Monstres mécaniques et folle vitesse : les bolides de ces messieurs

Clément Solym - 20.08.2011

Bande Dessinée - voitures - fusees - mecanique


Les clichés ont la vie dure, surtout s'ils contiennent un fond de vérité... Alors oui, les petits garçons aiment les grosses machines qui font du bruit ! Et comme pendant longtemps, ce sont les petits garçons qui lisaient des bandes dessinées, eh bien les albums étaient remplis de véhicules roulants, volants, et de héros les pilotant.

Quel est l'objet emblématique de Tintin (Casterman) que l'on peut trouver bien en vue sur une étagère, même chez les non-collectionneurs ? La fusée de Objectif Lune bien sûr (et ses carreaux façon cuisine) et, dans une moindre mesure, le requin sous-marin dans Le trésor de Rackham le Rouge (pas très au point au début, mais le professeur Tournesol n'avait jusque-là construit qu'une machine à brosser les vêtements...).

Avec Spirou et Fantasio (Dupuis) période Franquin, c'est une débauche de technologie ! Ceux qui ont visité l'exposition sur Franquin organisée à la Cité des sciences de La Villette il y a quelques années avaient pu voir grandeur nature le Fantacoptère, le Zantajet ou le sous-marin du Comte de Champignac ! S'y trouvait aussi la première Turbotraction - la plus belle avec ses lignes merveilleusement sobres (la deuxième, commande de l'Émir Ibn-Mah-Zoud ressemblait un peu trop aux Dream-cars étatsuniennes de l'époque, compromis clinquant entre une fusée et un avion)...

Moins moderne, mais inoubliable, le taxi de Gaston (Dupuis), une Fiat avec ses bandes à damiers (pour lui donner "un petit air sport") prouve le génie de Franquin, capable de donner à une machine un aspect quasi organique...


Autre cas de figure, le personnage fidèle à une marque... et à une couleur : Ric Hochet (Le Lombard) et sa Porsche jaune, régulièrement détruite dans des explosions et accidents de la route ! Ce qui lui permet de changer de modèle... Merci les assurances...


Évidemment, c'est Michel Vaillant (Le Lombard et Graton) qui a « tué le match » en matière de voitures de sport : souci documentaire, réalisme quasi photographique du dessin, et le charme naïf de la BD à l'ancienne, qui permettent à Michel de courir contre Fangio, puis Senna, et sans prendre une ride !
 Comme ce cher Buck Danny (Dupuis) rescapé de toutes les guerres, ayant expérimenté tout ce qui peut voler, et finissant vingt fois Général (au bas mot).


Enfin, je ne rate jamais une occasion de citer Valérian et Laureline (Dargaud), série novatrice tant sur le plan de la représentation de la femme dans la BD que par la qualité des scénarios, et dont on néglige souvent un personnage secondaire, discret, mais bien présent : le vaisseau XB982. Si vous vous souvenez du Faucon Millénium de Han Solo dans Star Wars, on sent comme une certaine influence au niveau du design (la saga Star Wars est truffée d'emprunts à la série de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières) !

Les aventures de Bob Neyret, gentleman driver, Les filles de l'oncle Bob,
sur BDFugue
Peut-on trouver aujourd'hui des exemples de personnages identifiés à leur véhicule, dans les différents aspects de la BD moderne ?

Pas vraiment, et c'est là sans doute le reflet de la formidable maturation de cet art !
 Ainsi, la collection Calandre de l'éditeur Paquet joue clairement la carte de la nostalgie et du clin d'oeil : Les enquêtes auto de Margot ou Les Aventures de Bob Neyret mélangent Pin-ups et belles carrosseries dans un premier degré assumé, et Jacques Gipar est un hommage appuyé à Gil Jourdan !

Pour autant, la qualité est au rendez-vous : Mauro Caldi est un document très réaliste sur les courses type Mille Miglia, en même temps que des histoires policières habiles et touchantes...