus, Walter revient dans la Grande Ville, en compagnie de Billy. Pourquoi donc ramener dans ses bagages ce crétin de Billy, individu inculte, macho, raciste, méprisant, rustre, violent, alcoolique ? Walter espère sincèrement pouvoir ouvrir l’adjoint du shérif à des valeurs nouvelles : solidarité, partage, cosmopolitisme, modernité, culture, mixité. Une manière aussi pour Billy de se faire oublier quelque temps. Apparemment, il a accumulé les bêtises dans le premier épisode et a vécu quelques déboires avec une certaine Miss Rigby !


Mais, la mission se révèle ardue, très ardue. Non, en ville, on ne tue pas les autres conducteurs, juste parce qu’il y’a du trafic. De même, un cul de bison n’est pas le cadeau le plus adéquat pour la mère de Walter. Et encore non, on ne prévoit pas de génocide pour tuer tous les étrangers…


Entre virée à l’hyperstore, vernissage d’une exposition d’art contemporain, manifestation contre la montée des populismes, repas dans un restaurant gastronomique — qui n’a pas pour vocation de filer une gastro à ses clients, hein — ou après-midi au parc d’attractions, Billy est confronté à un univers inconnu qui bouleverse ses habitudes et convictions. Le grand choc des civilisations. Walter doit se faire une raison : son ami et mentor vient du Grand Ouest et doit y retourner, fissa !




 

Cro-Magnon, armé d'un six coups


Walter Appleduck, Un cow-boy dans la ville, peut donner l’impression d’une bande dessinée légère, drôle, humoristique. Alors oui, on rit, tant Billy est une caricature de l’homme, qui n’a pas su ni voulu évoluer avec son temps. Et ce pauvre Walter, plein de bonne volonté, multiplie les initiatives pour montrer que le monde ne se résume pas à une guerre stérile entre les cow-boys et les Indiens et que les petites tensions du quotidien peuvent être résolues autrement qu’à coups de gâchette un peu trop facile.
 

En grattant un peu le vernis, on atteint une second niveau de lecture, où les auteurs, en insérant une multitude de références à des polémiques très actuelles, dénoncent de manière amusante le climat ambiant : intolérance, surconsommation, condition féminine, casseurs, engorgement urbain, discrimination, raciale certes, mais aussi sociale. En effet, il y a ceux qui peuvent s’offrir un diner dans un restaurant étoilé et ceux qui ne le pourront jamais.

Il y a ceux qui comprennent le sens d’une œuvre d’art représentant un chapeau qui pend du plafond, et ceux qui ne mettront jamais les pieds dans une galerie d’art.
 

Dans cet album, il n’y a pas les bons et les méchants. Chacun a ses torts, ses défauts, ses travers. Mais, il est certain que chaque personnage, y compris le brigand Rascal Joe, contraint de s’exiler en ville en raison d’un manque d’activité en province, a sa part d’humanité… et un cœur, qui bat. Même notre cher Billy va à nouveau tomber amoureux d’une certaine Miss Grieves, professeure d’histoire de l’art.


Divisé en neuf leçons de cinq pages environ, l’album est bourré de gags et de clins d’œil. Si vous avez aimé le premier tome, qui n’est pas indispensable pour s’attaquer à ce second épisode, si vous êtes fan de Zaï Zaï Zaï Zaï, vous apprécierez les péripéties de notre atypique duo. La mise en page fluide de Fabrice Erre permet d’accentuer les effets comiques et les expressions hilarantes des protagonistes. Les dessins sont tout en rondeur, les yeux sont globuleux et les bouches immenses.
 

Mis en couleur par Sandrine Greff, c’est gai, vivant, vif. Bref, on ne s’ennuie pas, et en cette période plutôt grisouille — on ne parle pas du ciel là — ça ne fait pas de mal au moral que de voir un adjoint de shérif habillé tout en rose ! Bon les confinés, on vous souhaite de joyeuses fêtes de Pâques, de Pessah, et tout ce que vous aimeriez fêter.

Gardez le sourire et restez chez vous.



Fabrice Erre, Fabcaro — Walter Appleduck ; Un cow-boy dans la ville — 9791034738991 – 12,50 €




Dossier : Retrouver Les Chroniques du Confiné


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