Péchés capitaux, Tome 1 - Supersexy, Coiffeurs pour Dames

Clément Solym - 12.12.2009

Bande Dessinée - peches - capitaux - supersexy


Arthur de Pin n’est pas toujours là où on l’attend. Dans le domaine, sexuel, j’entends. Après nous avoir livré des Péchés mignons, il laisse les commandes pour un passage turbo et nous faire prendre la peine maximale avec des excès particulièrement torrides. Du moins lui et Maïa Mazaurette les inspirent-ils… Et ce qui est amusant avec les péchés capitaux, c’est que l’on en compte sept : en se fiant à l’introduction de cette BD, il serait amusant que six autres débarquent, tournés façon de Pin… Surtout si Coiffeur pour dames continue sur la même lancée.

Emmanuelle a 27 ans. Comme d’autres jeunes femmes de son âge, elle est célibataire. Comme peu –c’est à souhaiter – de jeunes femmes de son âge, elle n’a pas eu de rapport sexuel depuis exactement 720 jours. Et n’étant pas très réactive, elle n’a toujours pas adopté l’i-Gode, le sex toy le plus en vue du moment, pour homos, hétéros, bi, qui réjouit du sol au plafond mais ne fait pas la vaisselle. Par contre, niveau orgasme, on atteint le paroxysme. Sauf que vraiment, Emmanuelle, c’est une coincée de l’utérus, pas fichue de se prendre par la main, alors imaginez avec un godemiché…

Pourtant, au détour d’un rencart avec Casimir, le monstre gentil, si, si, elle va craquer et dans un sex-shop, se faire refiler un gode genre industrie mayaceutique, qui va lui faire voir au sens propre, la vie en rose. Et la métamorphoser en Supersexy, véritable héroïne sortie de Péchés mignons, tome 3 (à découvrir de toute urgence…). Elle va répandre derrière elle une traînée de bonheur, d’extase et de plaisir, que même les pigeons de la ville ne pourront pas lui résister…


Très honnêtement, on perd très vite ses illusions : si la lignée des titres où s’inscrit cet opus flirte avec une sensualité un poil (pardon) graveleuse, ici on plonge dans une vulgarité légère qui lasse assez vite. L’introduction (re-pardon) et toute la première partie sont de bon goût : explicites, amusantes, et clairement destinées esprit mal tourné, mais c’est lors de la transformation en Supersexy que l’on tombe dans une certaine trivialité qui rompt le charme.

En fait, c’est assez paradoxal, puisque l’on retrouve le dessin d’Arthur, sans la subtilité des histoires (oui, bon…) qui font son charme. Bilan des courses, c’est assez vite idiot dans le mauvais sens du terme, et l’on finit le tome sans réel plaisir. Oui, c’est amusant, aguicheur et coquin, mais sans le plaisir des péchés restés jusque là mignons et qui ont tourné court dans ce volume excessif. Finalement, on trop parler de cul et d’orgasme, on a l’impression de plonger dans un porno castré, où les personnages n’ont pas le droit d’être montrés réellement.

Cela dit, le titre ne manque pas de plaire, voire même enthousiasme : des jeunes femmes de l’entourage de la rédaction ont gloussé bêtement en refermant la BD, tandis que de jeunes garçons demandaient un supplément de kleenex sans même avoir le nez qui coule. Personnellement, je reste assez mitigé sur le titre, sans trop savoir qu’en penser – en fait, j’en pense beaucoup de bien, mais pas mal refroidi par un ensemble qui profite du trait Arthur de Pins et de la scénarisation Maïa, pour mettre dans les étals un nouvel opus, assez éloigné.

Publicité mensongère ou envolée lyrique dans les royaumes du sexe ? Hmm… Mouais…