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Robokozy, de Luz

- 02.05.2010

Bande Dessinée - niclas - sarkozy - droide


Habitué à truster les pages de Charlie Hebdo avec ses dessins satiriques, le trentenaire Luz, bouc de circonstance et lunettes fashion, nous pond régulièrement des BD dans lesquelles le politiquement correct est passé dans une moulinette d’humour bien trash. Les Burqalembours, c’est lui. Cambouis, aussi. Et maintenant Robokozy. Dangereux maniaque, adepte d’un bruit barbare appelé « musikélectro », il n’aime personne et surtout pas Vincent Delerm, notre poète national qui fait vibrer les midinettes avec trois rimes sèches. Qui arrêtera Luz, ce héraut de l’Anti-France ?

Sa dernière théorie effraie déjà en paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Elle se murmure avec effroi dans les rues de Neuilly, fait trembler le tout-Versailles, a même poussé les bolcheviques à remonter dans leurs chars, comme en 68, pour une éventuelle invasion de la France – en contournant la ligne Maginot. Nicolas Sarkozy, le père de notre France chérie, le défenseur de ta veuve et de ton orphelin, présent sur tous les fronts, sauf le populaire, ne serait qu’un… robot ! Jésus, Marie, Joseph, Jean-Claude. Luz, qu’est-ce que vous nous racontez là ? La drogue, dont vous faites grande consommation lorsque vous claudiquez sur le dance floor, vous est montée à la tête. Croyez-vous sérieusement à cette théorie fallacieuse ?


Je réponds : impossible, Môsieur Luz. Tout ça n’est que dénigrement malsain et vile jalousie. Depuis sa plus tendre enfance, jusqu’aux bancs de Science-po, Nicolas s’est servi d’une chose que les robots, pas plus que les communistes, n’auront jamais : un cœur. Le même, l’humanité en plus, qui avait poussé Debré à faire évacuer l’église Saint-Bernard, pour préserver la santé fragile de dizaines d’Africains. Quand il débat vigoureusement avec Mme Royal, la verve au poing, la rage et les crocs en bouche, pour gagner sa place à la fonction présidentielle ; lorsqu’il tance les banques pour faire reculer les bourses, afin de sauver le capitalisme, à grands coups de morale aux entrepreneurs devenus fous ; en défendant la France qui se lève tôt, prise à parti en pleine cité des 4000…

Luz (crédit Wikipédia)
Il le fait avec un seul et même moteur : l’amour de la France. Voyons, Luz, ressaisissez-vous, rentrez dans le droit chemin et voyez comme la philanthropie peut pousser au dépassement de soi.

Notre divin président est bien plus fort que ce Robokozy : il dégaine des « casse-toi, pauv’ con » à la vitesse de la lumière – le robot n’atteint que celle du son – et a même réussi, fait notable, à flinguer le PS. Ne soyez pas mauvaise langue. Il ne suffisait pas d’achever le parti de la Rose, il fallait l’enterrer pour dix ou vingt ans. C’est fait. Il a réussi ce que personne n’espérait plus : rendre à la France ses couleurs d’antan, d’un pays où la redistribution se fait entre pauvres et où les cadeaux sont offerts aux riches. Franchement balèze. Un robot n’a pas d’âme, ni de sentiment, alors que chez Sarko, c’est « joie de recevoir, plaisir d’offrir ». Tenez-le vous pour dit, Môsieur Luz !

Dans les faits, Sarko est une vraie pile électrique qui n’a même pas besoin de robot. Selon une source proche, Sarko et Robozoky ne font qu’un : à peine débarqué sur le tarmac, il file au sommet du G8, serre trois paluches, embraye sur quatre risettes et se tire bien vu, bien connu pour rejoindre sa tendre et douce, la lumière intellectuelle de cette France décadente, la plastique Carla B.

Alors, franchement, Luz, pourquoi rêver ? Reprenez-vous, trouver un stage, improvisez-vous autoentrepreneur ; s'il-vous-plaît, ne restez pas là, bras ballants à regarder filer cette France qui avance sans vous...