2016, un année de stabilisation pour la bande dessinée

Florent D. - 26.12.2016

Manga/BD/comics - Univers BD - rapport Gilles Ratier - année 2016 BD stabilisation - étude marché industrie BD


Si 2015 avait marqué la rationalisation du secteur de la bande dessinée en France, 2016 semble amorcer la stabilisation de l’industrie. Le rapport de Gilles Ratier, traditionnement présenté en fin d’année, montre combien le marché de la BD a été prompt à se reprendre en main. 

 

Glénat - Salon du Livre de Paris 2015

ActuaLitté, cc by sa 2.0

 

 

Avec un recul de 2,9 % de la production en 2015, les éditeurs calmaient un peu la folie de ces dernières années. Cependant, en 2016, on repart à la hausse, avec + 0,9 % de titres – dépassant donc les 5000 titres. On notera en revanche que les majors du secteur sont en léger repli : ils affichent 67,3 % des publications contre 68,6 % en 2015.

 

La toute-puissance asiatique et américaine ne se dément en revanche pas et atteint 90 % des traductions commercialisées. Et cela, alors que dans le même temps, le marché français s’ouvre à de nouveaux territoires. 

 

Restent des constants stricts, et qui semblent désormais immuables : « Malgré un catalogue de plus en plus complet et des offres attrayantes (80 % des nouveautés et 70 % du fonds récent sont désormais accessibles en version digitale), l’ensemble du marché du numérique n’arrive toujours pas à convaincre un large public. » Or, en 2015, même s’il restait marginal, le résultat était en progression de plus de 1 % pour l’ensemble de la profession. 

 

Côté auteurs, ils sont désormais 1419 à vivre de leurs créations sur le territoire francophone européen, contre 1399 l’an passé. En revanche, s’ils étaient 1602 à avoir publié, dessinateur ou scénariste, au moins un album au cours de l’année, ils sont, pour 2016, 1597. 

 

La vivacité dans le monde audiovisuel est également en berne : 23 adaptations en films, téléfilms ou dessins animés, contre 28 en 2015. En revanche, 184 œuvres réalisées à l’origine pour d’autres médias et 97 ouvrages dépendant de licences issues d’autres supports ont alimenté la production des nouveautés, contre respectivement 179 et 98 l’an passé. 

 

En 2015, année de rationalisation donc, le rapport indiquait : « Tout est fait pour satisfaire les goûts du plus grand public, pour ne pas risquer de perdre des places dans les linéaires des libraires, quelques fois au détriment de la création et de l’innovation. » En 2016, époque de la stabilisation, les conclusions sont à peine différentes : « Les tentatives innovantes ou risquées financièrement se raréfient, mais participent à la consolidation des marchés de niche et des nouvelles diffusions du livre : que ce soit par l’impression à la demande ou par la vente sur Internet. »

 

Le numérique et la BD, toujours des relations difficiles

 

Selon le rapport, izneo disposerait toujours d’une position de leader sur le marché de la BD numérique, avec plus de 15.000 titres et 1,15 million € de chiffre d’affaires. De la sorte, le consortium français se retrouverait donc devant tous les Américains – Amazon, Apple, Google et autres revendeurs. Avec le rachat de comiXology, on a peine à croire à ces conclusions, quand bien même Fnac est entré au capital de izneo en janvier dernier. 

 

Et le rapport de souligner : « Force est de constater que les résultats commerciaux de la bande dessinée digitale restent finalement bien peu convaincants au fil des années, malgré un catalogue de plus en plus complet et des offres attrayantes. Les acteurs ont l’espoir que l’année 2017 pourrait, en n, marquer un tournant. Plusieurs éditeurs s’apprêteraient à lancer des propositions commerciales couplées papier et numérique. Elles pourraient modifier en profondeur une structure de l’offre où la vente à l’unité prédomine, pour l’instant, largement sur l’abonnement. »

 

Le rapport est à consulter dans son intégralité ci-dessous : 

 

  Rapport ACBD 2016 by ActuaLitté on Scribd