Poursuivis par la police pour un photocopieur

Clément Solym - 09.01.2011

Bande Dessinée - Photocopieur - blackbird - Maurel


Haletant ! Il n'y a pas de mot plus juste pour décrire le cinquième épisode de « Blackbird », la série auto-produite et auto-diffusée de Pierre Maurel. Il ne reste plus qu'un épisode après celui-là, on se demande comment l'auteur va boucler son histoire en une seule livraison et on a hâte de la lire, même s'il faudra pour cela attendre le printemps.

Pour les lecteurs qui n'ont pas encore découvert les quatre premiers volets, il est temps de rattraper le retard, les cinq premières livraisons de ce projet en noir et blanc peuvent encore être commandés d'un coup en ligne sur le blog de l'auteur.

« Blackbird » raconte comment, dans un futur très proche, l'État met fin au prix unique du livre et interdit, en même temps, de diffuser des livres hors du circuit éditorial traditionnel. Dans le monde de la bande dessinée, cette nouvelle loi condamne les auteurs qui n'ont pas signé avec un gros éditeur à passer dans la clandestinité s'ils veulent continuer à diffuser leurs fanzines sous le manteau.

On suit ainsi une bande de copains dessinateurs et skateurs, dont l'un vient de signer avec Primo, une grosse maison d'édition. Les autres parviennent à se procurer un photocopieur et, de la BD indépendante passent à la bande dessinée de résistance, un peu malgré eux. Dans ce cinquième épisode, la police secrète leur colle aux baskets et semble prendre leur projet de fanzine très au sérieux. Les petits David armés d'encre de Chine et de toners parviendront-ils à échapper à la police d'État qui joue les Goliath ? C'est ce que nous saurons dans le sixième épisode, j'imagine...

La forme du récit de Pierre Maurel, un album servi en tranches artisanalement pliées au format A5, livrées par la poste sur commande auprès de l'auteur, colle parfaitement à l'histoire qu'il raconte. Sans jamais sombrer dans le discours politique ou les thèses lourdingues, l'auteur se sert de la trame pour dresser un portrait nuancé et en mouvement d'une bande de jeunes artistes, à la croisée des chemins entre professionnalisation et maquis, bas-côté et ornières.

Le dessin à l'encre, au trait noir sur blanc, précis, rythmé, prend souvent le pas sur les dialogues, les cases se suivent sans texte, comme dans un film où le lecteur doit imaginer la bande-son pour accompagner les travellings en planche à roulettes, les courses-poursuites sur les toits et les traversées de ville silencieuse.

Pierre Maurel travaille en ce moment à un projet qui paraîtra chez un grand éditeur. Découvrez l'auteur avant tout le monde ! Visitez dès aujourd'hui son blog pour commander les 5 premiers épisodes.

Pierre Maurel, « Blackbird », 5 épisodes parus à ce jour, 3,5 euros frais de port inclus par épisode ou 15 euros pour les 5 premiers.