3 euros pour une culotte : 'Non mais j'hallucine, vous n'avez pas honte?'

Clément Solym - 24.11.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - culotte - loppsi - autorités


À entendre le ministère de la Culture, qui ne souhaite pas particulièrement d'une troisième Hadopi, on se retrouve à se faire censurer une BD. La cause ? Des images d'une violence rare ? Une incitation au piratage ? Des scènes de pédopornographie ? Bien pire, en fait.

Les zélés fonctionnaires de l'OCLCTIC, pour Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication, ont en effet détecté la BD du Pirate Sourcil. Et comme le note Numérama, redoutant que la loi LOPPSI ne fasse des dégâts, voilà que le pirate est contacté par les autorités, qui lui demandent instamment de supprimer son titre.

Ce sont les gendarmes de PHAROS, Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements, qui lui tombent sur le râble. L'intéressé peste, râle, mais finit par se résoudre.

Effectivement, la BD est assez salace, publiée au Stylo Bulle Editions, et aurait probablement pu aspirer à se retrouver dans un Écho des Savanes ou un Fluide Glacial sans trop de peine.


L'auteur met d'ailleurs en garde : son histoire peut choquer.

Le pitch : une petite fille qui demande 3 € à ses camarades de classe pour qu'ils voient sa culotte. Cela ressemble à du racolage. Mais l'un des deux gamins souhaite savoir combien cela coûterait, pour « faire plus ». Indignation du maître d'école. On vous invite à trouver la suite par vous-même. Pour ce qui est de Pirate sourcil, il la livre sur son site.

 



« Suite à une plainte, j'ai eu le droit à une discussion avec la gendarmerie de la plateforme PHAROS (institut qui lutte contre la cybercriminalité) Il a été jugé que l'histoire « une histoire de petite culotte à l'école » (Visible sous cet article) est illicite et punissable par la loi ... Cette sanction serait due à son caractère dépassant une certaine éthique. Sous la menace d'une ouverture de procédure judiciaire. Il m'a été prié de censurer cette histoire. Après une certaine indignation, je m'exécute. C'est un peu ridicule sachant que cette histoire non censurée traîne sur plusieurs autres sites Internet. »

Revenons, avec Numérama, à nos moutons, qui traînent généralement sous le lit, où l'on a jeté ses culottes, par flemme de les ranger... L'histoire ne devrait pas, a priori, tomber sous le coup de l'article L 227-23 du Code pénal : « Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 Euros d'amende. »

Et notre dessinateur ne devrait pas avoir de problèmes trop lourds. Cependant, l'idée que ce type de gags - d'un goût plus ou moins heureux - soit dans le collimateur des autorités, et dans la liste des sites auxquels les FAI devraient interdire l'accès fait tout de même frémir.