Quelques gouttes d'amour et des baisers ratés, au coeur de Paris

Clément Solym - 23.10.2012

Bande Dessinée - Paris - amour - baisers


Paris de mes rêves, entre deux amours et quelques verres... Un Paris depuis Pigalle, dans la fin des années 50 et un autre, bien plus contemporain... Deux histoires d'amour, parce que Paris sera toujours Paris et qu'on y batifole, quelle que soit l'époque et quels que soient les amoureux...

 

L'aventure est au bout de la rue, pour ce jeune Antoine, un provincial venu d'Auxerre pour découvrir la capitale. Mais c'est avec la rage au ventre qu'il entrera dans Paris, un fameux « A nous deux », qui résonne comme un meurtre passé et futur. Celui de son père, assassiné par Robert Mondcamp. Indirectement, puisque le père s'est manifestement suicidé. Mais qu'est-ce qui a bien pu précipiter sa mort ? 

 

Paris devient alors un lieu étrange, avec son métro, en cette fin des années 50. On y joue au billard, et Antoine se mêle à la faune, pour se rapprocher de l'assassin de son père. Il rencontrera même Betty, qui a « un corps qui hésite », entre homme et femme. C'est pourtant dans ses bras qu'Antoine va s'abandonner. Un très étrange amour, suivi d'un autre, avec cette inconnue, rencontrée à Montmartre... Une photo, un rendez-vous, et Paris fait le reste.

 

Pigalle exerce un charme tout particulier. On y exerce de petits trafics, on y boit du champagne, avec une couleur et un dessin splendides. Antoine gravit les marches d'une étrange butte, et celle d'une vengeance finement ordonnée... Loustal et Götting déploient mille efforts, largement récompensés par le plaisir d'un lecteur saisi.

 

 

Pigalle 62.27, de Loustal et Götting

 

 

Parlons d'amour, encore et toujours, mais parlons-en plus légèrement. Oui, avec le titre de Davide Cali et Anne Rouquette : des baisers, certes bons, mais ratés, venant de Paris. C'est l'histoire d'un amour qui tarde à s'exprimer, qui se cherche, se séduit... Au fil des endroits que l'on visite, à mesure que l'on se tient la main, que l'on s'effleure, l'envie grandit, et l'on attend, avec impatience, de rencontrer les lèvres exquises...

 

C'est avant tout un jeu touristique dans lequel les auteurs emportent le lecteur. La Place de la Bastille, la rue de Rivoli,  ou encore Notre-Dame... on prend un Velib à Concorde, le vent s'engouffre dans les cheveux à la Tour Eiffel et l'on joue un amoureux cache-cache au cimetière du Père Lachaise. Autant d'espaces, d'occasions, toutes ratées, toutes porteuses d'espoirs et de douceur... on attend les bras, les lèvres, les caresses, mais rien ne vient.

 

Alors, on se précipite d'un endroit à l'autre, on continue la folle course, pour s'apercevoir que peut-être, le seul endroit de Paris auquel on n'avait pas songé, aurait été le plus propice. Mais il est un peu trop tard...

 

 

David Cali et Anne Rouquette, Bons baisers ratés de Paris

`