ACBD : 2014, année préoccupante pour les auteurs de bande dessinée

Antoine Oury - 29.12.2014

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L'Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) a dressé un bilan de l'année écoulée, pour le secteur de la BD et du manga. 2014 sera donc L'année des contractions, avec une reprise de la production, mais des ventes moyennes en baisse, tandis que la grande préoccupation vient de la situation économique de la majorité des auteurs.

 

 

Illustration de Quentin Larraufie, du CESAN (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

2013 avait été l'année de la décélération, 2014 aura finalement vu la production de bandes dessinées repartir à la hausse, avec 5410 livres publiés cette année (soit 4,64 % d'augmentation) note le rapport de l'association. La réédition pèse particulièrement lourd dans ce total, avec pratiquement 1/5 du volume, et 3 groupes éditoriaux (Delcourt, Média Participations, Glénat) représentent à eux seuls 36,23 % de la production (en légère baisse), parmi 349 éditeurs au total.

 

Si les chiffres de la production laissent imaginer une création florissante, le rapport ne tarde pas à apporter quelques précisions bienvenues :

186 des 3946 strictes nouveautés parues en 2014 sont des reprises datant de plus de 20 ans qui n'avaient jamais été compilées sous forme de livres auparavant (soit 4,71 % des nouveautés) et 2275 d'entre elles sont des traductions d'œuvres achetées à l'étranger (soit 57,65 % des nouveautés). Si l'on déduit ces titres souvent moins coûteux ou amortis avec le temps, on s'aperçoit qu'il n'y a eu que 1485 véritables créations de bandes dessinées en Europe francophone pendant l'année 2014, soit 27,45 % de la production globale d'albums : ce qui fait 49 de plus qu'en 2013 où il y en avait eu 1 436 (27,8 %).

 

 

 

Cette hausse de la production est souvent assimilée à une surproduction, par les libraires parfois, mais aussi par les auteurs, qui voient un gâteau limité se partager entre un nombre d'acteurs grandissant. « Aujourd'hui, plusieurs facteurs s'accumulent : l'album cartonné couleur a été créé à une époque où les ventes atteignaient les 8000 exemplaires, quand certaines plafonnent désormais à une centaine. La bande dessinée a voulu se rapprocher de la littérature, sans imaginer que la précarité de cette dernière se présenterait aussi », expliquait Benoït Peeters à ActuaLitté, au moment de la création des États généraux de la bande dessinée, destinés à évaluer le secteur.

 

Les tirages, y compris des blockbusters, sont en baisse : Blake et Mortimer, Joe Bar Team et Largo Winch dominent la bande dessinée, Walking Dead et Bart Simpson trônent sur les comics, et Naruto, One Piece et Fairy Tail ont toujours la main sur le manga.

 

Le rapport signale que les ventes numériques ne représentent que 3 à 4 % du chiffre d'affaires du secteur, et souligne la place de leader occupé par la plateforme de distribution izneo : « Grâce à l'accord conclu en juillet 2013 avec Numilog, elle couvre aujourd'hui 99 % de l'offre légale numérique existante en bande dessinée avec un catalogue qui approche les 10 000 titres désormais disponibles à l'achat ou à la location. Les ventes annuelles dépassent désormais les 300 000 albums (contre 10 000 en 2010), dont la moitié en direct, ce qui fait d'Izneo le premier libraire français en numérique. »

 

Le rapport, signé Gilles Ratier, le secrétaire général de l'ACBD, est disponible dans son intégralité ci-dessous.

 

  Rapport de l'ACBD : 2014, année des contradictions by ActuaLitté