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MediaEntity : retour de la BD en ligne qui n'a pas pris une ride

Nicolas Ancion - 17.05.2018

Bande Dessinée - MediaEntity Delcourt anticipation - Emilie Tarascou Simon Kansara - réseaux sociaux réputation


En 2012, une BD en ligne publiait ses premiers épisodes, percutants, addictifs, emballants : elle s'appelait MediaEntity et allait connaître, quelque temps plus tard, une édition papier chez Delcourt. La voici de retour, en version intégrale gratuite sur le web. Profitez-en avant qu'il ne soit trop tard.

 

Faut-il répéter tout le bien que j'avais écrit lors de la publication du premier épisode, en 2012 ? Ce n'est pas nécessaire, il suffit d'aller relire le billet sur ce site, il n'a pas bougé. Les années ont passé, mais la fiction semble bien plus actuelle aujourd'hui encore que lors de la publication initiale...
 

 

Noir comme un miroir
 

Dans MediaEntity, on suit la descente aux enfers d'un trader qui découvre que des transactions qu'il n'a jamais passées ont ruiné la banque qui l'emploie ; on découvre la mise au pilori d'une star pour gamines accusée d'avoir sniffé de la coke avec une fille de onze ans dont elle animait l'anniversaire ; on assiste au calvaire d'un journaliste d'investigation ringard, dont personne ne croit les accusations trop peu vraisemblables, lui recommandant de faire comme les autres, des images à bon marché.

 

En trame de fond de ces trois histoires palpitantes qui se rejoignent : un monde où la réputation en ligne prend plus de place que les agissements réels des gens, où le simple fait d'être accusé d'un méfait suffit à pourrir une réputation et à discréditer une carrière, où les contre-vérités ont plus de poids que la réalité elle-même... Toute ressemblance avec une planète existante ou ayant existé serait purement fortuite, évidemment.
 

 

À lire d'un trait, comme un café corsé
 

Si le premier épisode était prometteur, je peux vous assurer que le reste de cette saison en seize chapitres vous tiendra en haleine de bout en bout. La mécanique de lecture, où les cases et les bulles s'affichent d'une simple pression au clavier, est d'une simplicité désarmante, et d'une efficacité redoutable. On est littéralement happé par la narration.

 

Le dessin hyperdynamique d'Émilie Tarascou rappelle la fluidité désinvolte de Blain dans Quai d'Orsay ; le scénario pétaradant de Simon Kansara ne laisse rien au hasard et enchaîne les rebondissements sans pour autant recourir aux coups de théâtre éculés ou aux retournements de situation dénués de sens. Au contraire, tout s'enchaîne et s'emboîte avec une rare intelligence et une acuité qui frappe d'autant plus, avec cinq années de recul.

 

Que dire de plus ? Que c'est gratuit pour le moment, en accès sur le web, et qu'il vous en coûtera 3,49 € pour lire l'intégrale via l'appli sur smartphone ou tablette. Les auteurs nous promettent 1h30 de lecture ; personnellement, je vous garantis 90 minutes de plaisir haletant. Pour pas un euro, le rapport qualité-prix est imbattable.

 




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