Les Larmes de Notre Dame : Quasimodo et Esmeralda, sauce steampunk

Florent D. - 08.08.2017

Bande Dessinée - Victor Hugo steampunk - Bossu notre Dame - Esmeralda bohémienne roman


Ah, que ça fait du bien, de suivre des projets rafraîchissants, qui parviennent à prendre forme, vie... Epilobe Editions s’est lancé voici à peine un an, dans le merveilleux monde de la BD. Merveilleux et impitoyable, faut pas non plus rêver. Sa vocation à faire découvrir de nouveaux talents l’a entraînée vers le financement participatif. Et de premiers ouvrages...


 

 

Évoquons aujourd’hui, un jour d’août pluvieux, la bande dessinée de Florian Royer, complète réécriture du légendaire roman de Victor Hugo. L’exercice est périlleux, parce qu’à en dévoiler les trames, on pourrait gâcher le plaisir. Allons tout de même : ce que cette histoire d’Esmeralda, de Quasimodo et des autres met en place, c’est un Paris uchronique, très loin de la vision romancée d’Hugo.

 

Ici, l’air de la capitale est irrespirable, et pour couronner le tout, Esmeralda, lanceuse de couteaux, est épaulée par une sorte de bouc mutant, doué de parole. Et puis, pour ne pas se priver de petits plaisirs, Royer a replacé tout ce beau monde dans un univers steampunk, au croisement de La Ligue des Gentlemen extraordinaires et du Bohème de Mathieu Gaborit. 

 

Bref, une tout autre ambiance, des personnages qui ont un rôle spécifique à jouer et n’en démordront pas. Le scénario a été suffisamment bien reficelé pour que l’on se laisse embarquer dans cette autre capitale, au cœur d’un XVe siècle improbable, gouverné par l’alchimie.

 

Quant aux larmes de la gigantesque cathédrale ? Oh, il se pourrait bien qu’une histoire de jeunesse éternelle et de pierre philosophale y soient associés... mais difficile d’en dire plus.

 

Sincèrement, le dessin de Florian m’a laissé un peu dubitatif, dans les premières cases : peut-être un manque de construction, ou des traits pas toujours très bien équilibrés – des dessins en somme assez inégaux. Mais le jeu de lumière provoque des contrastes d’ambiance lumineuse plutôt saisissants et l‘on retrouve quelques pleines pages qui font un bel effet. 

 

En somme, l’histoire du bossu amoureux de la bohémienne est agréablement revisitée, avec une pointe de sarcasme et de mordant : les larmes de Notre Dame est très plaisant, mais aurait pu profiter d’un dessin plus affirmé. On se plaît toutefois à suivre les péripéties – jusqu’à l’épilogue pas forcément nécessaire – à un savoureux détail près, cette phrase : 

 

Ce qu’il faut savoir sur cette ville, c’est que l’air n’est que vapeur empoisonnée ! Nul ne peut survivre là-bas sans masque à gaz ou scaphandre !

 

Vous avez dit uchronie ?
 

 

 

 

Florian Royer – Les larmes de Notre Dame – Epilobe Editions – 9782955827819 – 20 €


Pour approfondir

Editeur : Epilobe
Genre :
Total pages : 90 pages
Traducteur :
ISBN : 9782955827819

Les larmes de Notre-Dame

de Florian Royer

Le classique de Victor Hugo revisité façon steampunk, dans une bande dessinée foisonnante, où l'on retrouve les personnages du roman plongés dans un monde alternatif. Dans cet univers où règnent la convoitise et la terreur, Esmeralda, Quasimodo et tous les autres vivent des aventures palpitantes, qui tiendront le lecteur en haleine jusqu'à l'issue finale. L'histoire se situe au coeur d'un monde dans lequel Paris est une ville médiévalo-industrielle. Là, Notre-Dame est une usine produisant de la " pierre ", liquide de luxe et de contrebande qui préserve de la maladie et de la vieillesse. Cependant l'usine pollue tellement l'air qu'il est impossible de respirer sans un scaphandre ou un masque à gaz. Seuls Esmeralda et son acolyte Djali peuvent respirer sans dispositif, et cette faculté de la jeune fille suscite de nombreuses convoitises, notamment de la part de Frollo l'alchimiste...

J'achète ce livre grand format à 20 €