À qui appartiennent les solutions de financement participatif ?

Nicolas Gary - 16.05.2015

Manga/BD/comics - Comics - financement participatif - internautes comics


De mémoire de financement participatif, on n'avait pas encore vu rétropédalage aussi rapide. La campagne lancée autour des trois nouveaux titres de Archie, amorcée pour les 75 ans de la série, aura duré moins de trois jours. « Le financement de ce projet a été annulé par son créateur il y a environ 13 heures », peut-on lire sur la page Kickstarter du projet. 

 

 

 

Ce n'est pas une simple annulation : l'éditeur des titres, Jon Goldwater a vu s'abattre une pluie de critiques, qui portaient sur le choix de ce modèle économique. En tant que société éditoriale, amplement en mesure de subvenir à ses besoins, demander de l'argent au public – pas moins de 350.000 $ – passait très mal. Bien entendu, on ne parle pas des résultats financiers de Marvel ni de DC Comics, d'autant qu'Archie n'a pas, pour le soutenir, une société mère aux poches bien pleines de billets verts. 

 

Le projet de crowdfunding visait, explique l'éditeur, à sortir plus rapidement ces nouveautés. Mais les fans de BD, autant que d'autres professionnels de l'industrie, n'ont pas raté l'occasion. Comme si le financement participatif devait être réservé à des projets indépendants, et qu'une maison traditionnelle ne devait pas s'en emparer.

 

« La conversation, du moins dans certains milieux, portait plus que sur le financement que sur ces nouvelles sorties », note Goldwater. « Dès que c'est arrivé, nous avons décidé qu'il était temps d'arrêter. » Et la maison a donc choisi de couper court à une campagne qui, en trois jours, aura récolté de 600 personnes, quelque 35.000 $, soit 10 % du montant total. « Même s'il ne nous dérange pas de nous trouver sous le feu des projecteurs ni de répondre aux questions, les créateurs engagés ne méritent pas une attention si négative », conclut-il. (via CBR)

 

La question est justement posée : à qui appartiennent donc les outils de financements participatifs ? Présenté depuis toujours comme un modèle économique qui en appelle à la bonne volonté des internautes – au secours des internautes ? – le crowdfunding imposerait des limites que l'on pourrait assimiler à une forme d'éthique.

 

D'ailleurs, on se souviendra qu'en France, Dargaud, Dupuis et Le Lombard, société éditrices de BD du groupe Média Participations, avaient lié un partenariat avec My Major Company. De même, les éditions XO avaient eu recours, quelque temps avant le projet BD, à cette solution, pour soumettre aux internautes des projets éditoriaux. Un financement qui aura fait long feu : My Major Company Books, avec XO, aura subsisté deux ans (2010-2012) avec six ouvrages parus – et des ventes presque inexistantes. 

 

My Major Company BD n'aura pas une durée de vie plus longue.