À 85 ans, Tintin est un retraité heureux, réinventé par Pierre Kroll

Nicolas Gary - 17.11.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Tintin Moulinsart - Pierre Kroll - suite aventures


Le dessinateur belge Pierre Kroll a-t-il découvert la faille dans le verrouillage total de tout ce qui touche de près ou de loin à l'héritage de Hergé ? Dans Le Grand Vingtième, le dessinateur a choisir de projeter Tintin, à un âgé vénérable, enfreignant la première règle du Fight Club Moulinsart : pas de suite à Tintin. Voire, personne ne touche à Tintin. 

 

 


 

 

Le reporter le plus surveillé au monde, âgé de 85 ans, revient en bande dessinée. Inimaginable, impensable, impossible, et pourtant Pierre Kroll s'est lancé dans le périlleux exercice. Il ne s'agit certainement pas d'une aventure inédite dans un album complet, Moulinsart, la société qui gère les droits de l'œuvre d'Hergé serait immédiatement montée au créneau. En fait, six pages sont intégrées au recueil de BD que le dessinateur propose, où sont réunis des dessins de presse.

 

Quelques détails du château de Moulinsart, lieu symbole des aventures de Tintin, sont changés : on retrouve une piscine et une verrière. De même, Milou, fidèle compagnon, a été empaillé, Tournesol a été enterré, et le capitaine Haddock est hospitalisé, bien évidemment...

 

Dans un reportage signé Arte, on rappelle que Tintin, ce sont encore 1 million d'exemplaires qui se vendent chaque année. Or, la suite de Tintin, pour l'heure, est interdite. Et bien entendu, Piere Kroll n'a pas obtenu d'autorisation spécifique des ayants droit, et si lui voit son travail comme « un hommage », toucher au personnage même est un crime qui punit par des courriers d'avocats en rafale, systématiquement.

 

On se souviendra d'ailleurs que deux auteurs, Turalo et Piak avaient tenté de donner une seconde vie, de profundis, à Franquin en ressuscitant l'auteur de Gaston Lagaffe sur un blog. Présenté comme un squelette, pourtant bien vivant, le blog avait été repris pour une BD, très rapidement condamnée par Marsu Productions. 

 

Sur ce blog, le papa de Gaston Lagaffe racontait sa vie de squelette, et celle d'autres auteurs décédés, mais Marsu Prod avait demandé le retrait du titre. « Nous n'avions pas été prévenus de la mise en vente de cet ouvrage qui, au-delà de l'usurpation du nom de Franquin dans un but commercial, paraît pour beaucoup outrepasser les limites du bon goût et du respect de la mémoire de l'auteur décédé. » 

 

Avec l'accord des auteurs, la BD avait alors été retirée. Attendons de voir ce qui se passe avec celle de Pierre Kroll, que la rédaction n'a pas réussi à joindre pour le moment. 

 

A retrouver sur Arte.