Max de Radiguès : 520 km de BD en stop

Clément Solym - 31.08.2012

Bande Dessinée - Max - 520 - km


Max de Radiguès avait publié l'année dernière « Frangins », une première BD pour jeunes ados chez Sarbacane. Fidèle à son trait épuré et à sa manière de raconter ultra simple qui ont fait le succès de ses trois premiers titres parus à l'Employé du Moi (« Antti Brysselissä », « Jacques Delwitte » et « L'âge dur »), il resserrait encore son propos pour rendre ses histoires accessibles à un public plus jeune. J'avais eu le plaisir d'écrire sur Actualitté tout le bien que je pensais à la lecture de cet album.

 

« 520 km » est le nouvel album de l'auteur, exactement dans la même veine, qui met l'adolescence au cœur de la bande dessinée et montre, en images et en bulles, le bouillonnement d'émotion qui caractérise cet âge dur. Le nouveau titre s'ouvre sur la page Facebook de Louise où celle-ci annonce à la planète entière qu'elle est désormais célibataire.

  

Simon, de l'autre côté de la France, a le cœur retourné, il appelle Louise, persuadé qu'il s'agit d'une erreur mais elle lui confirme que son père ne veut plus qu'il la voie. Abattu, furieux, Simon tourne en rond dans sa villa près de Bordeaux jusqu'à ce qu'il prenne une décision redoutable : il va fuguer pour rejoindre Louise à Montpellier. En face à face, les choses sont toujours plus simples, pense-t-il.

 

 première demi page

 

 

Mais avant d'arriver à Montpellier, il y a 520 kilomètres de route, à parcourir en stop, de voitures en camionnette, d'étape forcée en attentes interminables. Une longue route qui obligera Simon à rencontrer bien des inconnus et à affronter bon nombre d'épreuves. L'album est donc une sorte de road-story adolescente, à hauteur des pensées de Simon, de sa solitude et de sa détermination sans faille. Quand un ado rêveur passe à l'action, son périple ressemble fatalement à une aventure romantique, avec émois, amitiés et peurs bleues...

 

Même si le scénario est un peu simpliste par moments (ainsi, la chute de l'album repose entièrement sur une coïncidence assez peu probable dans une ville de la taille de Montpellier) et que certains personnages ne dépassent pas vraiment les stéréotypes, tous les ingrédients sont réunis pour que l'album fasse surgir les émotions du héros et que les lecteurs les partagent volontiers : la solitude, bien entendu, mais aussi l'amitié, l'angoisse ou encore l'admiration pour certains adultes. Un tourbillon d'émotions bien plus dépaysant, au fond, que les 520 km qui séparent Montpellier et Bordeaux et un voyage intérieur qui aide à cautériser les plaies du coeur.

 

Page intérieure

 

 

L'album est traversé par la forme verte du t-shirt de Simon et son sac à dos rouge, tranchant sur les grands à plats colorés des décors. Max de Radiguès soigne particulièrement les panoramas et les gros plans dans ce nouvel album. Le talent qu'il a toujours eu pour croquer en quelques lignes limpides l'essence des objets et des lieux se déploie à merveilles dans ce récit destiné aux jeunes lecteurs. Un album cartonné qui cartonnera assurément dans les CDI des collèges.